‹ Les Collèges d'ArtisansChapitre 160 sur 198 · Journal officiel, 15, 16, 17, 18, 19, 20 novembre · texte numérisé non relu

Journal officiel, 15, 16, 17, 18, 19, 20 novembre

lement trop facilement abuser par les dehors scientifiques et la simplicité théorique de cette loi de Foffre et de la demande. Pour ia réfuter, nous croyons uti largir le débat et d'examiner quelle peut être en géné” ral l'influence des coalitions sur les lois économiques dont dépendent les salaires ; parmi ces lois, le contrat de louage, expression écrite de la loi de l'offre et de la demande, trouvera sa place.

« Toute la théorie du salaire est à refaire dans la « science économique, dit M. P. Leroy-Beaulieu*. » Jusque daus ces derniers temps, en effet, on admettait comme des axiomes certains principes contre lesquels on réagit maintenant et dont l’inexactitude résulte, il nous semble, du caractère absolu qu'on prétendait leur donner. Nous voulons parler ici de la théorie du fonds des salaires et de la loi d'airain, ainsi nommée par Lasalle, l’'apôtre du socialisme allemand.

Stuart Mill formule ainsi la loi des salaires :

« Les salaires, non seulement dépendent des rap- « ports qui existent entre le capital et la popula- « tion, mais, sous l'empire de la concurrence, ils ne « peuvent être affectés par aucune autre cause. Le « taux moyen des salaires ne peut s'élever que par « un accroissement du capital consacré aux salaires « où par une réduction du nombre de ceux qui sont « en concurrence pour offrir leur travail; ils ne peu- « vent baisser que par une diminution du capital « destiné à payer le travail ou par une augmentation

1. P. Leroy-Beaulieu, Essai sur la répartition des richesses, p. 380.

« du nombre des travailleurs à payer‘. » Ce principe était invoqué en 1864 par les adversaires du droit de coalition, et s’il était juste, il constituerait une objection irréfutable à l'utilité de ce droit, En effet, à quoi servirail une coalition, s’il n'y à pas d'autre moyen d'augmenter le taux nominal des salaires que d'accroître le fonds des salaires plus que n’augmente Ja population ou de diminuer la population plus que n’augmente le capital? Elle n’aurait pas d'autre influence que celle produite par la concurrence ellemême : c'est-à-dire la répartition entre la totalité des travailleurs de la totalité du capital destiné aux salaires. Seulement, à une répartition équitable, ration-

nelle, basée sur l'offre et la demande, se substituerait une répartition factice.

Voiià la conclusion logique à laquelle on aboutit, si Jon admet la théorie soutenue jusqu’à ces derniers temps par la majorité de l’école anglo-française. Il importe donc d’en prouver l’inexactitude si l’on veut trouver quelque influence aux coalitions sur la valeur courante des salaires.

Lorsqu'on parle d’un rapport, il faut en préciserles termes”. Tout d’abord, il ne peutétre ici question de la population ouvrière en généra}, mais seulement de la partie qui recherche un mode de travail particulier, de façon à ne pas craindre la concurrence d'ouvriers

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