Stuart Mill, Principes, etc., t. II, P
2. Pour l'étude de cette délicate question en particulier, et en général pour la matière si importante des rapports entre patrons et ouvriers, nous pe saurions mieux faire que de renvoyer au savant Préers d'éco= nomie politique de notre maître, M. Cauwès,
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étrangers à cette branche d'industrie. Ensuite, ce que Stuart Mill et ses partisans considèrent comme le fonds des salaires est une fraction spéciale de la masse du capital industriel : le reste est consacré à augmenter et à entretenir le capital fixe ou bien à acheter les matières premières. Entre ces deux termes ainsi définis, il n’y a pas de rapport fixe parce que les salaires ne sont pas basés sur le capital acquis mais sur la production future : c'est en vue de celle-ci que l'entrepreneur se pourvoit de main d'œuvre d’après les résultats qu’il en espère et non d’après sa fortune. C’est une observation fondamentale, une vérité incontestable qui ruine cette théorie du rapport du capital et de la population. La vraie formule est la suivante : « Plus la « production augmente relativement à la population, « plus il y a de chance pour que les salaires s’éle- « vent »; or l'augmentation de la force productive n'est pas forcément en proportion directe de l'accumulation des capitaux matériels.
Cette accumulation n’est cependant pas inutile en elle-même aux ouvriers; elle permet aux patrons de les payer plus souvent, et cette fréquence de la paye n’est pas d’une médiocre importance pour ceux qui travaillent de leurs mains. En effet, la plupart du temps, ils n’ont pas d'économies qui leur permettent de vivre sans faire appel au crédit, s’ils sont obligés d’attendre longtemps leur salaire. Les coalitions peuvent agir dans ce sens et ce n’est pas là une pure pos-