‹ Les Collèges d'ArtisansChapitre 185 sur 198 · Journal officiel du 13 juin · texte numérisé non relu

Journal officiel du 13 juin

comment on pose la différence entre les syndicats mixtes et lessyndicats ordinaires en exagérant loutefois dans ceux-ci le désir de la lutte que l’on confond quelquefois avec le sentiment de l’indépendance, Avec ces associations, il u’est merveilles que l'on ne se promette : fixité des engagements et, par suite, des salaïres; création plus facile d'institutions de prévoyance; caisses de retraite; banques populaires, etc.; couclusion à l’amiable des questions de salaires; enfin une concorde parfaite daus la grande famille industrielle. Si ce but peut être rempli par les partisans de ces doctrines, rien de mieux ; nous re pouvons qu y applaudir, s'ils obtiennent d’aussi heureux résuitäts, même dans une faible proportion, en utilisant à leur profit la liberté donnée à tous les syndicats.

Nous avouons cependant un léger scepticisme à l'endroit du succès général de ces entreprises. On ne peut dire qu'elles aient été contrariées jusqu'ici par l'administration et cependant elles ne se sont pas beaucoup développées. À notre connaissance, il n’y a guère que quatre ou cinq associations professionnelles de ce genre”; la plus nombreuse compte 52 membres, ce sont des imprimeurs ; d’autres, environ une demidouzaine, À quoi attribuer le peu d'empressement que les ouvriers ou les patrons mettent à se porter de ce côté ? Évidemment au plan général et au caractère de

l’œuvre.

. Imprimeurs, patron saint Générosus. — Orfè vres, patron saint le — Deux sociétés de cor donniers, à Paris et à Toulouse, patron

saint Crépin.

Le point de vue économique ou matériel est absolument accessoire. Le but principal est la restauration des principes chrétiens (et par là il faut entendre catholiques) dans la masse ouvrière; l’apaisement moral par l'influence religieuse passe avant le développement matériel. C’est tout un plan d'organisation sociale, une hiérarchie basée sur le dévouement du supérieur à l’inférieur et la subordination de celui-ci au premier, une sorte de commendatio pauperum à Pusage de la classe ouvrière, une nouvelle féodalité. Tous les membres des familles ouvrières sont répartis entre diverses associations, reliées à un comité directeur; celui-ci comprend ce que M. Le Play appelle /es autorités sociales, mais presque toujours ce sont des personnes étrangères à la profession. « Dans « la classe supérieure, un comité, tête de l’œuvre; des « associations de patrons et de dames, bras de l’œu- « vre; dans la famille ouvrière, corps de l’œuvre, « des associations qui atteignent tous les membres de « la famille, rattachées entre elles et au cercle, cœur « de l’œuvre par un même lien religieux‘. Pour fonder « un comité, le nombre importe peu. Avant tout il « faut des hommes d'action, des hommes résolus, « qui ne reculent pas devant les responsabilités Impo- « sées par les besoins de l'œuvre... Le parlementa-

« risme doit être banni de nos réunions; on ne bâtit

‘« rien à coups de majorité; il faut du dévouement, de

« la doctrine et de l’activité. » Et pour atténuer

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