Lampride, Alex. Sév
3, L. 2. C. Th. 14, 2; 3. Wallon, Histoire de l'esclavage, WE, p. 265.
Des corporations libres, nous avons peu de choses à dire en dehors des généralités précédentes, à moins de donner une énumération fastidieuse des diverses branches de l'industrie. On sait comment à Rome elles avaient en général chacune son quartier et ses marchés. Au Forum se tenaient les banquiers et les changeurs; dans le J’icus ruscus et le Vélabre, les marchands d'étoffes de soie, les confiseurs, parfumeurs, pigmentaires ; dans Arpgilète, les fabricants de chaussures ; sous le portique d'Agrippa, les marchands de riches habits; sur la Voie sacrée, les élégants bibelots et aux Septa Julia, les objets d’art'. Le commerce ne devait guère consister que dans la vente des objets importés des provinces, et la fabrication sans doute était à peu près insignifiante dans la ville même. La situation misérable de ces artisans empêche que les grands historiens romains aient jamais daigné leur consacrer quelques pages ou conserver à la postérité quelque Lex collegti. Les corporations d'utilité publi que et Îles manufactures impériales sont mieux connues parce que leur rôle rendait nécessaire l’intervention du législateur.
Dans les manufactures impériales, on frappait la monvaie et on fabriquait principalement des armes, de l’orfèvrerie et des étoffes. Celles-ci se faisaient dans des ateliers de femmes où on filait et teignait la laine. Pour arriver à l'éclat de la pourpre orientale,
1. Denys d'Halicarnasse IIL, 20. — Senec. Epist. 56. — Horace II Sat, 3, — L. 3 $S3, D. 48, 8. — Martial IL, 17; X, 87.
on avait des pêcheurs spéciaux, groupés en corporation, les zurileguli et dont l'occupation était de pêcher le murex d’où on tirait cette couleur.
L'empire comptait 45 fabriques de monnaie dans l'empire d'Orient et 20 dans celui d'Occident, dont 9 dans la Gaule et la Belgique : Strasbourg, Mäcon, Autun 2, Soissons, Reims, Trèves 2, Amiens. Elles seules avaient le droit de frappe depuis la réforme accomplie par Auguste en l'an 16 av. J.-C.
Dans tous ces ateliers la situation est la même et quels que soient les titres des constitutions De murtlesutis. — De gynæciariis et procuratoribus gynæctii. — De monetaris. — De bastagariis. — De fabricensibus. — De metallariüs, elles renferment des règles analogues. Tous les ouvriers de la manufacture, leurs femmes et leurs enfants, sont soumis au Maître des offices*. À la tête de chaque atelier est un procurator, chez les forgerons un primicier, qui, après deux ans passés au service de l’État, est libéré et reçoit des honneurs”. L'ouvrier est attaché pour la vie à la manufacture : /n sua semper conditione durare oportet, dit Constantin, rec dignitalis cujuscumque privilegio, ab hujusmodi conditione liberari’. Si un fabricensis a réussi à passer dans un autre service (rulitia) ou cherché à se soustraire au sien, on le marque au bras, ainsi que ses enfants et la personne qui l’a caché‘;