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rence. l’ordre dans la société, ne fit eu réslité que créer un fardeau de plus : la bureaucratie. Les fonds d'État s’épuisant et le recouvrement des impôts s’effectuant d’une façon vicieuse, le poids des fonctions publiques retomba sur les plus riches citoyens.
Dès que la vie commerciale fait défaut, les corporations languissent et les privilèges dont on les dote ne figurent que vominalement dans les constitutions, ou bien ne font que ramener en elles une vie factice et temporaire. La dépopulation et l’appauvrissement de l'empire se poursuivent ainsi jusqu’au Jour où les liens politiques déjà fort relâchés sont défi. nitivement rompus par l'invasion des barbares.
La civilisation romaine ne périt cependant pas tout entière. Si, comme une forme usée, son organisation tomba en pièces, son œuvre était loin d’être complètement vaine et perdue pour l'avenir. Nous aurons l’occasion dans l'étude suivante d'indiquer la part qui peut revenir dans ces institutions à la tradition romaine; aussi avons-nous cru utile, pour en suivre plus fidelement la trace, de consacrer ces derpières lignes à quelques indications sommaires sur les collèges d’artisans dans la Gaule romaine.
Le procès célèbre de Fonteius nous donne une idée peu flatteuse de l'administration romaine en Gaule, et sans doute dans les autres provinces à la fin de la République. Le proconsul exigeait des mdigènes d'énormes vectisalia, et comme ils n’avaient pas assez d'argent pour les payer, des chevaliers romains leur prêtaient sur gage ou sur hypothèque à des taux
archi-usuraires. Dans les villes plus éloignées, les Romains, attirés par l’appât d'un gain facile, se formaient en sociétés sous la direction d’un quæstor Où curator civium romanorum".Ces groupes épars avaient encore un lien commun; on trouve par exemple un Sextus Ligerius Marnius qualifié de summus curator civium
romanorum” pour les citoyens épars dans la Lyonnaise.
Jusqu'à l'Empire, il n’y eut pas à proprement parler de colonisation, mais une exploitation de la colonie au profit de ces grands commerçants et de ces usuriers qui formaient la classe des chevaliers. Au point de vue économique, comme au point de vue politique, ce fut un bien pour la Gaule d’être placée sous le guuvernement de l'Empereur.
Dans la conquête de la Gaule, les classes laborieuses ne paraissent pas avec un rôle distinct, sans doute parce qu’elles ne formaient pas de classes spéciales. Cependant, ce serait une erreur de conclure de la à un état industriel aussi arriéré que le veut Diodore de Sicile. Les Atrébates cultivaient leur sol avec la charrue à coûtre et à train, la herse, la faux, la faucille et une espèce de moissonneuse à roues. Ils faisaient du pain, du gruau, de la bière et du savon. Ils tissaient et coloraient des étoffes d’or et d’argent, faisaient des tonneaux, exploitaient et travaillaient le fer, le verre, le cuivre, l'or et le plomb. Ils alliaient les métaux et les argentaient; le commerce se faisait dans le pays par
1. Désjardins, Géographie de la Gaule, t. I, p. 341. — Oreili, 49764 2. De Boissieu. Zascriptions, p. 160:
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les rivières, sur des bateaux à fond plat. L’Artois, célèbre dès l’époque romaine pour ses étoffes et ses tapis, garda sa célébrité pendant l’époque franque*. Il faut mentionner aussi les émaux gaulois dont nos musées renferment de curieux spécimens.
L'industrie métallurgique, quoique n'ayant à sa disposition que des procédés fort grossiers, était relativement tres prospère même-avant l’arrivée de César en Gaule. César parle de mines de fer à Avaricum (Bourges) ; chez les Sotiates en Aquitaine, de chaînes de fer fabriquées par les Gaulois pour la marine. Les nombreux ferriers qu'on trouve sur beaucoup de points du territoire prouvent l'étendue de cette exploitation. Après la conquête, elle ne fit que se développer. Les mines appartenaient aux particuliers, aux cités ou à l’État, en un mot, aux propriétaires du sol où aux adjudicataires; à Dijon, nous constaton l'existence d'ouvriers en fer, et à Lÿ on une compa guie miniere complètement organisée. Ces entreprises étaient placées sous la surveillance d’un procurator ferrariorum. L'exploitation du cuivre était, paraît-il, au moins aussi importante qu'elle l'est aujourd’hni. On trouvait également de l'argent, et par des lavages on obtenait de l’or.
La vigne, qui n’était pas cultivée avant les Romains, s’étendait, au 1v° siècle, sur les coteaux de la Moselle et sur les bords de la Garonne. A Lyon existait une puissante corporation de vinarti, qui avait le pas sur
1. Terminck, Arras, histoire de l'architecture et des beaux-arts, 1879, page 10,
les autres; elle est placée sur le même rang que les chevaliers et les sévirs augustaux dans des distributions faites par ce Sextus Ligurius Marnius dont nous avons parlé plus haut. Le commerce de vin dans la partie sud-esi de la Gaule devait être très florissant ; c'était une des principales sources de revenus de Fonteins, qui imposait à sa circulation d'énormes taxes. Lyon était un entrepôt fameux et on trouve un grand nombre d’utriculurii à Nimes, Arles, Antibes, Chàlons, etc. Outre des artisans isolés, les inscriptions révèlent dans la Lyonnaise et la Narbonnaise de nombreuses corporations: de fabri subædiani, fabré ti. grart, centonarii, dendrophori, sans compter les importants collèges des bateliers de la Saône (rautæ Ararici), dont le siège était sans doute à Lyon, des bateliers dela Durance (nautæ Druentici), et du Rhône (aautæ Rhodanici) qui dédièrent une inscription à Hadrien, à l'occasion de son passage en Gaule (119). Au temps de César, des vaisseaux se fabriquaient dans les chantiers d’Arles, et la navigation maritime avait pris un grand essor à la suite de la canalisation des Fosses-Mariennes. Enfin il ne faut pas passer sous silence le fameux collège des Nautes parisiens qui a survécu aux invasions, sinon dans sa forme primitive, du moins dans son rôle commercial. A voir l’importance da trafic par les fleuves au moyen âge, on peut se rendre compte de ce qu'elle était à l’époque gallo-
romaine.