Pertz, Deges, tt 1 pr 4 ttc 87, 4. Pértz, t. I, p
reproduisit en 852. Dès le x1° siècle, nous avons non seulement l'indication précise de gildes locales comme la Charité de Valenciennes avant 1070, mais les statuts très précieux de la gilde marchaude de Saint-Omer (1021). Au début du xrr° siècle la ville de Slesvig était également en possession d’une constitution municipale qui ne permet pas de douter de l'existence d’une gilde puissante datant du siècle précédent. Le continent ne paraît donc rien avoir à envier à l'Angleterre quant à la rapide apparition de la gilde.
Il parait singulier, en suivant toujours l’ordre chronologique, d'arriver après tons ces pays au Danemark. On aurait été moins étonné de le trouver au premier ‘ang, étant donnée la notion généralement répandue que la gilde est d’origine scandinave, Cependant les plus ancieus documents ne remontent pas au delà du xn° siècle. C’est d'abord cette gilde de Sleswig que l’on nommait Hezlagh, puis les gildes rovales de Kanut et d'Éric qui couvrirent le Danemark, la Suëde et la Norvège. Il y avait peut-être déjà chez ces peuples les plus septentrionanx, avant l’époque que nous indiquons, des gildes distinctes du convivium. Ce point est difficile à préciser, et nous ne voulons proposer que les conclusions générales auxquelles nous conduira l'étude des influences qui ont agi sur celte partie des institutions germaniques.
Il ÿ a un premier fait bien certain, c’est la différence de la gilde telle qu'elle nous apparait dans les plus anciens statuts et le convivium dont parlent les chroniques et les anciens auteurs du Nord. Les
réunions et les banquets se retrouvent bien daus les deux institutions : mais on ne peut baser sur leur persistance l’idée d’une liaison intime entre elles, car ce sont.là des faits accessoires, des formes secondaires que l’on retrouve dans des milieux bien différents; ne serait-ce que dans les colièges d'artisans à Rome. D'un autre côté, il est des différences qu'on ne doit pas exagérer ; les femmes elles-mêmes font partie des gildes et cela suffit à Wilda pour établir une différence bien tranchée entre celles-ci et les associations primitives des guerriers germains'. Nous croyons au contraire qu'il faut se faire une idée très large de l’importance et de l'extension de ces réunions dans l’antiquité; elles se mélaient au droit public aussi bien qu'au droit privé et une telle généralité ne peut se concevoir sans un sentiment très vif de l'assistance mutuelle. Ce sentiment faisait pour ainsi dire \partie de la constitution morale de la race germanique*. Il s'est perpétué en elle, appliqué toujours aux mêmes buts, mais perfectionné dans sa forine extérieure, dans son adaptation aux destinées nouvelles de la race elle-même. En d’autres termes, la gilde et le convivium ne sont que des manifestations d’une méme force, mais manifestations indépendantes l’une de l’autre, aussi bien que deux effets produits par la même cause. Chercher un rapport de causalité