‹ Les Collèges d'ArtisansChapitre 73 sur 198 · Hartwig · texte numérisé non relu

Hartwig

aux mœurs et aux croyances chrétiennes; mais on doit parmi eux ranger aussi la plupart des capitulaires de Charlemagne et de ses prédécesseurs. Pour l'autorité civile, le danger venait du même côté que pour l'autorité religieuse. Au vin‘ siècle, il y avait deux Germanies : l’une qui avait subi l’influence romaine et se trouvait préparée à recevoir celle du christianisme ; l’autre dans laquelle se perpétuaient à la fois l'attachement à l’ancienne religion et l'esprit d’indépendance, deux sentiments étroitement liés l’un à l’autre‘. Le centre de la résistance était en Saxe. Malgré la distance qui les sépare on ne saurait mieux comparer celte époque qu'à celle de l'Inquisition. Sous Philippe IE, comme sous Charlemagne, la différence de religion correspondait à une hostilité nationale et politique; si on cherchait à réprimer violemment une opinion ou une pratique religieuse erronée, c'est qu'on la considérait comme le critérium de l'attachement à la cause vaincue. Aussi réunissonsnous dans un même examen ces deux ordres de textes.

Ils nous permettent tous deux de suivre pour ainsi dire pas à pas la transformation sociale que nous avons déjà signalée. Les capitulaires de Childebert I et de Karloman, cités plus haut, ne visent d’abord que les réunions dans lesquelles se fait un mélange scandaleux des rites païens et chrétiens : c’est la transition. Plus tard le pouvoir civil et le pouvoir laïque continuent la lutte chacun au point de vue qui le touche de plus

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