‹ Les Collèges d'ArtisansChapitre 76 sur 198 · Brentano. Essay on the development, ch. I, etc. Passim · texte numérisé non relu

Brentano. Essay on the development, ch. I, etc. Passim

2. C’est aussi la thèse d'Hartwig ; c'est à peu près la conclusion que nous admettons également : au lieu d’une impulsion aussi puissante dont le résultat aurait été l’augmentation du nombre des gildes, nous croyons cependant plus sûr de n’admettre que lPintroduction d'éléments nouveaux ; la réforme porta plutôt sur ce point.

moins étendues (Sippe, Hundertschaft, Volksgenossenschaft).

En dehors de la religion qui était uue affaire nationale, la famille constituait un premier groupement au sein duquel devait régner la paix et l'assistance mutuelle. C’est dans ce cercle que l’on trouvait ses alliés et ses protecteurs et nous n'avons pas à insister sur la solidarité qui unissait ses divers membres et celles des unions territoriales (Markoemeinde). Une paix spéciale protégeait les membres d’une même association (ollgenossen, Schutzgenossen). Si l’on compare cette organisation aux statuts des premières gildes, on est frappé de la ressemblance. Ce lien familial servit à maintenir la justice parmi des peuples sans cesse agités el à fixer les bases de leurs constitutions sociales. Il ne suffit pas toujours et cela pour différentes causes. Brentano croit que l'augmentation du nombre des étrangers et des individus placés en dehors du cercle de protection des familles motiva à elle seule la création de gildes et que celles-ci, destinées à remplacer la famille, se modelérent sur elle. Dans cette explication: les pouvoirs publics et la loi territoriale ne jouent aucun rôle.

Il n’en est pas de même dans la thèse de l’histovien Sachsse'. L'origine de la gilde se trouve pour lui dans les dispositions du droit allemand, en vertu desquelles les petits propriétaires qui ne possédaient

< r: Sachsse. Historische l'orschungen des deutschén Staats-und Rechtsgeschichte, Forstudien zur deutschen Staats-und-Rechtsgeschichte, S$ 22, 23.

pas une étendue de terre assez considérable pour faire partie de l’échevinage devaient entrer dans la gilde. Cette institution était donc réservée à la classe inférieure et faisait pendant aux convivia de la classe élevée des propriétaires fonciers importants. Au fond cette dernière théorie n’est pas en désaccord avec celle de Brentano. Ces deux savants auteurs s’accordent sur un point : la ressemblance de la gilde et des sociétés qui existaient auparavant ; ils diffèrent uniquement quant aux individus auxquels la gilde était réservée et quant aux motifs qui y faisaient entrer. La théorie de Sachsse nous semble un peu étroite ; assurément on voit dans certaines villes de l'Allemagne ce que l’on appelle le summum convivium, la Haute-Gilde, à côté duquel se forment d’autres associations. Mais ce summum convivium n’est déjà plus basé uniquement sur des liens de famille; c’est une gilde dont il faut expliquer l'existence, et la puissance de ceux qui en font partie prouve qu'elle n'a pas pour origine une sorte d'union légale et forcée des petits propriétaires. Un fait remarquable, c’est que les gildes prospêrent beaucoup plus dans les villes que dans les campagnes; le mouvement des richesses, plus actif danis une cité, tendait à enlever son utilitéet son efficacité aux unions imposées par la parenté naturelle et par conséquent fortifiait d'autant la parenté artificielle de la gilde”. Ce besoin se fit probablement sentir moins vite aux familles riches et puissantes qu'aux petits proprié-

Page 1