Wilda, eod, loc., p. 123, note x
Nord n'avaient rien à envier aux habitants du Midi, si on en croit les chroniques anciennes, et ils auraient pu facilement lutter d’ivrognerie avec eux, sans même en excepter les femmes : « Sed more et consuetudine « in Norvegia celerici et laici bibunt ad haustus « æquales, dit un auteur du moyen âge, et nisi « super modum quis inebrietur cervisia; potu cocto, « tum non reputat se beatum et exigit alter ab altero « ut sibi faciat justitiam rebibendo æqualiter cum « ipso; nec quis crederet, nisi videret, quantum « quisque utriusque sexus ibidem biberet una vice ad « idem postea, una eadem hora, donec ebrius in « terram caderet, denuo acceptaret: quique crebris « potationibus cyphos magis exhauserit, hic ceteris « corporali vigore ac in virtutibus excellentior repu- « tatur. » Quoique les historiens anglais se plainent qu'en fait d’ivrognerie leurs ancêtres \n’aient fait que suivre le mauvais exemple des Danois, il est à croire que chez eux comme aiileurs les mœurs s’en accommodaient fort bien, Saint Dunstan avait imnaginé un moyen très ingénieux de tracer une limite à l’entrain bachique de ses compatriotes; il leur faisait mettre des clous d’or ou d’argent dans leur coupe, à des hauteurs qui variaient selon la capacité de chacun, afin qu’un certain respect humain les empéchät de la remplir davantage‘.
On conçoit la nécessité de réglemeriter minutieusement les banquets des gildes et d’empécher les
r. Wilda, eod. loc,, p. 11, note tr.
esprits de s'obscurcir trop vite, d’autant plus qu’il s’agissait de nommer à ce moment de nouveaux administrateurs, de mettre en ordre les affaires de la gilde et de se réconcilier par une paix générale. Le jour du banquet venu, les doyens convoquent leurs chapitres ou leurs sections. Si les congildæ ont nommé quelquesuns de leurs confrères pour préparer le banquet,
ceux qui négligent leur devoir ou n’en prennent aucun soin payent une amende à leurs confrères. Les provisions que l’on apporte sont sous leur responsabilité, et ils sont chargés d’orner convenablement la maison de la gilde‘. Dans les statuts de la gilde marchande de Saint-Omer, on trouve une particularité assez curieuse : un de ses membres , en payant un certain droit, pouvait amener avec lui son fils, son petit-fils ou son serviteur; et si un individu ne faisant pas partie de l’association s’introduisait au banquet et ÿ était surpris (et ibi latenter bibens deprehensus fuerit), il devait payer une amende ou sur-le-champ acheter le droit d'entrer dans la gilde, à moins qu’il ne fût clerc, militaire ou marchand étranger, toutes conditions sociales qui empêchaient d’en faire partie. Il fallait se présenter dans une tenue convenable, avec d’autres chaussures que des socques ou des sabots’. Pendant le repas, les convives devaient également observer les règles d’une bienséance qui nous paraît aujourd’hui
. Gilde d'Eric $ 15. — De St-Kanut de Malmoë \ 3. — Gilde de a V. Pagart d'Hermansert, Histoire des corps et métiers de Saint-
Omer, Pièces justificatives.
>. Gilde de St-Omer, cod, loc.
assez élémentaire: ne pas chasser violemment un confrère de sa place et la lui prendre’; ne pas se lever en colère de son siège pour se jeter sur quelqu'un ; ne pas apporter d’armes dans la maison de la gilde, afin d'éviter les rixes sanglantes*; ne pas faire de bruit outre mesure, de facon à gêner ses confrères; ne pas pousser des cris ni se lever après que l'on a sonné ; ne pas faire de bruit pendant que le Senator ou le Præpositus parle*; ne pas emporter hors de la gilde sans permission une coupe pleine; ne pas s'endormir sur son siège ni s'oublier au banquet (si in eadem domo se deposuerit et domuim ire neglexerit)"; ne pas etre assez ivre pour rouler à terre, soit dans la maison même où a lieu la réunion, soit dans la rue, tant qu'on n'est pas rentré chez soi”; enfin des amendes sont encore prononcées au sujet de scènes dont le naturalisme ne pourrait aller qu’au pinceau de Téniers : — « Si vero vomitum fecerit ibidem, aut in discessu « antequam domum pervenerit*. »— « Si quis minxe- « rit in porla Gildæ aut super parietes durante gilda, « emendet Gildæ in quatuor denarios’. » Lorsqu'un des membres ne pouvait, pour une cause légitime,
1, Gilde d'Eric $ 31.