L* ALLEMAGNE, PUISSANCE COLONIALE
colonial) et ayant pour objets principaux la production de matières premières nécessaires à l’industrie allemande et le tracé des voies ferrées» (1).
On peut comprendre qu’ Albert Zimmermann, un des dirigeants allemands les plus au courant des choses d’outre-mer. considère dans ses nombreux écrits avec une légitime fierté «l’œuvre allemande» durant ces années 1897 à 1907 dans chacune des colonies tour à tour.
En 1897, dans l’Est Africain, les dernières opérations militaires étaient terminées, il s’agissait de mettre en valeur les territoires pacifiés. Tout d’abord, grâce à un impôt sur les habitations, des ressources budgétaires fure'nt constituées, puis les conditions du travail furent réglées. !En 1899 le Reichstag accorda deux millions à la colonie pour le rachat de la ligne d’Usambara dont la Compagnie de l’Est Africain était incapable de poursuivre la construction. Des révoltes éclatèrent en 1899 et en 1900, elles furent durement réprimées. Le programme des travaux publics fut alors poursuivi avec ardeur, 300.000 marks sont accordés en mars 1902 pour le télégraphe de Dar-es-Salam à Tabora; én 1903, 50.000 marks sdnt votés pour la ligne ferrée d’Usambara, et, l’année d’après le Parlement garantit l’intérêt ^de 21 milliôns consacrés au chemin de fer, dit Chemin de fer Central. Les limites entre les colonies anglaises et l’Est Africain Allemand, plus spécialement dans la région litigieuse qui s’étendait entre Nyassaland et le lac Tanganyka, furent déterminées par un accord signé entre les deux . gouvernements le 23 février 1901. Le gouverneur, comte de Goetzen, succéda en 1901 au général von Liébert, fameux par sa brutalité, et après avoir arrêté une grave révolte indigène, dont la cause initiale était les excessives sévérités de l’autorité locale, obtint en quelques années de remarquables résultats économiques. Ces résultats peuvent être mis en évidence par les seuls chiffres du commence d’exportation de dette colonie qui,, de 1901 à 1907, ont augmenté de 8 millions de marks alors que, suivant une marche parallèle, le chiffre des
(1) G. Fidel. L’Allemagne Coloniale el la Guerre. Le Correspondant, 25 janvier 1915.
importations s’accroissait/ dans cette période, de 16 millions de marks.
Au Cameroun, [dès janvier 1897, se fondaient diverses sociétés pour la mise en valeur de cette colonie, entre autres la Compagnie la « Victoria » au capital de 2.500.000 marks pour la culture du cacaotier, la Compagnie la «Bibnud» au capital de 1.500.000 marks pour les cultures tropicales, et une compagnie propriétaire d’une concession de 5 millions d’hectares pour l’exploitation du caoutchouc. L’élément, blanc pressura d’une manière si scandaleuse la population indigène que, lassés, les principaux chefs indigènes adressèrent, en septembre 1905, une plainte au Reichstag. Le résultat fut la condamnation, par les autorités locales, à la peine d’emprisonnement non pas des coupables mais des plaignants ! Cependant,! le Parlement crut devoir exiger le rappel du gouverneur von Puttkamer, non en raison de son attitude dans l’affaire précédente, mais pour n’avoir pas su assez encourager la culture indigène et obtenir ainsi un meilleur rendement.
Le Gouvernement fit, à cette époque, en 1906, commencer les travaux de la ligne ferrée de Duala vers l’hinterland, à l’aide d’un emprunt de 17 millions avec une garantie de l’État de 370.000 marks et une concession de 90 ans. Le commerce de la colonie se développa normalement. Les importations passèrent de 9 millions de marks en 1901 à 13 millions en 1906; quant aux chiffres des exportations, la progression fut encore plus remarquable : de 5 millions de marks en 1901, ils atteignirent 9 millions en 1906.
Au Togo le défaut d’une délimitàtion de frontière entre les colonies françaises du Dahomey et la Gold-Coast anglaise portait depuis longtemps préjudice à la colonie. Les premiers soins du gouvernement allemana furent de passer avec les puissances qui possédaient des colonies voisines du Togo, des traités de délimitation. Tels furent le traité du 23 juillet 1897 avec la France, fixant la frontière entre le Gahomey et le Togo, elle traité du 14 novembre 1899 avec l’Angleterre délimitant la frontière du Togo avec la Gold-Coast.
Peu à peu, l’outillage économique de la colonie du Togo se compléta : un warf fut mis en service à Lomé en 1904, un rail Lomé- Palime fut prévu et l’Empire avança à la colonie 7.800.000 marks pour la construction de cette voie ferrée.