‹ Les colonies allemandes et leur valeurChapitre 7 sur 17 · ALLEMAGNE, PUISSANCE COLONIALE · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE, PUISSANCE COLONIALE

Au point de vue commercial, jusqu’au 1er août 1904, le tarif douanier était commun avec celui de la région de Quittah, à partir de cette date, un nouveau tarif fut appliqué. Tout concordait à faciliter les efforts allemands dans cettte région : le calme qui régnait parmi les populations indigènes, leur application aux travaux agricoles, ainsi que le bon vouloir des chefs. Le gouvernement local s’efforça de combattre les épidémies, établit de nombreuses écoles, et donna à l’occupation allemande un caractère plus humanitaire, inconnu dans les autres possessions germaniques.

De cet ensemble de circonstances favorables il résulta un développement économique rapide et incontestable. En 1906, la Colonie de Togo exportait pour plus de 4 millions de marks de denrées coloniales, et les importations s’élevaient à plus de 6 millions de marks.

La colonie du Sud-Ouest Africain subit de violents assauts du sort et de nombreuses difficultés assaillirent cette possession si pleine pourtant d’heureuses prémisses. Les travaux du chemin de fer de la côte à Windurk, furent activement poussés pendant les années 1897 et 1898, en novembre 1897 le rail atteignait Monidas et en juillet 1898 le fleuve Khan. Un million était voté, la même année, par le Reichstag, pour pousser plus avant encore le rail du Sud- Ouest Africain.

Mais durant cette même période la peste bovine ravage les troupeaux.Le célèbre Dr Koch déclara avoir trouvé un vaccin approprié, mais les deux tiers des animaux vaccinés tombèrent atteints du terrible mal. Les indigènes, non sans raison peut-être, attribuèrent la perte de leurs troupeaux à l’emploi du dit vaccin. Un vif mouvement de mécontentement se manifesta bientôt chez eux, des révoltes éclatèrent; en juillet 1897 eurent lieu des rencontres armées très sanglantes dans le Sud; en décembre 1897, les Zwartboï se soulevèrent, puis, quelques mois après, ce fut le tour des Herreros de Gobebis.

Malgré ces difficultés passagères, le développement de la colonie se poursuivait, et l’on sentait qu’il ne pouvait aller qu’en augmentant. Une exposition agricole fort réussie se tint à Windurk en avril 1899, preuve évidente des heureux résultats obtenus par les colons allemands.

Durant les années 1900 à 1903 l’essor économique du Sud-Ouest

Africain se précisa, l’élevage du mouton prit de plus en plus d’extension, les gisements cuprifères du Nord commencèrent à être mis en exploitation et d'ans ce but un chemin de fer se construisit.

Tout était en bonne voie et promettait de très heureux résultats, lorsque, soudain, en 1903, éclata la grande révolte des Herreros. Une expédition fut organisée, placée sous le commandement du général von Trotha et une véritable campagne commença en juin 1904. Zimmermann ne signale point dans son ouvrage sur les colonies germaniques les difficultés et les fautes commises par l’autorité militaire allemande. Il rappelle en quelques mots qu’à peine les populations herreros du nord avaient été pacifiées, que celles du sud se révoltèrent à leur tour sous le commandement du chef indigène Hendrik Witboï. Quant aux causes de cfette révolte, Zimmermann déclare simplement que les Allemands avaient eu le tort de manquer d’égards vis-à-vis des indigènes et que ceux-ci avaient été froissés par les mesures prises par les Allemands qui prétendaient les parquer dans des territoires de réserve. Parmi ce que Zimmermann considère comme des manques d’égards est signalée l’exploitation commerciale et usuraire des populations indigènes par l’élément blanc.

Là révolbe fut durement réprimée, et, le 19 novembre 1905, le général von Trotha put se réembarquer : tous les insurgés étant morts ou s’étaient réfugiés en territoire anglais.

Le commerce du Sud-Ouest Africain allemand dépassait en 1900, le chiffre de 7 millions de marks, dont 6 millions aux importations et 900.000 marks aux exportations. En 1907, le chiffre global de ce même commerce était de 33 millions de marks dont 32 aux importations et 1 aux exportations.

A U Ile de l’Empereur Guillaume, Kaiser Wilhelmsland, les affaires de la Compagnie de la Nouvelle-Guinée allaient de mal en pis, aux difficultés financières s’ajoutaient les dangers de la constante révolte des populations de l’île. Von Hagen, le dernier représentant de la Compagnie, fut massacré en août 1897.

L’impossibilité établie devant laquelle se trouvait la Compagnie de la Nouvelle-Guinée de poursuivre un rôle politique et administratif, obligea en 1899, le Gouvernement à gérer lui-même les intérêts de la colonie dite Kaiser Wilhelmsland. Cependant même réduite à un simple rôle commercial, la Compagnie n’en

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