PREFACE. XIX
lement des modifications de détail : il en est qui se retrouvent dans plusieurs groupes zoologiques, d'autres qui ont imprimé à des classes ou même à des embranchements tout entiers les caractères qui les distinguent. Elles sont dues, en général, à quelque changement plus ou moins radical dans le genre de vie des ancêtres du groupe considéré. En voici quelques exemples particulièrement frappants : Un assez grand nombre d'animaux primitivement libres, mais doués d'organes capables de faire affluer vers eux, même au repos, un courant de liquide aéré et chargé de particules nutritives, suffisant pour assurer leur respiration et leur alimentation, se sont fixés d'abord d'une manière temporaire, pour se reposer ou s'abriter, puis d'une manière définitive. La fixation à un corps solide exige une pression, or cette pression se trouvant naturellement produite par les mouvements qui déterminent la locomotion de l'animal, celui-ci se fixe presque toujours par son extrémité antérieure. Dès lors, la bouche placée au voisinage du corps solide est dans une position défavorable à la préhension des aliments ; l'animal fixé fait tous ses efforts pour l'amener exactement à l'opposé du point de fixation, et quand ce résultat est atteint, se fige pour ainsi dire dans cette attitude nouvelle qui devient l'attitude normale de ses descendants. Cette attitude n'est d'ailleurs presque jamais réalisée d'emblée ; les métamorphoses des Crinoïdes, des Bryozoaires, des Cirripèdes, des Tuniciers ne sont que l'ensemble des phénomènes de transformation d'organes et de tissus qui permettent à l'embryon de passer de l'attitude normale de l'ancêtre libre, à l'attitude nouvelle de l'ancêtre fixé. Ce changement d'attitude a été l'origine des classes des Crinoïdes et des Bryozoaires, de l'ordre des Cirripèdes, de l'embranchement des Tuniciers.
Les plus anciens des Mollusques étaient très vraisemblablement des animaux nageurs à coquille droite et à branchies ventrales. Certains de ces animaux ont cessé de nager pour ramper sur le sol, à l'aide d appendices dépendant manifestement de leur lêto ; ils ont ainsi porté leur coquille verticalement et leurs branchies se sont trouvées dirigées en arrière. Dès lors, pincées entre la coquille et l'organe de reptation ou pied^ les branchies