‹ Les colonies animales et la formation des organismesChapitre 13 sur 102 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

moins dans les éléments reproducteurs et qu'on peut énoncer ainsi : La substance vivante des éléments reproducteurs est capable de se substituer à toutes les causes de modification qui ont agi efficacement sur les ancêtres de l'organisme dans lequel ces éléments se développent. Il en résulte que les caractères acquis apparaissent chez les descendants, et se conservent alors même qu'ont cessé d'agir les causes qui les ont produits ; de là la difficulté qu'éprouvent les biologistes à démêler ces causes. Lorsque les causes sont périodiques comme les variations annuelles de la température, l'hérédité établit, par exemple, une discordance entre le rythme des phénomènes biologiques et celui des phénomènes thermiques ; lorsqu'un animal est transporté dans une région où le rythme thermique est modifié, le rythme des phénomènes biologiques peut demeurer le même, de sorte qu'il n'y a plus de rapport, même approché, entre la manifestation de ces derniers et celle de leurs causes efficientes primitives. C*est ce qu'on observe souvent pour les mues et les pontes ; c'est encore ce qui a masqué pendant longtemps l'interprétation des phénomènes de prétendue hypermétamorphose des Cantharides et des Insectes voisins (1). C'est aussi l'hérédité de certains actes intellectuels et la discordance de ces actes avec leurs causes originelles qui ont conduit les anciens observateurs à opposer Vinstinct à ïintelligence^ et ont rendu si tardive l'explication des phénomènes instinctifs (2).

Grâce à cette faculté de la substance vivante de reconstituer les organismes en dehors des causes qui ont déterminé leurs caractères, la généalogie de ces organismes peut être reproduite par leur embryogénie, sans qu'aucune des causes qui ont déterminé la succession des formes ancestrales intervienne actuellement; par exemple, des êtres dont l'organisation ne s explique qu'en admettant pour leurs ancêtres une phase de fixation, peuvent se développer en demeurant toujours libres ; tels sont les Trachyméduses, les Acalèphes, les Tuniciers nageurs, etc.

(i) E. Pbrrier, Traité de zoologiey p. 1220.

(2) E. Pbrrier, Anatomie ei 'physiologie animales^ i881, p. 190-202, et Préface au livre de Romanes sur Vlntelligence des animauXy 1887; p. xxiii et xxxi.

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