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LES ÊTRES INTERMÉDIAIRES ENTRE LES ANIMAUX ET LES VÉGÉTAUX

Entre un végétal et un animal, appartenant Tun et l'autre aux classes élevées de leur règne respectif, il ne semble pas qu'il puisse y avoir rien de commun. Quel contraste au premier abord, dans les façons de vivre de ces deux êtres !

L'animal est sans cesse en mouvement; il témoigne de mille façons sa sensibilité aux impressions qui lui viennent du dehors ; il éprouve des émotions intérieures qui le déterminent à effectuer les actes les plus variés ; il absorbe des aliments le plus souvent solides et d'origine organique, combinaisons complexes dont les éléments principaux sont le Carbone, l'Oxygène, l'Hydrogène et l'Azote; illes brûle dans ses tissus, rejette dans l'atmosphère de l'Acide carbonique et de la vapeur d'eau, et développe une quantité variable, mais souvent considérable de chaleur. Ses tissus sont essentiellement formés de substances albuminoïdes contenant les quatre éléments que lui apportent les substances dont il fait sa nourriture. Le Végétal, au contraire, immobile et impassible à la surface du sol dans lequel plongent ses racines, ignore le milieu dans lequel il se développe et ne saurait avoir aucune notion de sa propre existence. Il puise dans la terre et dans l'air des aliments simples de nature minérale, qui ne pénètrent dans ses tissus qu'à l'état liquide ou gazeux. Là ces substances minérales sont diversement groupées

pour former des myriades de composés dont un grand nombre constitueront précisément les aliments des animaux. A Tair, le Végétal emprunte de TAcide carbonique, au sol il demande de l'eau, des composés azotés, des sels minéraux ; pour unir ces matériaux, il absorbe la chaleur solaire; enfin, il restitue de TOxygène à Talmosphère. Ses tissus sont essentiellement formés de substances ne contenant que- trois éléments : le Carbone, FOxygène et THydrogène.

L'antithèse, à s'en tenir à ces termes, est aussi complète que possible : on s'est plu longtemps à voir dans l'antagonisme du végétal et de l'animal une des grandes harmonies de la Nature, l'un réparant sans trêve les perturbations apportées par l'autre dans l'équilibre de notre coin du monde. Et cependant ce contraste, cette antithèse, cet antagonisme , n'ont rien d'absolu. Parfaitement réels quand on considère les résultats ultimes de la vie végétale et de la vie animale, ils s'effacent dès qu'on veut descendre à l'analyse des phénomènes, ou à l'étude de certains types particuliei*s, si bien que toute définition embrassant l'ensemble des animaux ou des végétaux devient absolument impossible.

Nombre de plantes exécutent des mouvements très apparents. Depuis les belles observations de Linné tout le monde connaît les mouvements qui font passer les végétaux de l'état de veille à celui de sommeil : tout le monde sait que certaines fleurs tournent sur leur tige pendant le jour, suivant le mouvement du soleil, les noms de Tourne-sol^ A' Héliotrope rappellent cette curieuse propriété. Le pédoncule spiral des fleurs femelles de Vallisnérie se déroule pour porter la fleur à la surface de l'eau et s'enroule pour la ramener au fond quand la fécondation s'est produite. Les folioles de la feuille en forme de trèfle de VBedysarum gyram tournent d'une façon constante sur leur pétiole; leur mouvement s'accomplit périodiquement, en cinq minutes environ ; l'un des pétales (1) de la fleur d'une orchidée africaine, le Megachirium faU catum, oscille perpétuellement de haut en bas ; des mouvements oscillatoires analogues, quoique beaucoup plus faibles et souvent

(I) Le Labelle.

masqués par des mourements plus étendus et de nature différente, s'observent chez un grand nombre d'autres plantes telles que les Uimosa^ certaines espèces d'i4cada, d'Oxalides (1), de Trèfles (2). Les plus singuliers de ces mouvements, parce qu'ils se rapprochent le plus des mouvements des animaux, sont ceux qui sont excités par le contact d'un corps solide ou par un ébranlement communiqué à la plante. Tels sont les mouvements bien connus des Sensitives ou Mimosa qui sont loin d'être aussi particuliers à ces plantes cpi'on pourrait le croire, car on les retrouve plus ou moins marqués dans les feuilles de nombreuses espèces d'Oxalides, dans celles de l'Acacia vulgaire [Robinia pseudo-acacia) et encore chez Jes genres jEschinomene^ Smithia, DesmanthuSy etc.

Lesétaminesde l'Épine-vinette, des Mahonia, de plusieurs fleurs composées (3), parmi lesquelles celles des Chardons et des Chicorées, les stigmates du pistil des Mimultts, Martynia, Goldfussia^ etc. , l'ensemble des organes reproducteurs de certaines Orchidées (4), exécutent au moindre contact des mouvements souvent très vifs. Ces mouvements ont, en général, pour effet de faciliter la fécondation et ils sont provoqués le plus souvent par le piétinement des insectes qui viennent butiner dans les fleurs.

Ce sont aussi les insectes qui provoquent dans les poils du Drosera, les feuilles de la Dionée Gobe-mouches, celles des Vésiculaîres, des mouvements dont ils sont les victimes.

Chose bien remarquable I la suppression de l'oxygène abolit temporairement ces mouvements ; l'oxygène pur les arrête ; l'éther, le chloroforme les suspendent. 11 semble que dans ces diverses circonstances les plantes soient asphyxiées, empoisonnées, endormies comme l'auraient été des animaux. Les plantes sont seulement plus vivaces, et leurs mouvements renaissent dès qu'elles sont replacées dans des conditions normales.

Si la plante exécute certains mouvements sous l'influence d'excitations extérieures, s'il est possible de lui enlever momentané-

(1) (keaU» acetasella.

(2) Trifolium incamatum, Trifolium pratense,

(3) Centaurea, Onoperdon, Cnicus, CardwiSy Cynara^ Cichoriurrif Hieracium,

(4) Le gynostèmë des Stylidium^ de la Nouvelle'-Hollande. Edmokd PsMm. 8

ment celte faculté par l'emploi d'anesthésiques, n'est-il pas légitime 4e conclure à l'existence chez elle d'une sorte de sensibilité? Sans doute cette sensibilité est confuse, sans doute elle n'aboutit pas à une conscience, mais qui pourrait dire en quoi consistent la sensibilité et U conscience d'une Éponge?

Le mode d'alimentation de la plante a pu sembler jusque dans ces dernières années, plus caractéristique. Mais la possibilité pour les plantes de rendre assimilables et d'absorber des substances solides, de digérer en un mot, tout comme le font les animaux, ne saurait plus être mise en doute. Les poils du chevelu des racines de tous les végétaux sont de véritables organes de digestion des matières qui les entourent et de nombreux travaux, en tôte desquels il faut citer ceux de Charles Darwin et de son fils Francis, ont eu pour but de démontrer l'existence de Plantes carnivores. Les Drosera^ les Dion^a, les Nepenthes^ certains Amm sécrètent des sucs qui dissolvent les matières albuminoîdes et contiennent une sorte de pepsine, comme le suc gastrique des animaux. Ces plantes digèrent et absorbent la substance des insectes qu'elles capturent. Elles peuvent donc se nourrir, comme les animaux, de matières albuminoîdes. Elles peuvent, comme eux, rendre assimilables des matières qui ne le sont pas par elles-mêmes. Inversement, certainsvers parasites, les Tsenia, les Echinorhynques, parexemple, se bornent à absorber par la peau une nourriture toute préparée, comme pourraient le faire des végétaux. Des Crustacés parasites des Crabes, les Sacculines ont même un véritable appareil radiculaire qui plonge dans les viscères de leur hôte pour y puiser les sucs alimentaires.

La respiration n'établit pas davantage une différence tranchée entre le Règne animal et le Règne végétal. S'il est vrai que les animaux ne rejettent ordinairement dans l'air que de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau ; s'il est exact que les plantes absorbent au contraire l'acide carbonique de l'air et lui restituent de l'oxygène, il ne faut pas oublier qu'elles ne le font qu'à la lumière solaire etque cet acte est du reste une sorte de digestion qui, pendant le jour peut dissimuler la véritable respiration. Mais la nuit, ou simplement à l'ombre, celle-ci reprend le dessus et les plantes comme les ani-

maux dégagent alors de Tacide carbonique. Certains animaux, colorés en vert, les *S^en/ar, l'Hydre \erte, plusieurs vers inférieurs se comportent, du reste, au soleil comme des végétaux, dégagent de Toxygène et meurent dès que cette fonction est supprimée. Les recherches faites par M. Geddes au laboratoire de zoologie expérimentale de Roscoff ont mis ce fait en pleine évidence pour de petites planaires qui habitent les parties les plus chaudes de la plage et forment sur le sable des plaques du plus beau vert (1). Gomme les plantes, ces animaux contiennent cette importante substance à laquelle notre végétation doit ses belles couleurs, la chlorophylle. On a cru que les végétaux produisaient seuls de Tamidon et de la cellulose. Depuis longtemps déjà la cellulose a été trouvée dans la tunique des Ascidies et des animaux voisins, et les recherches de Claude Bernard ont montré que Tune des principales fonctions du foie des animaux supérieurs est la sécrétion d'une substance facile à convertir en sucre, le glycogène^ substance qui présente avec Vamidon les plus grandes analogies.

Il n'est donc pas une fonction que l'on puisse considérer comme absolument propre à l'un des deux Règnes. Les traits les plus caractéristiques de la vie végétale se retrouvent toujours chez quelque représentant du Règne animal ; réciproquement, même au point de vue des mouvements et de la sensibiUté, quelques végétaux ne le cèdent en rien à certains animaux inférieurs.

Dans les deux Règnes, nous trouvons d'ailleurs les mêmes éléments anatomiques. Les végétaux comme les animaux sont formés de cellules juxtaposées. Chez les uns comme chez les autres le contenu de ces cellules, l'agent essentiel de la vie, n'est autre chose que du protoplasme. Chez les animaux le protoplasme est libre ou enveloppé d'une mince membrane flexible ; chez les végétaux, il est contenu dans une enveloppe résistante de cellulose ; mais ces règles souffrent encore de nombreuses exceptions. Les capsules qui entourent les cellules des cartilages des vertébrés sont tout auissi résistantes que la paroi de la plupart des cellules végétales et l'on a signalé des végétaux supérieurs chez qui le protoplasme peut

(I) Complet rendus de V Académie des sciences de Paris , décembre 1878, p. 1095.

demeurer absolument libre. Les Dipsactis sont des plantes bien connues de nos pays où on les désigne souyent sous le nom de Cardêres à foulons. Leurs feuilles opposées forment autour de la tige une sorte de coupe, dans laquelle abondent des poils glanduleux. M. Francis Darwin a vu ces poils émettre de longs filaments protoplasmiques, tout comme pourraient le faire des Rhizopodes. Même enfermé dans ses capsules de cellulose, le protoplasme végétal ne perd pas la faculté de se mouvoir. Dans les poils des étamines de Tradescantia virginica, dans les poils vénéneux des orties, les poils étoiles de YAlthœa rosea, dans les cellules des Chara^ des Vallisnéries et de diverses autres plantes aquatiques, le protoplasme est le siège d'une véritable circulation analogue à celle que présente le sarcode chez les Monèrcs et les Rhizopodes. 11 semble qu'on n'ait qu'à briser la paroi de la cellule pour le voir s'épandre en masse et se mouvoir à la façon des amibes. Des recherches récentes ont démontré que toutes les jeunes cellules végétales et beaucoup de cellules déjà âgées présentaient une semblable circulation protoplasmique. Dans les poils des Drosera, C. Darwin a minutieusement décrit des mouvements plus remarquables encore, en ce sens qu'ils portent sur la totalité du protoplasme et accompagnent les mouvements d'ensemble de ces poils. Les végétaux relativement inférieurs qui forment l'embranchement des Cryptogames présentent des caractères généraux qui les rapprochent bien plus encore des animaux que les végétaux plus élevés des groupes phanérogames. Chez eux, nous voyons la faculté de mouvement se généraliser. Beaucoup de Cryptogames présentent un mode de génération sexuée, résultant de la fusion d'un élément femelle, la sp07*e, avec un élément mâle, ïanthérozoîde. Le nom de ce dernier indique déjà qu'il rappelle certains animaux, et de fait, c'est presque toujours un petit être, doué de mouvements extrêmement rapides qu'il exécute, grâce aux battements de cils dont il est pourvu, et qui sont en tout semblables aux cils des zoospores de Radiolaires.

Chez les Fougères et les Prêles, l'anthérozoïde, enroulé en lire-bouchon, porte, à sa partie antérieure, un nombre considérable de longs cils vibratiles (fig. 12, n" 8 à H). Les Mousses

elles Chara ont aussi des anthérozoïdes enroulés. en hélice, mais munis de deux cils seulement (fig. 12, n*** 5, 6, 7) ; les Fucucus et les autres Algues marines de couleur olivâtre possèdent toutes des anthérozoïdes fort actifs, de forme ovoïde, présentant quelquefois

rig. li. — Zooflporef et anthérozoïdes des CRTPTOGAUES. — 1. Spore et anthérozoïdes de Fucu» veH' toionu (les antbérosoïdes sont plus gros qu'ils ne devraient être proportionnellement). — 2. Anthénsoîdcs da même plus fortement grossis. — 3. Anthérozoïdes d'Œdogonium gemeliipantm sortant ^afilameol de l'algue où ils se sont développés. — 4. Zoospores de Bulbochste intermedia enfermés damlear eellule génératrice. — 5. Anthérozoïde d'une characée {Nitella flexilis). —6. Anthérozoïde d'île BOBMe {Fwiaria hygrometriea). — 7. Anthérozoïde d'une autre mousse {Sphagnum acutifo- ^nw). — 8. Anthérozoïde d'une fougère [Adianthum capillus Veneri»), — 9, 10, 11. Anthéroioïdet d'âne Prèle {Sgmieiwn wveniê).

une lâche oculiforme de couleur rouge, et toujours deux fouets Tibratiles, partant d'un même point et dirigés l'un en avant, l'autre

en arrière (fig. 12, n*' 1 et 2) ; enfin, certaines Conferves ou Algues d'eau douce ont aussi des anthérozoïdes dont la forme est assez variable (fig. 12, n* 3). De plus, dans ce dernier groupe et dans celui des Champignons, on voit apparaître un autre mode de reproduction. Le contenu de certaines cellules se change en petits corps pourvus tantôt d'un ou de deux cils vibratiles, tantôt, comme chez les Œdogonium ou les Bulbochœte (fig. 12, n"4), d'une couronne de cils. Ces petits corps, auxquels on peut appliquer la dénomination de zoospores, se fixent, après avoir nagé plus ou moins longtemps et se changent directement soit en une Algue, soit en un Champignon semblable à leur parent. La forme la plus commune de ces zoospores est celle d'une petite masse ovoïde, pourvue d'un ou deux cils. C'est donc encore, à fort peu de chose près, l'élément'reproducteur que nous avons eu plusieurs fois l'occasion de signaler chez diverses Monères et chez les Radiolaires. On ne peut cependant douter, dans le cas actuel, que les organismes qui Tont produit soient bien réellement des végétaux.

Les zoospores des Algues sont généralement colorés en vert par la chlorophylle^ mais les zoospores des Champignons sont absolument incolores, et rien ne pourrait indiquer, si Ton ne connaissait pas leur origine, que Ton doive les rapporter au règne végétal plutôt qu'au règne animal.

Dans les végétaux dont nous venons de nous occuper, la période de mobiHté est relativement de courte durée ; mais il n'en est pas toujours ainsi. Dans certains groupes, sa durée est plus longue, au contraire, que celle des autres périodes, de façon qu'elle constitue, pour ainsi dire, l'état normal, la période d'immobilité n'étant alors qu'une période transitoire. C'est ce qu'on voit, par exemple, chez les Volvox, les Stephanosphœra ou les Gonium,

Une masse gélatineuse, sphérique chez les Stephanosphsra et les Fo/vox (fig. 13, n*2), quadrangulaire chez les Gonium (fig. 13, n" 1), renferme des cellules vertes, régulièrement disposées un peu au-dessous de sa surface et munies chacune de deux cils vibratiles qui font saillie hors de la masse gélatineuse, et fouettent constamment le liquide ambiant. Grâce au mouvement des cils, la masse entière nage en tournoyant. Chez les Fb/voar (fig. 13, n* 2), lescej-

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Iules ciliées sont fort nombreuses et reliées entre elles par une sorte de réseau protoplasmique. Chez le Stephanosphœra pluvialis^ que Ton trouve après les pluies dans les moindres flaques d'eau, et notamment dans les creux des grosses pierres, ces cellules ne sont qu'au nombre de huit, disposées perpendiculairement à Fun des plans équatoriaux de la sphère ; elles sont en forme de fuseau, et

rSf. iS. ^ ALGUES de It famille des VOLVOCINÉES. — i. Famillei et eeilules isolées de Goniim peetvmle, Ehrb. — S. Familles ou colonies de Yolioox globator, Ehrb. (La colonie de gauche est rompue. Toales les deui contiennent des jeunes.)

de leurs extrémités partent des filaments protoplasmiques qui vont s'attacher à la périphérie de la sphère. On a pu suivre presque toutes les phases de la vie de ce singulier végétal. Pendant la nuit, chacune des huit cellules composantes se partage en deux, quatre et enfin huit nouvelles cellules, de manière à produire une petite famiUe en tout semblable à celle dont elle faisait partie. Au matin,

iiO LES COLONIES ANIMALES.

chaque Stephanosphœra contient donc, au lieu de huit cellules, huit jeunes individus, qui se meuvent à Tintérieur de la masse gélatineuse primitive jusqu'à ce que celle-ci se dissolve et les laisse en liberté. Le phénomène se renouvelle aussi longtemps que persistent les conditions de chaleur, de lumière et d'humidité nécessaires à la vie de la plante. De temps en temps, la succession des générations est interrompue par la formation d'un nombre considérable de petites sphérules, dites microgonidieSj résultant d'une division répétée des cellules mères. Ces microgonidies, pourvues chacune de quatre cils vibratiles, se séparent les unes des autres et nagent librement dans le liquide ambiant : on ignore quelle est leur destinée ultérieure.

Lorsque les conditions deviennent moins favorables, chacune des huit cellules composant une Stephanosphœra perd ses cils, s'isole, s'enveloppe d'une membrane résistante et tombe au fond de l'eau, où sa couleur passe graduellement au brun et au rouge. Elle peut très bien, dans cet état, supporter la dessiccation ; mais que l'humidité revienne, la cellule isolée se divise de nouveau en deux, quatre, quelquefois huit parties ; sa membrane d'enveloppe disparaît et met en liberté des zoospores pourvus de deux cils locomoteurs. Chacun de ces zoospores donne naissance, par division, à une nouvelle Stephanosphœra à huit cellules.

La période de repos est donc ici presque nulle, et si l'on s'en tenait au caractère tiré du mouvement, il faudrait faire des Stephanosphœra et des autres Yolvocinées de véritables animaux : la couleur verte des cellules composantes, la ressemblance des zoospores avec ceux des Bydrodictyon^ qui , par la durée de leur période de repos, sont bien réellement des Algues, voilà les seules raisons qui font rattacher les Volvox au règne végétal.

Au contraire, on rattache plus volontiers au règne animal la remarquable Magosphœra planula découverte, en 1869, par Hœckel, dans la mer du Nord, et qui présente cependant certaines analogies avec les Volvox. A l'état adulte, un individu de Magosphœra (fig. 14, n" 3 et 4) a l'apparence d'une petite sphère composée de trente-deux cellules en forme de pyramides, dont les sommets se réunissent au centre de la sphère, et dont les bases

polygonales affleurent à la surface de celle-ci, où elles se disposent en mosaïque. Toute la surface libre des cellules est couverte de cils vibratiles, et la Magosphœra nage, comme un Volvox^ en tournoyant sur elle-même. A un certain moment, la sphère se désagrège : les cellules mises en liberté se meuvent quelque temps encore en rampant, à la manière des amibes (fig. 4, n" 5, 6, 7):

Fif. 14. ^ Magotphmra planula^ Hcckel. — 1. Phase ovulaire de It Mayo^phmra. — 2. ScgmenUtiou de l'air à riotérieur du kyste. — 3. Magosphmra adulte dont la surface est au foyer du microscope. ^ 4. La méaie, dont le plan équatorial est mis au foyer du microscope pour montrer la disposition iaterse des cellolet. — 5, 6, 7. Cellules de la Magoiphmra après leur isolement, rejetant diverset foraes laûboides avant de s'enkyster poor pauer à l'état d'œuf. (D'après Dcckel.)

puis elles prennent la forme sphérique et s'entourent d'une membrane d'enveloppe (fig. 4, n* 1). Rien ne les distingue alors des œufs des animaux. L'œuf de la Mago$phœra n'a pas besoin d'être fécondé; son contenu, par une série de bipartitions successives (fig. 3, n* 2), donne naissance à trente-deux cellules, d'abord in-

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