RÉSUMÉ DES DEUX PREMIERS LIVRES
Nous avons terminé Télude des animaux que Ton considère le plus habituellement comme vivant en colonies, étude que nous avons fait préicéder de celle des organismes les plus simples. 11 est nécessaire de résumer maintenant en peu de mots les conclusions auxquelles nous sommes parvenus. Nous avons d'abord constaté Texistence d'un groupe de substances, les protoplasmes^ substances dans lesquelles réside la vie et qui sont soumises à cette étrange loi de ne pouvoir exister qu'à l'état d'individus distincts dépassant rarement quelques dixièmes de millimètre de diamètre. Ces individus dont les formes sont susceptibles d'un certain nombre de variations et s'échelonnent depuis le simple grumeau protoplasmique jusqu'à la cellule pourvue d'un noyau, d'un nucléole et d'une membrane d'enveloppe, ces individus, dis-je, se forment parla division en deux ou plusieurs parties d'un individu antérieur; ils peuvent s'isoler complètement les uns des autres à mesure qu ils se forment ou demeurer associés pour mener une existence commune. Toute association est le commencement dun organisme.
Dans les associations nombreuses tous les individus ne peuvent être exactement dans les mêmes rapports soit entre eux, soit avec le monde extérieur ; en raison de ces différences, leur forme et leurs fonctions se modifient ; l'association à\hovà homogène, c'est-àdire formée d'individus tous semblables entre eux devient hétérogène, c'est-à-dire formée d'individus dissemblables. Grâce à leur variabilité, grâce à Yindépeiidance réciproque qu'ils conservent dans une mesure plus ou moins étendue ces individus désormais polymorphes, accomplissent des fonctions différentes, profitables à tous ; entre eux se fait une division du travail physiologique nécessaire à Texistence de l'association.
Le maintien de l'association, sa prospérité, semblent être le but commun vers lequel tendent les efforts de tous les individus associés ; cette unité de but transforme l'association en un nouvel individu qui devient bientôt d'autant plus réel que ses membres, ayant à remplir chacun une fonction différente nécessaire à tous,