PREFACE. XI
cune de ces séries commence par des organismes qui demeurent à l'étal de méride, et se termine par des formes résultant de l'association et parfois de la fusion de plusieurs mérides. La plus remarquable de ces séries est celle des néphridiés qui débute avec les Rotifères, et se continue, sans interruption, en passant par les Vers et les Mollusques, jusqu'aux Mammifères inclusivement. L'existence de pareilles séries montre que les êtres vivants sont entre eux comme s'ils se distrilmaient en séries généalogiques y et comme si les progéniteurs de chaque série avaient été de simples mérides qui aidaient produit^ grâce à la multiplication indéfinie de leurs plastides, des mérides nouveaux, diversement groupés, auxquels ils seraient demeurés associés. Déjà, cette proposition que nous appelons la loi d'association ou de symblasiose fournit à Tanatomie comparée une méthode rationnelle. D autres constatations plus importantes encore, permettent de lui donner une signification très précise et de sortir du champ des simples comparaisons, pour entrer dans celui des explications, au sens propre de ce mot.
EflecHvement, tous les êtres vivants, quels qu'ils soient, animaux ou végétaux, commencent par être réduits à un simple plastide, ïœuf. Dans toutes les séries, les formes relativement simples se développent de telle façon que Tœuf ne produit directement qu'un seul méride; les autres procèdent directement de celui-ci. Ainsi la complication des organismes par le fait de la multiplication des mérides n'est pas seulement le résultat du développement d'un plan de la nature, comme aurait encore dit Dugès ; cette multiplication est le mécanisme même de cette complication, elle en est la cause réelle.
Si les organismes adultes se disposent tous en séries parallèles dont les formes initiales sont des mérides, c'est que chaque terme de chaque série représente une des étapes traversées par les organismes complexes pour arriver à leur forme actuelle ; si chaque organisme traverse individuellement ces mêmes étapes pour arriver à se constituer, l'embryogénie d'un être reproduit nécessairement sa généalogie. Nous retrouvons ainsi cette grande loi de Vunité de la paléontologie, de Canatomie comparée et de