‹ Les colonies animales et la formation des organismesChapitre 51 sur 102 · ARTICULÉS · texte numérisé non relu

ARTICULÉS

Chaque anneau d'un Ver annelé ou d'un animal articulé est un individu né par voie agame, qui aurait pu mener une existence indépendante et qui ne demeure uni à ses aînés que parce qu'il résulte pour lui des avantages de cette association.

Ce théorème a une réciproque : il existe ou il a existé des animaux vivant isolés, et qui sont équivalents à un anneau de Ver annelé ou d'Articulé.

De telles propositions sont autrement liées dans les théories biologiques que les théorèmes et leurs réciproques dans les théories mathématiques. Là, les démonstrations sont absolues : le théorème existe par lui-même ; les conséquences qu on en peut tirer, les analogies qu'il permet de pressentir, n'ajoutant rien au degré de certitude qu'acquiert l'esprit. Dans le domaine des sciences naturelles, où toute proposition générale n'est assise que sur une accumulation de probabilités, chaque conséquence confirmée, chaque analogie établie, concourt à la démonstration de la proposition principale.

L'existence d'animaux équivalents aux zoonites des Annélides, qui soient à ces dernières ce que l'Olynthus est aux Eponges, l'Hydre aux Méduses, aux Coralliaires et aux Siphonophores, l'Ascidie

aux Pyrosomes, aurait évidemment pour notre théorie une haute importance, sans être cependant indispensable à sa démonstration. Nous avons déjà trouvé dans les Trématodes et les Turbellariés les facteurs qui ont constitué les Ténias et, en général, les Cestoïdes ; d'autres organismes peuvent-ils être également considérés comme tenant de près aux êtres qui ont fondé les colonies linéaires ?

On rattache habituellement à Tembranchement des Vers un nombre assez considérable de formes inférieures tellement différentes les unes des autres qu'on a créé pour elles plusieurs classes distinctes. Ces êtres, souvent d'une taille microscopique n'ont, en effet, d'autre caractère commun que d'avoir un corps symétrique par rapport à un plan et dépourvu de toute trace extérieure de segmentation. Leur symétrie bilatérale rappelle celle des animaux segmentés ; l'état d'indivision de leur corps les signale comme les analogues cherchés des ancêtres simples de ces animaux, ou bien comme des formes dégradées dans lesquelles les zoonites, pour des causes à déterminer, se seraient complètement effacés; peut-être même des organismes de ces deux types sont-ils confondus sous cette vague appellation de Vers inférieurs. Parmi ces prétendus Vers, il en est d'ailleurs qui accusent certaines ressemblances soit avec les Bryozoaires, soit avec les Mollusques, d'autres se rapprochent des Turbellariés ; quelques-uns semblent manifester encore quelques rapports avec les animaux articulés et s'acheminent en même temps vers la classe si nombreuse des Nématodcs, dont V Ascaris lombricoïde^ si fréquemment parasite de l'intestin des enfants, est le type bien connu. Un examen, même rapide, des animaux de ces trois catégories ne peut manquer de nous fournir des résultats intéressants.

Les plus remarquables des animaux de la première catégorie sont les Rotifères qu'en raison de leur taille microscopique, Ehrenberg avait classé auprès des Infusoires; mais tandis que les plus élevés, les plus complexes en apparence des Infmoires ciliés^ tels que le Stentor polymorphus {6g. 16, n'^i p. 128), ne diffèrent en rien d'essentiel des autres Infusoires, et ne sont, comme eux, que de simples plastides doués de cils locomoteurs nombreux et de forme variée, les Rotifères possèdent des organes parfaite-

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ment distincts que la transparence des tissus permet d'étudier dans les moindres détails. La locomotion s'accomplit, cependant, comme chez les Infusoires ciliés, à Taide de cils puissants, disposés sur des organes spéciaux, le plus souvent des disques membraneux (fig. 126, n** 3 et 4) que le battement des cils fait paraître

Fig. 126. — ORTHONECTIDE : 1. Bhopaiura ophioeotM. Giard, très grossi. — GASTKROTRICHK i. Chtttonotus niarimus : b, bouche ; o, yeux ; /, soies tactiles ; a, œsophage ; t, intestin ; a, uas : X, bifurcation terminale du corps; «, organes segmentai rcs ; or, ovaires. — ROTIFÈRES : 3. Brachionus pticatilis : », disques vibratiles; f, appendice servant à la marche; «, estomac; », intestin: p, extrémiU> postérieure du corps; x, sa birurcation; ni, muscles; /, soies tactiles: «, organes seg^ mcntaires. — 4. Melicerta ringens : o, yeux ; A, tube; g, jeunes individus; les autres lettres < dans la figure 3 ; grossie 100 fois.

semblables à de petites roues tournantavec rapidité. C'est Torigine du nom même de Rotifère, De chaque côté du tube digestif, muni d'un gésier ou mastax armé de mâchoires cornées toujours en mouvement, on voit deux tubes ciliés, pelotonnés, portant des ramuscules latéraux terminés chacun par une ampoule vibratile (fig. 126, n° 3, s\ 126 bis, le et 126 ter, n° 2, v\ v% Ces ampoules sont formées par une cellule du cintre de laquelle pend,

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