‹ Les colonies animales et la formation des organismesChapitre 7 sur 102 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

forme violente qu'elle présente entre les animaux d'un même cantonnement. Certains éléments anatomiques libres, auxquels on applique la dénomination générale de phagocrjtes^ sont susceptibles de manger les autres, c'est le cas pour les globules blancs de notre propre sang ; ce phénomène a reçu le nom de phago^ cytose ; il joue un rôle important dans les métamorphoses des animaux et notamment dans celles des Insectes.

La conséquence immédiate de ces faits c'est que tout ce qui est inerte, dans un organisme, tend à en être éliminé. Lorsque cette élimination est achevée, il ne subsiste plus en lui que des éléments et des organes dont l'activité est indispensable à sa conservation ; cette conservation parait être un but assigné d'avance ; et comme les éléments et les organes d'un même organisme sont, nous l'avons vu, différents les uns des autres, on peut dire, avec Henri Milne-Edwards, au sens même que les économistes attachent à ce mot, qu'il s'accomplit entre eux une véritable division du travail physiologique, et que chacun d'eux remplit une fonction.

Loi des adaptations réciproques. — La concurrence vitale entre les organismes introduit maintenant une autre condition, en ne laissant subsister que les organismes dans lesquels a été éliminé non seulement tout ce qui est inerte, mais encore tout ce qui n est pas directement utile à la victoire de chaque individu dans la lutte pour l'existence qu'il a à soutenir. Il arrive donc un moment où tous les plastides, tous les mérides d'un même organisme semblent façonnés les uns pour les autres ; et aussi les uns par les autres, en vue de la conservation de cet organisme ; c'est ce que nous avons exprimé en disant qu'il y a adaptation réciproque de ces diverses parties. Cette adaptation réciproque se produit aussi, comme nous l'avions fait remarquer dès 1881 (p. 711), lorsque deux organismes entrent dans des rapports tels qu'ils semblent ne constituer qu'un seul et même organisme, comme c'est le cas pour un parasite et son hôte. Dans ce cas le parasite s'adapte, pour ainsi dire, à son hôte ; mais l'hôte s'adapte aussi au parasite, si bien que le développement d'un parasite peut pro-

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