‹ Les colonies animales et la formation des organismesChapitre 8 sur 102 · PRÉFACE. XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XV

voquer chez son hôte l'apparition des mêmes caractères que le développement précoce de ses organes génitaux (p. 234); de nouvelles adaptations de cet ordre ont été désignées depuis par M. Giard sous le nom de castration parasitaire.

Dans les cinq séries du règne animal, les adaptations réciproques se sont produites graduellement, et souvent chaque étape a pu être conservée. On voit donc dans ces séries les mérides d'abord isolés, s'associer ensuite en nombre indéterminé, en demeurant tous semblables entre eux ; puis se différencier, en même temps que leur nombre se réduit et se fixe au point de devenir constant pour des sous-classes, comme celles des Malacostracés, ou même des classes entières, comme celle des Insectes. Dans de tels organismes, toutes les parties sont étroitement solidarisées ; aussi la faculté de dissociation des mérides, si fréquente chez les formes inférieures, disparaît-elle toujours chez les formes supérieures ; il n'y a pas ici, au moins en apparence, de gênération asexuée.

Il ne faut pas oublier cependant que dans un méride les plastides gardent une large part d'indépendance ; ils peuvent former des groupements spéciaux qui jouissent aussi d'une certaine autonomie, et constituer ainsi des organes. Dans un même organisme, surtout chez les organismes segmentés, les organes similaires des divers mérides, souvent en raison même de leur mode de formation, demeurent unis entre eux; ils peuvent, par suite du raccourcissement de leurs parties connectives, quitter le méride auquel ils appartenaient, s'agglomérer les uns avec les autres et finir par ne constituer qu'une seule masse, un seul et même organe, propriété indivise de tous les mérides; d'autres fois un organe d'un méride prend un développement exceptionnel, les organes similaires dont il accapare les fonctions se réduisent et disparaissent, tandis qu'il peut lui-même s'étendre dans plusieurs mérides ou même dans le corps presque tout entier ; il devient, de la sorte, à son tour, une propriété indivise. La formation de tels organes qui fonctionnent pour l'organisme tout entier et non pas pour tel ou tel méride en particulier, a pour conséquence de diminuer l'indépendance de ceux-ci, de les rendre

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