CHAPITRE III
KOLONIAL WIRTSCHAFTLICHES KOMITTEE
Le K. W. K. fut fondé en 1896 et a pour but le développement économique des colonies etsphères d'influence allemandes d'outre-mer, il à pour but principalement d'exécuter des travaux préliminaires, des travaux de pionnier. Ces travaux sont :
4° Création des matières premières ayant une importance nationale ;
2° Ouverture des débouchés dans les colonies pour les produits de l’industrie allemande ;
3° Travaux préliminaires pour la colonisation allemande ;
4 Travaux préliminaires pour les transports publics dans les colonies ;
D° Travaux généraux dans l’intérêt des colonies.
Pour exécuter ce programme le K. W.K. entretient un bureau central, un institut pour les examens scientifiques et techniques pour la distribution des semences et la construction des machines coloniales. IL entretient des
Le
commissaires dans les colonies ; des sociétés, chambres
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de: commerce, associations coloniales, commerciales, industrielles, ouvrières, missions, banques, etc..…., au nombre d'environ deux cents le secondent ; le gouvernement, la loterie pour le développement colonial l’aident également.
Parmi ses travaux, nous pouvons citer l'expédition pour Îles recherches de plantes à caoutchouc dans l'Afrique occidentale, l'expédition en Amérique centrale et méridionale du professeur Preuss, l'expédition Counéne- Zambèse, l'expertise de Samoa, etc... mais c’est l'entreprise cotonnière du K. W. K., qui jusqu’à présent a pris la plus grande importance économique.
Au cours du mois d’avril 4900, M. Karl Supf, président du Comité, fait appel à tous les cercles coloniaux de l’Allemagne en leur signalant l'importance pour l'Allemagne de la question cotonnière et la possibilité de la culture du coton dans les colonies allemandes. Dès le mois de mai 1900, le K. W. K. put arrêter le plan de son action dans le Togoland qui présente le plus de chance de réussite au point de vue climatérique, et grâce à une population dense et assez intelligente ; en effet, les efforts du Comité sont aujourd’hui couronnés de succès et il a su rendre populaire la culture du coton dans cette colonie allemande.
Dès l’abord, le Comité décida d'envoyer au Togoland quelques nègres experts en coton de la région cotonnière , des Etats-Unis d'Amérique, quatre nègres dont trois cul-
tivateurs et un mécanicien composaient le personnel de
cette mission destinée à rester dans le pays. Ils venaient tous quatre de l'institut normal et industriel de Tuskegie-Alabama) dirigé par M. Booker Washington; ils étaient munis de machines égreneuses, presses, charrues provenant également de cet institut.
Le but de l'expédition était de constater la possibilité d’une culture rationnelle du coton à Togo à exécuter par des indigènes et de rendre le produit de cette culture propre à l’industrie allemande.
Le 31 décembre 1900, l'expédition débarqua à Lomé, ‘au Togo. Voici les résultats considérables que dans la seule année 1901 donna cette mission
4° Création de la station d’essai et d'enseignement à Tové. On a prouvé par cette station la possibilité climatérique et géologique de la culture du coton au Togo et aussi l’intérêt que les indigènes prennent à cette culture, on leur y a montré l’emploi des méthodes de culture américaines, l'emploi des instruments, charrues, égreneuses, presses, elc.….
2° L'installation de fermes d'essais sur six autres points du pays.
3° La constatation de l’existence d’une étendue de prés de 500.000 hectares de terrain apte à la culture du coton, rien que dans la région où la station et les fermes étaient établies, cette étendue étant plus considérable que la surface consacrée à la culture du coton en Egypte.
4 La première récolte était de 70.000 livres de coton
non égrené.
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3° La qualité du coton Togo fut estimée par la bourse Cotonnière de Brême comme middling américain (semis de coton indigène).
Encouragé par ces résultats, le K. W. K., arrêta son programme pour les années suivantes ; il se voyait dès l'origine forcé d'élargir son champ d'action.
1° Développement de la station d'essais et d’enseignement Tové pour améliorer lagraine indigène etrechercher lies moyens de lutter contreles maladies du coton, rechercher les causes d’épizooties et faire des essais pratiques avec le bétail indigène ou étranger, améliorer l’égrenage (primitivement fait par moteur humain), diminuer la taille des balles pour économiser les frais de transport.
2° Installation de fermiers américains avec leurs familles. Ils devront surtout servir de modèle pour les cultivateurs indigènes.
9° Inspection des fermes et marchés cotonniers de la colonie par le chef de l’expédition (M. Calloway, nègre).
4° Organisation d’achat de coton chez les indigènes et sa vente en Allemagne.
5° Préparation d’un projet de voie ferrée de Lomé à Misahôhe.
En outre, le Comité décida d’étendre son action aux autres colonies allemandes africaines, Afrique orientale allemande, Caméroun et Sud Ouest-africain allemand.
IL. — Les efforts de la seconde année ont donné aussi des résultats satisfaisants.
Togo. — L'année 1902-1903 a donné un bon résultat au
point de vue de l’adoption de la culture cotonnière par les indigènes. Ce sont surtout les fermiers américains noirs qui ont su les déterminer à essayer cette culture. Enfin l'établissement de marchés cotonniers avec stations d’égrenages, le rendement supérieur à l’égrenage. En 1902, pour 500 livres de coton égrené, 1.600 non égrené et en 1901 pour 500 livres égrené, 1.800 non égrené, et la réduction du prix de transport par un meilleur pressage des balles sont les résultats de cette deuxième année.
Le prix de revient du coton s’en est ressenti. En 1901, la balle de 500 liv. franco Brême revenait au cultivateur à 255 marks.
En 1902, elle ne revenait qu'à 205 marks.
La récolte a produit 50.000 liv. de coton égrené. Enfin, on a tracé la ligne ferrée de Lomé à Palimé.
Afrique orientale allemande. — En 1902-1903, le coton était cultivé sur la côte et dans la région des lacs Victoria-Nyansa et Nyassa. Le coton était obtenu par des semis égyptiens. Dans cette région, les indigènes ne paraissant pas susceptibles de cultiver seuls le coton : le comité intéressa à cette culture les communes et les planteurs européens par une prime de 150 marks par hectare jusqu'à concurrence de 3.000 marks par commune ou planteur.
En outre, il s’'engagea à acheter tout le coton produit au prix de 0,25 marks par liv. (qualité américaine) rendu à la côte. Gratuitement on livrait aux planteurs des
graines égyptiennes et des égreneuses.
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Les compagnies allemandes de navigation, pour faciliter le transport, se chargèrent de le mener gratuitement en Allemagne.
Enfin, on étudia la création d’une voie ferrée de Kilwa au lac Nyassa.
Kameroun. — Le coton était déjà cultivé par les indigènes pour les besoins domestiques, on n'y fit en 1902- 1903 que des essais restreints avec du coton de l’Equateur qui donna de bons résultats.
Sud-ouest africain allemand. — On a pu y constater possibilité de culture et assez bonne qualité du produit.
IIL. — La marche de l’entreprise du K. W. K. se continue régulièrement en 1903-1904.
À Togo, une inspection créée, composée de trois Allemands (un cotton farmer, un mécanicien, un commerçant colonial), donna de bons résultats.
Elle visita les régions diverses au moment des semailles et des récoltes et contrôla les marchés et les stations d’égrenage. 50.000 liv. de grains furent distribuées, tant américains qu'égyptiens et péruviens. La station de Tové arriva à de brillants résultats avec un croisement d'une sorte indigène avec une sorte américaine qu'on jugea équivalent au fully good middling.
La récolte de 1904 fut de 800.000 liv. de coton égrené. Le comité paya aux indigènes 0.30 marks pour 3 liv. de coton non égrené, correspondant à 1 liv. de coton égrené.
Le principal résultat de cette année 1904 est la création
en mars de l’école cotonnière de Matscha dans l’arron-
dissement d’Atakpamé. Elle fut confiée au planteur nègre américain, M. Robinson, arrivé dès le commencement de l’entreprise. Le 15 avril, l’école avait 53 élèves provenant de sept cercles différents. La plupart étaient réunis par ordre du gouvernement, 7 seulement se présentèrent librement.
La durée d'enseignement variable, suivant la capacité des élèves, est d’une ou deux années.
L'enseignement comprend tous les travaux relatifs à la culture du coton et à la préparation de la récolte. Les jeunes indigènes apprennent l’usage des outils perfectionnés, des bêtes de somme et des soins à leur donner, l'emploi d'engrais, les divers assollements, la sélection des grains, etc. Les élèves ont cultivé une surface de 76 hectares en commun. En outre, chacun travaille un petit champ de coton dont la récolte lui appartient. Les meilleurs résultats valent des primes à leurs auteurs. A la fin de la première année, on renvoya 11 élèves dans leur pays, les autres restant une deuxième année. Le gouverneur, comte Zeck, paraît fort satisfait de ce nouvel organisme. Le comité se propose de développer l’école.
En 1904 également, le comité envoya un botaniste, le docteur Bussi, pour étudier les maladies du coton. Enfin, durant l’année, grâce à l’active propagande du comité, le projet de chemin de fer Lomé-Palimé fut soumis au Parlement.
Au Kameroun, les essais se firent encore sur une petite
échelle. Dans le sud-ouest africain allemand, ils furent
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complètement em pêchés par le soulèvement des Herreros, mais dans l’Afrique orientale, l’entreprise cotonnière a pris un développement important,
L'organisation du travail est ici comme nous l'avons vu plus haut (oute différente du Togo. C’est le système des primes aux planteurs, sociétés, communes sous la surveillance de trois inspecteurs organisés comme au Togo.
Le coton obtenu de semis égyptiens a été coté à Brême comme excellent. 70.000 livres de graines furent distribuées, 2.000 hectares - plantés dans les différents arrondissements.
Dans la région de Kilwa il y aurait 100.000 hectares de terrain propre à la culture du coton et 700.000 hectares dans la région de Rufidji d’après les rapports des inspecteurs. Une exposition fut organisée à Dar-es- Salam ou le K. W. K. distribua des prix aux planteurs.
Enfin, le comité a contribué à l'étude économique du tracé du chemin de fer Dar-es-Salam Morogoro qui était voté durant l'année par le Parlement. En outre, il chargea un ingénieur de faire des études préliminaires pour une voie ferrée dans le sud de la colonie de Kilwa au lac Nyassa.
Le coton récolté a monté à 1.000 balles de 500 livres de coton égyptien. Le comité payait aux producteurs 0,40 marks pour trois livres non égrené correspondant à une livre d’égrené rendu à la côte.
Un petit essai en Nouvelle Guinée à été encouragé par
le comité par livraison de graines et promesse de transport gratuit de la récolte.