ET LE GOUVERNEMENT
Toutefois comme de nouvelles protestations avaient été adressées à l’ancien ministère avant sa retraite pour lui faire sentir tout ce que cette annonce officielle avait d’insolite, tout ce qu'elle avait de dangereux pour l'avenir, et combien cette nouvelle résolution était en opposition avec ses promesses et ses’engagemens devant les Chambres législatives ; nous aimons encore à douter que la majorité de ce ministère eût sanctionné la résolution de son ministre du commerce, et se fùt décidée à présenter dans cette session un projet de loi de dégrèvement colonial que nous n’eussions pas craint de qualifier de sa part de manque de foi gouvernementale.
Et en eflet :
Dans‘un précédent exposé des motifs dela loi des sucres, un ministre s’exprimait ainsi : «-Heureusement nouûs vivons aujourd'hui sous un gouvernement constitutionnel : la loi garantit tout ce qu'elle a fait naître, etiquand elle doit le modifier, elle le fait avec ordre, avec lenteur, avec sagesse. » :
Dans une autre circonstance remarquable, un des orateurs de la Chambre, l’un des plus ardens défenseurs des colonies et le président alors du conseil de ses délégués , disait : « Un part décisif est nécessaire, même dans l'intérêt de tous les fabricans métropolitains , car il ne faut pas leur laisser
engager trop de capitaux" dans leur fabrication si l'on n’est pas disposé à leur faire par la suite toute espèce de sacrifice. » k
Nous dirons aujourd'hui avec l'appui de ces deux autorités parlementaires : ayant la dernière loi votée il y avait incertitude pour Ja fabrication indi-
gène, il y avait peut-être alors à demander compte au
gouvernement de cette incertitude dans laquelle ï Ta laissait sur son avenir, mais aucune grave responsa-
bilité ne pesait encore sur lui; car, et nous voulons
bien l’admettre un moment pour simplifier la quesüon, il n'avait pas encore pris avec elle aucun engagement-positif, il n'avait pas encore par une décision législative fait arrêter les bases sur lesquelles elle pourrait établir ses opérations,
Mais une fois la loi promulguée, l'incertitude à
fait place à la confiance , au doute a succédé la cer-
tiltude , il y a promesse engagée , il y a contrat passé avec Ja fabrication indigène , elle a des droits acquis, reconnus, etiln'y à plus possibilité de déchirer ce Contrat.
Et quelles ont été ‘en effet les conséquences de l'acte législatif que-le ministère à provoqué ? :
Les cullivateurs ont acquis de nouveaux terrains ou ils ont passé des baux avec. les propriétaires de leurs cultures. :
Les fabricans ont activé leurs ra ri elils ont