‹ Les colonies et la métropoleChapitre 43 sur 77 · CA · texte numérisé non relu

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lations avec les pays étrangers vont sans cesse dans une progression décroissante, et que nos transactions commerciales étrangères de la dernière année sont dans une proportion de décroissance encore beaucoup plus considérable que celles de l’année qui l'avait précédée.

Que, par exemple, notre commerce extérieur qui, dans l’année 1836, avait été, importations et exportations comprises, de 1,667,000,000 fr., na plus été dans l’année 1837 que de 1,566,000,000 fr., et que par conséquent 1l a diminué dans cette dernière année de 301,000,000 fr., c'est-à-dire qu'il a été dans une proportion de 16 0/0 de moins que l'année 1837, et dans une proportion de 15 0/0 de moins que la moyenne des dix années précédentes.

Que si nous examinons le commerce extérieur des principales nations maritimes, nous voyons. qu'en raison inverse du nôtre, 1l a presque partout augmenté ses relations. + |

Que nous bornant ensuite à comparer le.commerce de la France avec celui de l'Angleterre,

notre ancienne et plus redoutable rivale, et celui des États-Unis d'Amérique, nos plus jeunes concurrens , nous voyons que la première est hien loin de nous dans la carrière, et que les seconds nous ont également de beaucoup Abe dans le mou yvement commercial,

Qu'en recherchant, par exemple, le rapport de à LR nos importations avec celles de l'Angleterre, nous ‘1 trouverons que le nombre des tonneaux transportés par la marine anglaise est trois fois plus considérable que ceux transportés par la marine française. «| Qu'en Angleterre, sur quatre tonneaux d'importation, les navires nationaux en chargent trois et n'en laissent qu'un seul aux bâtimens étrangers ; tandis qu'en France les navires nationaux ne chargent même pas autant de tonneaux d'importation | que les bâtimens étrangers ; et qu'enfin la valeur de l'importation anglaise est de douze milliards , tandis que celle de l'importation française n'est que M de six milliards et demi, c'est-à-dire à peu près du 1: double en Angleterre qu'en France.

Qu'en recherchant ensuite quelques uns de ces | rapports de nos importations avec celles des États- Unis, nous trouvons également que, sur quatre ; tonneaux d'importation, les navires nationaux en tf chargent 2 3/4 et n'en laissent que 1 1/4 aux étran- nt 14 sers , lorsque nous avons dit qu'en France les: navires nationaux n'avaient même pas autant d'importations que les navires étrangers. El Le

Et que la valeur de l'importation des États-Unis est, année moyenne, depuis dix ans, presque égale SE à celle de l'importation de la France dont la popula- AE, tion est à celle des États-Unis comme 34 est à 14, on E c’est-à-dire presque deux fois et demi aussi forte. qe

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Que si de l'importation nous passons à l'exportaion, nous trouvons encore des résultats beaucoup plus déplorables pour la France ; car notre exporta-

tion par navires français a été d’un quart moins forte ”

que celle par navires étrangers , tandis qu'en Angleterre la marine nationale et la marine étrangère ont encore été dans le même rapport que celui des importations, et aux États-Unis , dans le rapport de 10 à 3, à peu près le même que celui de l'Angleterre.

Enfin, que la valeur des exportations de l'Angleterre a été Le triple de celle de la France dont la population est à peu près plus forte d’un quart que celle de l'Angleterre; et que celles des États-Unis n'ont été que d'un sixième plus faible que celles de là France qui compte vingt millions d’ames de plus que les États-Unis. | |

Nous avons encore à faire remarquer que les détails que nous venons de donner s'appliquent malheureusement à presque tous les pays avec lesquels nous sommes en relations commerciales, et que, dans la dernière année, elles ont encore faibli dans la même proportion qu'avec l'Angleterre et les États-Unis, avec l'Espagne, avec l'Autriche, ae + tout le nord de l'Afrique, y compris l'Égypte, avec … la Turquie et avec plusieurs États de l'Amérique méridionale. Et malheureusement encore, nous n'a"

vons à mentionner, en regard de ces diminutions, que la Suisse, la Belgique et trois ou quatre autres pays sans grande importance, avec lesquels nous aÿons conservé des relations stationnaires , et sans pouvoir en citer un seul avec lequel nos transactions commerciales aieñt été en voie de prospérité.

Après un relevé aussi affligeant, nous n'avons pas besoin de rechercher à faire ressortir tout le mal signalé par ces chiffres ; il est assez évident pour frapper tout le monde ; et une si grande diminution dans nos exportations, lorsque nous le répétons, loutés nos industries sont en progrès, ne doit-elle pas attirer l'attention de tous ceux qui ont à cœur la prospérité matérielle de la France.

{ Et n'est-ce pas alors le cas de demander à ceux,

qui sont chargés de la direction de notre commerce, de songer à chercher des remèdes pour l'augmentation de nos échanges , ailleurs que dans quelques colonies dont la consommation est extrémementglimitée, et qui, par conséquent, ne peuvent recevoir qu'une très faible partie de notre exportation générale.

Nous demanderons, par exemple, si les mécomptes commerciaux que nous éprouvons ne peuvent pas être en partie attribués à la presque inaction du cabinet français, en présence de l’activité des négo-

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| ciations diplomatiques commerciales des puissances D: rivales ; et rappelant à ce sujet une partie de ce que | nous avons dit pour engager la marine marchande à | chercher à établir de nouvelles relations avec les Pre pays lointains, nous répéterons également au gou- | vernement que c’est à lui à seconder ces eflorts, et qu'au lieu de s'arrêter à rechercher, dans une | considération aussi minime, que le serait, pour 179 les échanges de la France entière, la diminu- | tion, même jusqu'à ce jour non établie, de quelques millions dans les importations des sucres coloniaux , il doit, pour trouver un remède au mal qui l'affige, élever plus haut ses regards, et chercher CR à lier, par des traités de commerce bien entendus, | HA des rapports avantageux et suivis avec les États qui sont le plus en position de consommer nos produits naturels et nos marchandises fabriquées.

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LES Et quand par des mesures importantes et efficaces “pr le commerce français aura repris son rang parmi les « Dur es nations commerçantes, quand les états officiels ne re: 1 écofistateront plus sa décroissance continuelle, quand past au contraire ils proclameront sa prospérité crois. 5 sante , alors le gouvernement aura droit aux remer- PRE cimens du pays. |

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RE Et comme à cette époque les faits auront parlé, 4 | que sans doute les jalousies seront éteintes, que la raison se sera fait entendre, le gouvernement mieux

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LE COMMERCE. 193 éclairé ne redoutera plus la prospérité du sucre de betterave; et à son tour il remerciera les représentans du pays de n'avoir pas cédé à d’aveugles sollicitations , d’avoir repoussé avec énergie un funeste projet d'anéantissement de cette industrie; parce qu'alors il aura sans doute été universellement reconnu, qu'indépendamment de tout ce que cette industrie aura apporté d'avantages dans les transaetions intérieures de la France, elle sera peut-être encore devenue alors un des premiers mobiles de ses transactions extérieures et l’un de ses plus grands moyens d'échanges et d’exportations.

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