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CHAPITRE XVIII. d

COMMENT PEUT-ON SAUVER LES COLONIES ? er fi

La perte que l'Angleterre a faite de ses colonies de l'Amérique septentrionale, a été un gain pour elle ; c’est un fait que je n'ai vu contesté nulle part ; or pour tenter de les conserver

elle a dépensé dix-huit cents millions ; en ren- uno

dant les colonies indépendantes elle pouvait De

faire de même gain sans dépenser un sol, | ' L'Ile-de-France après cinquante années |

d'existence a également coûté soixante millions à la France et ne lui a pas rapporté un sol.

( J,-B. Sax.)

SoumainE. — Liens de commerce qui assujettissent les colonies à la “st | métropole, — Quel serait le résultat de l’altération de ces liens ? — Doit-on rendre aux colonies la liberté de commerce ? — Y aurait-il avantage pour les colonies à obtenir cette liberté ? — Est-il

. de la justice de la France de ne pas la refuser? — Y aurait-il avau-

tage pour la France à l'accorder, — Examen de ces questions. — Prises de la Guadeloupe, — Prises de la Martinique. — Prises

de Bourbon.— Prises de la Guiane.—Dépenses occasionnées à la

à MR RE re < =. >

France par les colonies. — Conclusions affirmatives de toutes ces questions. — Objections prévues. — L’'émancipation du commerce colonial est un moyen de sauver les colonies. — Est-il» temps de la prononcer? — Moyens provisoires de salut, — Réflexions.

Pour répondre à cette question, il convient d'abord d'examiner quelles sont les entraves que la France a apportées aux opérations commerciales de ses possessions d'outre-mer, et de rechercher s'il est dans l'intérêt des colonies et dans l'intérêt de la métropole de les faire disparaître en tout ou en partie, À cet effet énumérons d'abord ces entraves dans la question qui nous occupe, ou, end'autres termes, examinons quels sont les liens de commerce qui assujettissent les colonies à la métropole.

Ces liens principaux consistent dans les dispositions suivantes :

10 La défense de porter leurs pretions ailleurs qu'en France ;

20 'obtigatioft de s br stonidr en France des objets nécessaires à à leurs besoins ;

SAUVER LES COLONIES. PYyE

+ Le paiement d'un droit de douane pour l'entrée en France de leurs sucres bruts ;

4° L'impossibilité de réexporter leurs sucres de

| France après raffinage, vu le chiffre élevé fixé pour l'appréciation du rendement du sucre raffiné à la

| réexportation.

L'altération des conditions des deux premiers ar-

| ticles touche à la question de Ja liberté du eom-

merce colonial; l’altération des deux derniers articles ne demanderait que quelques modifications aux relations commerciales établies jusqu'à ce jour entre la métropole et les colonies :

Nous approfondirons successivement ces deux moyens.

Doit-on rendre aux colonies la liberté de com-

merce? Voilà le premier moyen. Pour l'examiner,

corder la liberté de commerce ?

nous poserons quatre questions :

1° Y aurait-il avantage pour les colonies à obte-

| nir la liberté de commerce ?

2° Est-il de la justice ge la France de ne pas ref ser cette liberté ?

- 3° La prospérité et la sûreté du commerce de la

France dépendent-elles de ses possessions coloniales ?

4° Y aurait-il avantage pour la France à leur ac-

Ra 272 COMMENT

‘1 ÉS Nous ne dirons que quelques mots sur chacune ‘4 Jabt des trois premières questions que nous n'avons , en FRS quelque sorte, posées que subsidiairement et pour

EEE que notre raisonnement soit complet; mais nous

RERPEErS nous étendrons davantage sur la quatrième qui est EREMETS la plus importante, et qui, à elle seule, résume yes toutes les autres, car il est certain que l'avantage fu: ne de la France sera et devra toujours être le motif E : déterminant et dans lequel on devra chercher la M ; ; solution de toute la discussion.

MRUFRTE PREMIÈRE QUESTION. — Ÿ aurait-il avantage pour | les colonies à obtenir la liberté de commerce ?

La réponse à cette première question est essentiellement affirmative. Il est évident qu'il serait plus Bag avantageux pour les colonies de pouvoir exporter … Sa À directement leurs productions dans tous les autres

ne pays et de ne pas étre tenues de prendre en France RAR AE la généralité des objets d'industrie et de consomma- M 6 FRA té tion dont elles peuvent avoir besoin. Cette question nt d’ailleurs est encore résolue affirmativement par les ve ne demandes qui ont déjà étéMidressées aux Chambres - do * et au Gouvernement par les délégués coloniaux.

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