‹ Les colonies et la métropoleChapitre 56 sur 77 · MT VAT · texte numérisé non relu

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euses, que la métropôle ne peut encore long-temps LEUR. CONTINUER LES PRIVILÉGES QUI LES ALIMENTENT. »

. De celle de M. Durmori , l'ancien rappottétr de là |: Loi des sucres, qui parle des colonies comme de | | possessions lointaines que la guerre noùs a si éou- Vent enlevées , qui offrent peu d'abri à notre mavine marchande, et à peine uh port à notre marine

toyale.

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| De celle de M. le ministre actuel de Fintérietur, : il . Duchâtel , qui disait dans son rapport au roi du

19 janvier 1836 , et comme ministre du commerce : | } La fabrication du sucre de betterave, indépen- il lamment des avantages qu'elle procure aux travaux le l'agriculture, à l’assolement des terres et à l'é-

ve du bétail, est encore avantageuse en ce qu’elle l'a besoin ni d’ esclaves, ni de travaux obtenus par à contrainte, et en ce qu’elle est à l'abri d’éventira- | tés qui menacent toujours nos établissemens d’outre- ; bér. ». . |

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Et, eitant enfin à l'appui de ces diverses opi- Ress Prier différentes prises de nos colonies : PUR En (celles de la Guadeloupe, par din Se , ef CU

ï59, 179%, 1810 et +815 ; DR |

. Celles «de la Martinique, par les Anglais, en

Fes en 179% et en 1809;

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D: 276 COMMENT | Celles de Bourbon, par les Portugais, en 1640, | Fab et par les Anglais, en 1810; | RS Et enfin celles de la Guiane , par les Anglais , en| Le 1667, et par les Hollandais , en 1672 et 1808.

[hrs Fe Nous demanderons si, avec de tels fastes poli | tiques ; on peut fonder la puissance commerciale el}

maritime d'une grande nation sur des élire | aussi aventureux ; et nous en concluerons que, S le rapport commercial comme sous le rapport mari time, la possession de ces colonies n'est pas indis. pensable à la France.

QUATRIÈME QUESTION. — Ÿ aurait-il avantage ç pour

la France à accorder cette liberté de commerce ? 1480 |

A Avant d'aborder cette question avec des chiffres. sis nous présenterons encore trois opinions qui ne pr jt raissent pas inutiles à citer : :

Lo nm. «La perte que l'Angleterre a faite de ses colonies de de l'Amérique bien Rite disait J. B. Say, a FR été un véritable gain pour elle, c’est un fait que je Li Ke n'ai vu contesté nulle part; or, pour tâcher de les OR conserver, elle a dépensé dix-huit cent millions : en rendant les colonies indépendantes elle pou

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faire le même gain sans dépenser un sou. M:

ae Hs | à HE | 4 TUEVU « Après cinquante ans à existence Ê disait encore : \ “ # æ - t

et

e célèbre économiste, l'Ile de France a coûté 0 millions à la France et ne lui a jamais rapporté n SOU. »

« Le pacte colonial rompu, disait en 1836 le Journal des Débats , ce serait un immense embarras de moins en cas de nouvelles bases à donner aux lois commerciales à établir avec les grands peuples américains , si la France n’était plus te. nue de réserver un marché privilégié à quatre ou cinq petits établissemens coloniaux. »

Qu'on se rappelle maintenant que jusqu'ici pres-

1e toutes les commissions de finances se sont aintes que les colonies étaient onéreuses pour la rance; quon se rappelle que l’un de nos rapporurs disait : «Si en effet les colonies sont à charge à la métropole, il faut que cela cesse, et il faut adhérer le plus tôt possible à la demande que font les colonies de leur laisser la liberté de tratiquer avec qui bon leur semblera. »

Que l’on fasse à l'appui de ces observations le lcul des sommes que chaque année les colonies tent à la France comme dépenses de souveraité et de protection, savoir : environ 2,300,000 f. ur Ja Martinique, 2,500,000 f. pour la Guadeupe, 2,400,000 f. pour l’île Bourbon, et près de 20,000 f. pour la Guiane: c'està-dire environ

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7,550,000 f. par année pour les quatre colonies su: crières.

Que l'on ajoute à cette première dépense| 6,621,600 francs pour la solde annuelle et les frais de toute nature des troupes métropolitaines que nous y entretenons.

Et l’on verra que chaque année, indépendamment d'un tribut de 6,000 hommes que nous envoyons aux colonies pour les soutenir contre leurs esclaves, et dont une partie succombe à l'influence des maladies épidémiques trop fréquentes dans ces pays, à celle d'une température à laquelle ils ne sont pas accoutumés , nOS possessions sucrières d'outre-mer nous coûtent encore plus de 44 millions par an. L

Que l'on calcule cette somme pendant les vingtquatre années qui se sont écoulées depuis l'ép époque à laquelle nous sommes rentrés dans ces posses-, sions coloniales, c’est-à-dire depuis les traités désastreux de 1814 et de 1815 jusqu’à ce jour, et l'on verra qu'indépendamment de beaucoup de dépenses accidentelles , telles que les-travaux du fort Bourbon, à la Martinique, qui ont coûté 40 millions de francs, la France a dépensé pour avoirices: ‘faibles colonies, depuis l’époque de la Restaura-

tion, la somme énorme de 456 millions de francs. |

| | SAUVER EËS COLONIES. 279

| De tout ce qui précède ne devons-nous pas con-

| élure que Ia France n'aurait rien à perdre, et au contraire qu'elle aurait beaucoup à gagner à l'éman- | ipation commerciale de ses colonies, qui, loin d’a-

voir été pour elles un principe de force et de richesses, ont plutôt été une cause toujours agissante d’ sHaibhssement.

Que l'on déclare donc qu'à l'avenir, et dans un temps plus ou moins rapproché, mais dès ce jour limité, la métropole ne paiera plus aucun subside à ses colonies; mais en retour que l’on prononce Re elles la liberté de commerce.

Que l'on déclare que leurs produits pourront s exporter directement à l’ étranger, et que les bâti- | rhens qui en auront été chargés pourront rapporter | des marchandises étrangères.

airs élles auront à veiller elles-mêmes à leur | prospérité; alors elles seront ouvertes à tous les peuples commerçans, et elles cesseront de s'élever | contre la concurrence de notre industrie indigène.

Nous avons, du reste, déjà répondu à l'avance,

dans les chapitres précédens, aux réclamations que J'en he manquerait pas dé reproduire contre eette niesure au nom de la marine marchande et au nom du commerce d'exportation ; nous ne pourrions donc ‘que répéter ici que leur existence né dépend pas dés

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colonies, et qu'ils regagneraiént bien vite, et dar des expéditions plus considérables à l'étranger,

dans l'augmentation des transactions intérieure ‘ous les avantages dont ils n'auraient été que m mentanément privés par suite de l’affranchisseme colonial.

Et, d'ailleurs, nous ne voulons pas dire qu'il fail entièrement abandonner et émanciper nos poôsse sions d'outre-mer; donnons-leur la liberté de co merce en leur retirant nos subsides, mais gardon sur elles nos droits de suzeraineté. Et, suivant d principe de Montesquieu , « que l’objet des colonie est de faire le commerce de la métropole à de meil leures conditions qu’on ne le fait avec des peuple voisins avec lesquels tous les avantages sont réci proques , » conservons pour la France des condi tions de commerce plus avantageuses que celles qu seront accordées aux autres pays sur tous les mar chés de ces colonies.

L'émancipation du commerce colonial est donc selon nous, le moyen le plus efficace pour sauve: etindemniser les colonies et leur assurer des chance d'avenir , et nous pensons qu'elle peut et doit con

cilier tous les intérêts coloniaux et métropolitans*

mais si cependant de hautes considérations politi

ques, et qu'il ne nous est pas possible d'examiner

dans ce moment, devaient empêcher de prononce]

SAUVER LES COLONIES. 281 mmédiatement cette émancipation ; si l'on jugeait . | "4 nécessaire de la mürir davantage ou d'adopter quel- D. ques mesures provisoires pour n'y arriver que gra-

«luellement et dans un temps un peu plus éloigné,

ne serait-il pas alors convenable de rechercher si, n en n accordant pas cette liberté entière aujourd’hui, on ne pourrait pas du moins venir d'une manière efficace au secours des colonies en modifiant les entraves de moindre importance que la législation métropolitaine a imposées à leur exploitation indus- k trielle et commerciale. EL n'est-ce pas ici le cas de . rappeler celles deces autres entraves que nous avons | énumérées au commencement de ce chapitre.

D'abord l’abaissement du chiffre du rendement à la réexportation des sucres des colonies après raffinage, afin qu'ils puissent trouver à les placer sans désavantage sur les autres marchés de l'Europe; ce | que nous avons assez longuement expliqué dans la : À première partie de ce travail. à

Ensuite, si les chambres jugent convenable de donner la préférence au principe du dégrèvement colonial sur le principe de l'impôt indigène, après avoir prononcé l’abrogation de la loi d'impôt de juillet, prononcer le dégrèvement de pareille somme sur les droits de douane payés par les sucres colo- |niaux.

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Et enfin accordér provisoirement aux colonies le droit d'exporter directement et par navires français une partie plus où moins grande de leur sucre à l'étranger, ce qui, en les soulageant aujourd’hui, * vous mènera ultérieurement à leur accorder [a li-” berté entière du commerce qui doit en étre un peu plus tôt où un peu plus tard la conséquence.

Puis, lorsque la législation aura fait tout ce qu’elle pouvait faire pour les colonies , nous nous adresserons aux colonies elles-mêmes et nous leur demanderons qu’elles viennent de leur côté à leur propre secours en cherchant à seconder les efforts de la législation: — C’est ce qui nous reste à examiner dans le dernier chapitre de cette troisième partie.

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