‹ Les Colonies Familiales d'AliénésChapitre 28 sur 70 · CAN UE · texte numérisé non relu

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cubes minimum par personne, avec un éclairage et des moyens de chauffage appropriés, l’installation de l'éclairage électrique donne droit à une prime. La plupart du temps les chambres sont garnies de carreaux, quelques-unes parquetées. Les murs sont tapissés avec du papier, beaucoup sont blanchis à la chaux ; on encourage ce dernier mode d'installation, à cause de la facilité de cette décoration et de l’économie d’entretien. En général, le lit est en bois, mais pour les installations à créer, on obtient assez facilement l'achat de lits en fer, plus hygiéniques. La literie doit être composée de paillasse ou sommier, matelas ou lit de plumes, draps et couvertures en nombre suffisant, dont au moins une de laine. Le tout est à la charge du nourricier.

Le trousseau de chaque malade comporte tout le linge personnel, c’est-à-dire la vêture, la chaussure et le linge de corps, ainsi que serviettes et torchons.

En voici la composition :

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Les nourriciers doivent aussi fournir pour les oreillers des taies en toile blanche, qui permettent de vérifier plus facilement leur état de propreté.

Le malade dispose d’une table de nuit ou petit meuble non clos, si possible ; d’une cuvette, d’un pot-à-eau, et d’un meuble pour ranger ses vêtements. Les visiteurs de placements veillent spécialement à la présence et à la propreté de tous ces objets et à ce que la chambre des malades soit réservée exclusivement à leur usage.

Le nombre de malades par placement est de Du ou trois, Il faut éviter le placement à quatre ; la chambre où vivent en commun les malades tend à devenir un petit dortoir et perd son caractère familial.

La pièce destinée aux malades doit communiquer par une petite fenêtre ou vasistas, ou à l’aide d’une porte, avec l’appartement particulier du nourricier, de façon que la surveillance soit effective jour et nuit. La préférence est accordée aux pièces qui ont accès directement sur un jardin, où les pensionnaires peuvent se promener, vaquer à leurs petites occupations, en plein air, à la belle saison.

Chez les veuves ou chez les célibataires, la règle de la chambre à part pour les pensionnaires, n’est

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pas toujours appliquée ; la chambre à coucher commune présentant souvent dans ce cas, au contraire, des avantages au point de vue de la surveillance, surtout pour les pensionnaires âgées, à qui les soins assidus sont nécessaires.

Outre le coucher, le blanchissage, le chauffage et éclairage, le nourricier doit à ses pensionnaires la nourriture.

Les pensionnaires doivent, en principe, prendre leurs repas en commun avec toute la famille. Il faut avouer, cependant, qu'à Dun surtout, les malades mangent souvent dans leur chambre, et la nourricière avec sa famille dans l’autre. Souvent aussi, ce sont les malades elles-mêmes qui exigent cette séparation, d'autant plus que cela permet à la nourricière de les faire manger à des heures régulières, soit que ses occupations ne permettent pas au mari de rentrer à des heures fixes, soit qu’il y ait des enfants jeunes et trop bruyants. Quelquefois, la malade est grossière, peu propre, turbulente et délirante, parfois encore, de par ses idées de grandeur, elle se trouve humilée de prendre ses repas avec ses nourriciers, qu’elle considère comme des gens sans édueation, et ne s'étonne pas d’être servie par eux.

Le repas en commun peut être considéré comme une garantie que les malades seront nourries aussi bien que leurs hôtes, mais cette garantie est souvent illusoire. Si le nourricier n’est pas scrupuleux, si la malade est inconsciente, on lui donnera tout aussi bien les plus mauvais mets à la table de famille qu’à

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la table à part, et au contraire, si la pensionnaire est difficile, exigeante, elle saura bien se faire servir, même isolée dans sa chambre. C’est pourquoi chez les nourriciers suspects, on associe une malade consciente avec une malade inconsciente ou débile, incapable de réclamer.

En général, les malades se montrent satisfaites de la nourriture. Quelques-unes avec le produit de leur travail s’achètent de petits suppléments.

Quelques malades, très rares, certaines persécutées, avec troubles du caractère, idées de grandeur, ont été autorisées, sous un contrôle sévère, à faire ellesmêmes leur cuisine.

Les menus, dans chaque placement, sont inscrits par les surveillants dans leurs visites quotidiennes, qui sont faites souvent à l’heure des repas.

Toutes ces conditions du bon placement ne sont pas toujours réalisées. Dans l’un, l'installation de la chambre n’est pas parfaite, tout en étant suffisante, mais la nourriture est bonne, la nourricière attentive et intelhgente ; dans l’autre, au contraire, la nourriture est moins soignée, mais la chambre est large, aérée, bien meublée, avec un jardin.

Pour le plus grand bien des malades, il faut suivre le mieux possible, le chemin traçé par le règlement, mais il faut faire preuve à l'égard des nourricières, d’une tolérance assez large, en tenant compte des conditions économiques du pays auxquelles la vie des malades est intimement liée. En se montrant trop sévère avec les nourricières, on cour-

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rait le risque de les décourager, et par là même de porter atteinte à la prospérité de la colonie famihale.

Médecins et surveillants ont bien souvent un rôle de médiateur. Ils doivent au cours de leurs visites, écouter les unes et les autres avec patience et douceur, essayer de concilier les intérêts de chacun. Enfin nourricières et malades sont admises tous les jours le matin de 9 à 11 heures, au bureau de l’administration pour être entendues sur les réclamations, les : plaintes, qu’elles ont à formuler.

Pour justifier ces réflexions, nous donnerons le prix payé aux nourriciers par le département de la Seine, pour l'entretien de chaque malade. 1! est actuellement de 7 francs.

Quant au prix de journée total il a été en 1931 de 10 fr. 19 (prix de revient 9 fr. 88).

Si on compare ce prix de Journée avec celui des différents asiles de la Seine, on se rendra compte que tout en améliorant le sort des aliénés chroniques, le département de la Seine réalise une économie réelle considérable. La colonie familiale pour aliénés chroniques est un système d’assistance parfait en ce qu’il réalise pour les malades le maximum de bien-être avec le minimum de frais possible. |

En somme, les nourricières ont un rôle fondamental dans le fonctionnement de la colonie familiale. Outre l'obligation matérielle de préparer et de veiller à l’alimentation, à la propreté de la chambre, du-linge, de la vêture, elles sont chargées de renseigner le

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médecin sur la conduite des malades, de le prévenir des indispositions et de tout changement dans les habitudes de celles-ci, de toute modification dans leur état physique et mental, et de provoquer dans les cas douteux, la visite du médecin.

Mais il est important de veiller à ce que les nourricières ne témoignent pas à l'égard de leurs pension- . naires, la même négligence qu’elles apportent souvent à leurs propres souffrances.

« Vie libre mais avec liberté surveillée », tel est le grand principe directeur de l'assistance familiale. Nous avons passé en revue les conditions matérielles offertes aux malades, comment s’exerçait sur elles une surveillance très large, nous allons voir ce qu’est

pour elles cette vie hibre, si différente de la vie asilaire. = Quelque temps après leur arrivée à la colonie, les malades ont trouvé la maison qui leur convient, et se sont habituées à leur nouvelle famille. La possibilité de se créer une existence plus indépendante et non assujettie à un règlement strict, comme à l'asile, est la raison principale qui leur a fait préférer le régime de la Colomie à celui de l'Asile. Ici plus de murs maussades, plus de cours grillagées, plus de portes fermées. Tout leur est ouvert, elles peuvent circuler librement dans le pays. La monotonie de l’asile fait place à la diversité que crée l’activité d’une petite ville, voire même d’un village ou d’un hameau. Dans

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la mesure de leurs facultés restantes, elles reprennent conscience de leur personnalité.

Chez sa nourricière, la malade se lève quand il lui plait, sort et rentre aux heures qui lui conviennent, travaille quand elle veut et pour qu elle veut. Qu'elle soit chez sa nourricière aux heures des repas, qu’elle ne s'éloigne pas trop du pays, qu’elle soit rentrée à la tombée de la nuit, telles sont les limites de sa liberté d’action.

Les malades peuvent se promener ou employer leurs loisirs comme bon leur semble. La plupart des malades n’abusent pas de cette liberté.

La pensionnaire ne doit aucun service à sa nourricière, ni à qui que ce soit, elle est libre de ne rien faire. Cependant, les médecins, les surveillants, encouragent le travail le plus possible. Il est une condition de bon ordre partout, et plus encore dans les colonies. C’est un important élément de traitement et de distraction ; c’est aussi un moyen qui n’est pas à négliger de procurer quelques améliorations au régime alimentaire. « Le travail, comme l’a dit Parchappe, est plus qu’une loi pour l’homme, c’est un besoin, et on ne saurait y soustraire l’aliéné ».

D'ailleurs, un grand nombre de malades, assez conscientes et capales d'activité, cherchent d’elles mêmes à s'occuper et trouvent du travail, soit au siège de la colonie, soit chez des particuliers ou chez leurs nourricières, d’autres enfin s'occupent à des travaux personnels tout en restant danseur chambre, Enfin, il est une autre catégorie de malades qui,

ou trop inconscientes ou trop affaiblies physiquement, aident leurs hôtes à de menus travaux de ménage.

Pour se faire une idée exacte de ce que sont les occupations des malades, il faut envisager, Dun d’une part, et les annexes de l’autre ;

À Dun, on trouve plusieurs catégories :

19 des malades travaillant au compte de la colonie.

Le siège central en occupe à lui seul un grand nombre, à des travaux de couture, de jardinage, de propreté. Tous les objets d’habillement, à l’exception des bonnets, sont confectionnés, entretenus et raccommodés par les pensionnaires. De cette façon, on peut pourvoir à l'entretien du linge, des trousseaux des pensionnaires, au blanchissage, dans des conditions très économiques. On s’efforce d’occuper dans les ateliers du siège central, les malades dont l’état nécessite une surveillance plus active.

8b malades y travaillent actuellement, dont 68 femmes et 17 hommes.

Un tableau d’ensemble montrera mieux les divers emplois qu'ils remplissent.

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Nature des Occupations Hommes Femmes Total Ménage, cuisine, épluchage......... — 12 42 Vestiaire, couture................. — 40 40 Lingerie buandene 200.0 rer 2 45 47 Robure sn Mere ORNE NUE l — 1 PLATS ÉE pe ME AN Nestes LS Gr 1 — 1 DATA Se AA se dla ae nd paie 42 —— 42 Cordennene er ea ei 1 4 Entretien des bureaux......,,..... + : Me 4

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