BELGIQUE SYSTÈME BELGE
Depuis une époque très lointaine, la Belgique assiste des aliénés en placement familial. Gheel est la première colonie familiale connue dans le monde. C’est là que furent puisés les nombreux documents qui permirent d'étendre l'application de ce système à divers autres pays.
Il faut remonter vers la fin du vi siècle pour retrouver dans une légende religieuse l’origine de la colonie de Gheel. Là, se place le martyr de Sainte- Dymphne, fille d’un roi Irlandais, décapitée par son père à qui elle refusait une union incestueuse. Les uns disent qu’un aliéné témoin du supplice de Sainte-Dymphne récupéra subitement la raison ; pour les autres Sainte-Dymphne devint la patronne
Thèse Babé. 19
des fous parce qu’elle résistait à l’amour insensé de son père. Quoiqu'il en soit, l’église de Sainte- Dymphne, à Gheel, devint le lieu de pèlerinages très fréquentés. Peu à peu la coutume s'établit de placer chez l’habitant, d’un pèlermage à l’autre, les malades non guéris. C’est ainsi que cette population flamande prit l'habitude d’héberger des aliénés. Telle paraît être l’origine du mode d’assistance familiale qui s’est continué à Gheel depuis plusieurs siècles en subissant quelques modifications depuis qu’elle est soumise au contrôle administratif.
La colonie de Gheel située en pleine campine dans la province d'Anvers présentait pour l’administration belge un inconvénient sérieux : elle est située en pays flamand ; sauf dans la ville on ne parle pas le français et les habitudes, les mœurs, Je tempérament autant que a dangue ‘différent de ceux :des habitants du‘pays Wallon, de-sorte que:les ahénés du Efamaut, de Taège, de Namur, :d'une partie du Brabant se trouvaient ‘complètement dépaysés.
Ces considérations imposèrent la »création d'une colanie dans le pays Wallon. La commune :de Lierneux située dans la province de Liège,:dans les -Ardennes Belges, à une trentame de kalomètrés au-sud de Spa, fut choisie pour l'établissement de cette colomie qu'a été imaugurée le 49;avril 1884 et à reçu-la:consécration dégale-par un arrêté royal du 14 février 1885. La Belgique possède donc:actuellement ‘deux icolanies familiales : Gheel et Lierneux. Dans un court exposé,
nous allons essayer de dégager quels sont les prin-
cipaux points qui les caractérisent. .
1° Ce sont des colonies mixtes : hommes et femmes sont assistés dans les mêmes localités, mais placés chez des nourriciers différents, c’est-à-dire que les placements sont exclusivement masculins ou féminins.
29 La plupart des malades sont protégés par:la loi de 1850 sur les ahénés, révisée et complétée, devenue la loi de 1873-1874. Elle a beaucoup de points communs avec la loi française de 1838 ; quelques malades en placement libre ne sont pas soumis au régime légal.
30 Les-malades sont reçus directement, sans passer par un asile fermé.
4° En principe les aliénés traités à Gheel ou à
Lierneux sont divisés en deux groupes : a) les pensionnaires qui sont reçus chez les hôtes ; b) les indigents qui sont reçus chez des nourriciers. Hôtes «et nourriciers ne peuvent recevoir que deux :malades du même sexe. En pratique cette distinction entre Hôtes et Nourriciers a très peu d'importance. AI arrive souvent que la même famulle soigne un pensionnaire et un indigent.
Les pensionnaires dont le prix de pension est déterminé suivant un accord intervenu entre l’hôte et
a famille, sont soumis à une surveillance médicale et administrative et ils payent à l’administration, pour ce service, un certain pourcentage du montant de .la pension.
On distingue trois catégories parmi les indigents : les travailleurs, les non-travailleurs propres, les gâteux. Pour les travailleurs, le nourricier touche une rétribution moins élevée que pour les autres. L’inconvénient de ce système est que le nourricier est enclin à croire qu’au moins une partie du travail de ce malade ne doit pas être rétribué.
Les frais d'entretien des indigents sont à la charge de l’état, de la province et du fonds commun de. cette province. Par exemple, pour un malade de la ville d'Anvers, l’état paie les 3 /8, la province d'Anvers le 1/8, le fonds commun de la province d’Anvers les 4/8 des frais d’entretien. Chaque province a son fonds commun qui est alimenté par toutes les communes de cette province.
Le nourricier doit fournir la chambre meublée, la nourriture. Les malades doivent prendre leurs repas à la table familiale. Le nourricier veille en outre à la propreté et à la sécurité de l’aliéné dont il est responsable.
Le règlement général, qui date de 1912, commun aux deux colonies dispose :
Article 223
« Chaque malade est placé sous la sufveillance directe de son nourricier. Celui-ci est responsable de tous les dommages ou dégats que son pensionnaire occasionnerait et que, par négligence, il n’aurait pas empêché. »
Dans la rue comme à la maison, les malades jouissent de leur liberté pleine et entière. Le travail
n’est nullement forcé mais les nourriciers les encouragent de leur mieux à participer à leurs travaux.
50 Chaque colonie possède une infirmerie partagée en deux divisions, l’une pour les femmes, l’autre pour les hommes. Elle sert à recevoir : les malades qui arrivent et sont mis en observation pendant quelques jours avant d’être placés dans les familles, ceux qui sont atteints d’affections intercurrentes graves pour lesquelles ils ne pourraient recevoir des soins chez les nourriciers, enfin ceux qui par leur insubordination, leur violence, leur excentricité, se sont révélés inaptes à bénéficier du placement familial.
Il mérite d’être signalé qu'à Lierneux, plusieurs pavillons ont été édifiés autour de l’infirmerie, les locaux jouent le rôle d’asile fermé où sont internés les malades qui ne sont pas placés chez des nourriciers. Lierneux possède donc un caractère spécial : il est à la fois asile et colomie.
60 Ces institutions sont gérées par un médecin dircteur, assisté de plusieurs médecins adjoints. Tous résident au centre même de la colonie où ils sont logés. Ce sont eux qui assurent le service des annexes qui sont nombreuses, et le service de l’infirmerie, du laboratoire, de l’amphithéâtre.
70 La surveillance est exercée :
a) par le Directeur, le personnel médical, les infirmiers garde-sections, les nourriciers et autres habitants du pays.
b) Par la commission supérieure, composée du
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Gouverneur de: la Province; président, du: procureur du Roi de: l’arrondissement, du juge de paix: du canton, du- bourgmestre: de la commune; d’un médecin désigné par le gouvernement. Elle s’oceupe: de: toutes les questions: admimistratives:
c} Par un comité permanent d'inspection et de: surveillance composé: de: cinq membres nommés: par le ministère de la justice et ayant le:bourgmestre: pour président, chargé de: recevoir: et de: payer les: frais d'entretien et: de pension, de surveiller les: hôtes: et les: nourriciers et de: faire: exécuter: les: lois, arrêts etc.
Les colonies belges n’ont jamais cessé d’être: très prospères. La: colonie de Gheel, héberge actuellement (mars: 1932) 2063 indigents: et 777 pensionnaires. À Lierneux: sont abrités aw total: 520 indigents et 4% pensionnaires.
Pour terminer: il nous faut: dégager le: caractère essentiel du système belge : le plus grand nombre: des: malades sont placées directement x la ealonmie sans: passer par: un: asie, la: séleetiom est: de ce: fait: très pew sévère: :