‹ Les colonies françaises devant la Chambre des pairsChapitre 12 sur 36 · PO · texte numérisé non relu

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de lord Palmerston suffiraient pleinement pour indiquer quels sont actuellementles intérêts et les espérances des deux gouvernements. Ces paroles n’ont été l’objet d'aucune dénégation , n’ont soulevé aucune objection de la part du ministère auquel elles étaient adressées, ni de la part d'aucun membre de la chambre des communes,

C'est qu’en effet elles'présentaient le résumé succinet , Mais fidèle, de l’état actuel des négociations entre les deux gouvernements, relativement au droit de visite, Je reproduis ici, en la rendant plus précise encore, l’allégation que vient d'apporter à cette tribune l’honorable général Cubières. |

Consentez à quelques modifications dans le traité de 1831 et de 1833, dit notre cabinet au cabinet anglais. Emancipez d’abord les esclaves dans vos colonies, répond lord Aberdeen, et nous verrons ensuite. (Dénégations au banc des ministres.)

Aussitôt, dans l'attente d'un résultat incertain, insuffisant , impossible, notre ministère, qui, comme vous le savez, Messieurs, et je regrette de l'avoir à dire si souvent > est toujours empressé quand il s’agit de faire quelques concessions ou quelques avances à l'Angleterre ; aussitôt, dis-je » notre ministère nous apporte cette loi.

D. le ministre de la marine : Elle a été apportée l’année dernière. :

M. le prince de la Moskowa : La position, l'année dernière, étaitidentique. .… Et aussitôt, dis-je, le ministèrenous apporte cette loi, qui peut entraîner la ruine de nos colonies > en y précipitant, d’une manière intempestive , l'affranchissement des esclaves qui y sont employés à la culture.

Nos colonies étaient régies par une législation sage, prudente, philanthropique, en vue d’un affranchissement progressif, infaillible : cela ne suffit pas à la Grande-Bretagne, il faut que nous obtenions, que nous réalisions immédiatement , au risque de tout compromettre, de tout perdre, un résultat qui se serait produit sans se cousses, sans dangers, sans catastrophes, si nous avions eu la patience d’attendre quelques années encore.

C'est au prix de l'émancipation des noirs dans nos colonies que

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l'administration actuelle peut attendre quelques modifications dans les conventions de 1831 et de 1833.

Je regrette en vérité , Messieurs, d’avoir à vous signaler un pareil état de choses, car, je le déclare, je ne fais point ici un discours d'opposition, j'attaque la loi parce que je la crois funeste à nos colonies ; elle serait présentée par tout autre ministère que je l'attaquerais de même. Mais il est impossible que la chambre ne prenne pas en considération les circonstances particulières et les influences politiques sous l'empire desquelles aeulieu la présentation du projet actuellement en discussion.

Lorsqu’en 1833 on présentait une loi sur le régime législatif des colonies , M. le ministre de la marine disait : « Ce n’est rien moins qu’une charte que nous donnons aux colonies; c’est un contrat consenti à l'avance par toutes les parties qu’il oblige. »

Oh ! Messieurs, ce n’est plus avec cette bienveillance qu'on procède maintenant. Aujourd’hui tout est bien changé. Dans l'exposé des motifs du gouvernement à l'appui de la loi de 1844, je défie qu’on trouve un mot, un seul mot en faveur des colons; et pourtant M. le ministre de la marine n'ignore pas sans doute que leurs fortunes, leur existence, sont un peu intéressées dans la solution des questions sur lesquelles la loi prononce si résolument.

Non seulement le gouvernement ne se croit pas obligé d'accorder, dans les considérations générales qui précèdent la loi, un souvenir à des intérêts auxquels il fait, dans son premier projet ; comme par aoquit de conscience, une allusion dérisoire dans le paragraphe 7 de l’art. 3; mais il foule aux pieds, sans s’en inquiéter, Comme de vains préjugés sans doute, des droits respectables dont le gouvernement et les chambres s'étaient crus obligés jusqu’à présent en conscience de tenir très sérieusement compte.

Il me paraît bien nécessaire, Messieurs, que M. le ministre de la marine, que les personnes qui soutiendront son projet, s'il s'en présente dans cette enceinte, nous donnent les motifs de ce changement si complet entre la manière dont on procédait naguère et celle dont on procède aujourd'hui.

Je crois qu'il n’est pas hors de propos que je mette en regard

de l'impartialité que le gouvernement avait prise en 1833 pour guide, les sentiments actuels du ministère qui se résument parfaitement par quelques mots du discours que M. le ministre de la marine a prononcé hier à cette tribune.

L'honorable M. de Mackau, en parlant des législations locales

instituées et fonctionnant dans nos colonies, s’est exprimé en ces

termes :

« Nous n'avons pas voulu cependant qu'on püût accuser le gouvernement d’une défiance invincible à l’égard des conseils coloniaux. »

(M. le ministre de la marine fait un geste d’assentiment. )

Ainsi, Messieurs, le gouvernement ne croit nécessaire de se défendre que d’un fait : c’est d’une défiance invincible; une défiance raisonnable lui paraît toute naturelle et légitime. Il justifiera, je le suppose, cette opinion si défavorable pour les chambres coloniales par quelques faits concluants. En attendant, je ne saurais m'empêcher, Messieurs, encore une fois, de vous prier de comparer le langage de l'administration actuelle avec les errements suivis par le gouvernement en 1833.

Il est plus que superflu, Messieurs, de vous faire remarquer, d’ailleurs, que le manifeste du ministère contre nos colonies ne se produit pas, comme laloi de 1833, sous le patronage des citoyens français qui les habitent, et vous ne vous attendez pas à ce qu'il se recommande davantage de l'approbation des législatures locales.

Donc dans ce jugement partial rendu contre nos colonies, condamnées malgré leurs protestations, un seul intérêt trouve de l’écho, une seule classe excite les sympathies du ministère, et ce n’est pas à coup sûr de cette loi que le gouvernement pourra dire, comme de la législation de 1833 : C’est un contrat consenti à l'avance par toutes les parties qu’il oblige.

- Il était question en 1833 de régler la condition des affranchis et des législatures locales; il s’agit aujourd'hui d’une matière bien autrement importante : de prononcer sur le sort des esclaves et des maîtres et de régler Jeur situation respective d'une manière

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