‹ Les colonies françaises devant la Chambre des pairsChapitre 22 sur 36 · DT · texte numérisé non relu

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Saint-Esprit s'est chargé de le défendre dans Ja lettre “suivante, adressée aux journaux catholiques :

« En lisant l'éloquent discours prononcé à la chambre des pairs le 7 avril dernier par M. le comte de Montalembert, notre admiration pour le beau talent que ce noble pair consacre si généreusement à la défense de tous les intérêts religieux a été tout à coup contristée par plusieurs assertions inexactes contenues dans ce discours, et que notre conscience, la vérité et la justice, nous font un devoir de rectifier. Nous sommes convaincus que, loin de s’offenser de nos réclamations, M. de Montalembert nous en saura gré lui-même. Il ne veut que la vérité, il n’a écouté à la tribune que sa conviction; mais ses renseignements sont inexacts et son cœur même l’a trompé : car nous ne pouvons attribuer qu'à son zèle pour la moralisation religieuse des esclaves ce qu'il a dit d’exagéré touchant la prétendue supériorité de l'action dès missionnaires protestants sur celle des missionnaires catholiques dans les colonies. Le triomphe que cette parole à causé dans toute la presse anti-catholique et la peine profonde qu'en ont ressentie tous les catholiques sincères ont dà faire craindre au noble pair de n'avoir pas été heureux dans le choix qu’il a fait entre les opinions contradictoires qui règnent à ce sujet, comme il l'avoue lui-même.

» IL est facile de voir que M. de Montalembert a bien plus écouté son louable amour pour le bien-être des esclaves qu'il n'a cherché à s'expliquer la différence qu'il croit voir entre la moralisation des colonies anglaises et celle des colonies françaises. Peut-on appeler . moralisation le résultat de l’enseignement d’une doctrine que M. de

Montalembert lui-même reconnaît insuffisante pour réprimer les passions mauvaises et porter efficacement à la pratique des vertus. Le noble pair n'a pas tenu compte non plus des immenses ressources que la propagande de Londres met aux mains de ses miIssionnaires. Tout le monde sait que ce n’est qu'à leurs largesses que les missionnaires protestants doiventle plus grand nombre de leurs prosélytes ; il est bien permis de suspecter la solidité d’une moralisation produite par de tels moyens.

» Nous prions aussi M. de Montalembert de consulter des rensci-

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gnements plus fidèles touchant les dispositions du clergé des colonies, et il se reprochera d'avoir pu faire soupçonner nos missionnaires d'être opposés à l'émancipation des esclaves. La bonne intelligence de ces prêtres avec les colons ne peut prouver qu’une chose : c’est qu'ils sont persuadés que le bien s’opère par les votes de douceur et de prudence bien plus sûrement que par les moyens violents. Cette prudence a déjà eu des résultats bien favorables à l'émancipation, puisque les colons, qui d’abord s'étaient opposés à l'instruction de leurs esclaves, s’y prêtent maintenant volontiers. Ce soupçon de favoriser la perpétuité de l'esclavage affligerait trop les cœurs de nos missionnaires pour que notre devoir ne nous oblige pas de l’écarter.

» Le rapport d’un seul gouverneur d’une colonie est-il suffisant pour qu’on puisse justement qualifier de tiède le clergé de toutes les colonies? Nous, que notre position met en rapport avec chaque localité de toutes les colonies, nous devons à la vérité de déclarer hautement que la généralité du clergé colonial honore la religion et l'Eglise par sa vertu et son zèle vraiment catholiques.

» Nous croyons, avec le noble pair, que ce clergé n’a pas été jusqu'ici en position de produire toute la somme de bien-être désirable, qu’une nouvelle organisation de ce clergé est nécessaire ; nous le sentons mieux que personne, et c’est là que tendent depuis longtemps nos vœux et nos efforts. Nous sommes heureux d'annoncer que, sous ce rapport, les choses sont plus avancées que ne le croit M. de Montalembert. Un projet de réorganisation spirituelle des colonies, qui établit ce clergé dans les conditions voulues pour y faire tout le bien qu'on peut désirer, est fait. Ce projet, goûté de MM. les délégués des colonies, Mgr le nonçe, plusieurs évêques et ecclésiastiques distingués, a été accueilli favorablement par M. le ministre. Nous avons l'assurance de tous les moyens nêécessaires pour le mettre à exécution dès qu'il sera approuvé, et cette approbation n’a été différée que parce que le gouvernement n’a rien voulu préjuger sur la question des colonies avant la discussion du projet de loi présenté à la chambre des pairs.»

Je me joindrai à M. le supérieur du séminaire du Saint-

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