‹ Les colonies françaises devant la Chambre des pairsChapitre 24 sur 36 · HAUTS · texte numérisé non relu

HAUTS

Londres se sont érigés en inquisiteurs, à l'égard des colons et de l'autorité, pour tout ce qui se rattache à la condition des nouveaux libres. Les colons leur paraissent trop exigeants ; la loi trop sévère ; l'autorité trop indolente; c’est ce qu'ils disent aux affranchis, et ce qui explique peut-être l'impunité qui suit la plus grande partie des délits. Qu’arrive-t-il aussi? ces faits sont dignes de remarque : c’est que le refus de travail de la part des laboureurs à presque toujours lieu le lundi, sous les impressions du prêche de la veille (1).

Ce qui est vrai à la Guyane anglaïse est vrai dans les autres colonies , et surtout à la Jamaïque.

J'invoque encore ici le témoignage de M. le capitaine de vaisseau Layrle :

Malheureusement une classe puissante s’est interposée entre les noirs et les anciens maîtres; je veux parler des missionnaires baptistes : en opposition avec le peuvoir, en opposition avec les planteurs , ces ministres de la religion se sont servis de leur ascendant sur les congrégations qu'ils dirigent ; ils ont égaré les noirs, en ne leur faisant voir de la liberté que le droit qu’ils ont de refuser le travail. Cet état de choses est d'autant plus grave qu'il est sans remède.

M. le comte de Montalembert ne comprend pas comment on à osé reprocher leur domination et leur égoïsme à ces missionnaires.

Après avoir lu le rapport de M. le capitaine de vaisseau Layrle, on jugera si ces reproches sont fondés.

Au milieu de l'intérêt que les missionnaires anabaptistes affectent de porter à la classe des affranchis , ils n'oublient pas le leur. Ils ont érigé, avec la bourse des nègres, de beaux temples, de belles

écoles et surtout de belles maisons pour leur usage; ils exploitent la crédulité de leur congrégation ; ils ont renouvelé de nos jours

(1) 4° Publication, p. :61 et suivantes.

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