DR: RUE
a vente des indulgences , et il n’est pas un noir qui ne s’empressé de porter son shelling pour obtenir le billet (sur lequel est écrit un précepte de l'Évangile), billet qui doit leur ouvrir les portes du ciel. Aussi voit-On les missionnaires anabaptistes entourés de tout ce que le luxe peut offrir d’agréable; dans quelques localités ils sont devenus propriétaires. C’est en pressurant des populations dont ils se disent les amis et les protecteurs qu'ils s’enrichissent et qu'ils s'élèvent sur les dépouilles de la Jamaïque expirante (1).
Tels ont été, avant et depuis l'émancipation, les missionnaires protestants, et en vérité je ne voudrais pas, quoique moins bon catholique que M. le comte de Montalembert, m’associer à lui pour les exalter aux dépens de notre clergé.
Encore moins voudrais-je les lui présenter comme modèles !
Si l'instruction religieuse des noirs dans nos colonies n'est pas ce que M. le comte de Montalembert désirerait qu'elle fût, la faute en est principalement aux colons.
C’est, suivant lui, le troisième ordre de coupables. Aux témoignages qu'il invoque j’opposerai d’autres témoignages que je puiserai comme lui dans les documents officiels publiés par M. le ministre de la marine et des colonies.
Mais je m’expliquerai tout d’abord, au nom des colons, avec une entière franchise.
Quelle sera la mission du clergé dans les colonies ?
Entend-on que le clergé, au lieu de prècher aux maitres et aux esclaves les devoirs de leur position, la bienveillance aux maîtres, la soumission aux esclaves, prêchera aux esclaves l’insubordination ?
Entend-on que le clergé, dans la chaire, dans le confessionnal, travaillera à miner l'autorité des maîtres?
(1) Rapport du 1:r juillet 4840, 4 publication du ministre de la marine, p. 80 et 81.