UN VAR
Non. Le Code civil et l'ordonnance de 1828 lavaient défendu sous peine d'amende.
Et le projet de loi , que prétend-il faire?
Légaliser un état de choses que les noirs doivent à
l'intelligence et à l'humanité des maîtres.
Comment donc M. H. Passy les accuse-t-il de fermer aux noirs la carrière des progrès et de la civilisation?
Quoique M. H. Passy ait refusé jusqu’à présent de reconnaître que les noirs sont contents de leur situation , et qu'ils doivent cette situation heureuse à l'humanité de leurs maîtres; quoiqu'il ait résisté aux documents officiels, aux témoignages des gouverneurs et des procureurs généraux de nos colonies, du gouvernement, de la commission, de la Chambre des pairs, de M. le duc de Broglie lui-même...,
Je ne désespère pas cependant de le voir enfin se convertir.
Je n’ai pas la présomption d'entreprendre une conversion aussi difficile. | - J'en chargerai un membre de la société française pour l'abolition de l’esclavage, société dont M. H. “Rassy est vice-président..…, M. Schœælcher.
M. Schælcher a visité récemment les colonies françaises, auxquelles M. H. Passy à fait, il y a tantôt trente ans, une courte apparition.
M. H. Passy apprendra de M. Schælcher les changements profonds, les améliorations nombreuses que trente années ont apportés dans les sociétés coloniales.
M. H. Passy juge nos colonies sur de vieux souvenirs, entretenus par des lectures du code noir, |
M. H. Passy apprendra de M. Schælcher ee que nos colonies étaient hier, ce qu’elles sont aujourd'hui.
M. Schælcher a dédié son livre sur les colonies françaises aux colons.
-. site Purée ‘à thon SE à dit:
au JD Dans sa dédicace il leur dit :
Vous êtes maîtres, il n’y a que cela de mauvais en vous (1).
Et plus loin :
Le principe ! là est tout le crime nommé esclavage,
Toutefois M. Schœælcher déclare
Qu'il ne se lassera pas de rendre justice à la bienveillance , à l'humanité des propriétaires coloniaux (2).
Et, à mon tour, je dois cette justice à M. Schœlcher qu’il à tenu parole. |
Un fait général qui plaide en faveur des maîtres, c’est la parfaite sécurité où ils vivent sur les habitations ; isolés au haut de leurs mornes , au milieu des forêts , ils dorment fort tranquillement dans leurs maisons à jour, de niveau avec les cases à nègres ; et notez que tous les nègres ont pris l'habitude de porter constamment avec eux, pour abattre les lianes ou se défendre des serpents, le coutelas propre à couper la canne ! si bien que dans cette île (la Martinique) où les maîtres disent tant de mal de leurs 80,000 esclaves , et où nous autres abolitionistes nous disons tant de mal des 9,000 maîtres, il n’est pas un esclave qui ne marche armé nuit et jour, et pasun maître qui le soit (3):
M. Schælcher constate que les maîtres respectent le
domicile des esclaves.
Plusieurs habitants ne nous ont mené dans les cases qu'avec discrétion, précisément parce que les noirs n’aiment pas que les blancs y pénètrent. « Zié béquéi boute dos negues. » Les yeux des blancs brûlent les nègres, dit un proverbe des colonies (4).
(1) Des colonies françaises, par Schæœlcher, 1843, p. 6: (2) Id., p. 22,
(3) Id., p. 19 et 20,
(1) Id., p. 4.