‹ Les colonies françaises devant la Chambre des pairsChapitre 28 sur 36 · SE PL RE RS · texte numérisé non relu

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ee M. Schælcher constate encore le respect des maitres | pour les propriétés des noirs :

“ie AE Ii y a des planteurs qui n’ont pas un des arbres fruitiers de leur : habitation, parce que la tradition établit que tél ou tel arbre appartient à tel ou tel nègre, et ils ont peu d'espoir d’en jouir ja- “ mais , car l’esclave, en mourant, lègue son arbre comme le reste, Les créoles touchent si peu aux singuliers droits de ce genre, : fondés chez eux, que nous vimes une dame renoncer aux fruits d’un avocatier planté devant sa porte. Le propriétaire, ou plutôt le possesseur de l’avocatier , homme un peu bizarre àla vérité, refusa nettement de lui en vendre. C’est un vieux esclave capricieux, du reste fort attaché à la dame, à laquelle il a promis en grande confidence de laisser tout son bien quand il mourrait.

Nous avons vu, au milieu des plantations , de gros manguiers qui nuisaient aux Cannes placées dans le rayon de leur ombrage. L'habitant les aurait abattus depuis long-temps , mais ils restaient debout parce qu’ils appartenaient à un esclave qui certes ne les avait pas vus naître. En parcourant une sucrerie du Robert (Mar-

« tinique), nous fûmes surpris de trouver dans un immense carré labouré deux pétites taches en manioc.

Ce manioc, dit le propriétaire, M. Tiberge, appartient à mes nègres, qui l'ont planté à une époque où la pièce était abandonnée. Lorsque je voulus employer cette pièce, je demandai à acheter les récoltes qui me gênaient; les propriétaires eurent des prétentions exorbitantes. Je fis estimer par plusieurs de leurs camarades ; ils ne voulurent pas accéder davantage au prix fixé ; il me faudra donc attendre six mois que ce maudit manioc soit mûr (1).

Les esclaves ont plusieurs moyens d'augmenter leurs profits ; ils élèvent des volailles, des porcs, des vaches, et même des chevaux. Chez M. Douville (Sainte-Anne, Guadeloupe), il y a un troupeau de cent têtes de moutons appartenant à six nègres. Chacun y apporte le sien, et M. Douville, afin de les aider , leur donne

(1) Des colonies françaises , par Schœlcher, 1843, p. 9 et 10, .

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