‹ Les colonies françaises devant la Chambre des pairsChapitre 4 sur 36 · PIERRE PR EE · texte numérisé non relu

PIERRE PR EE

si attribue la jouissance des droits politiques à tous les affranchis, quelle que soit leur couleur.

Cette sage loi, dit-il, a produit au sein des colonies un effet funeste : elle y a été un élément de désordre, une torche jetée au milieu de ce vieux et fragile monument, je le reconnais moi-même.

Autrefois il existait entre les affranchis et leurs anciens maîtres des liens de bienveillance et d’amitié qui rappelaient jusqu’à un certain point les relations des patrons et des clients chez les Romains. Aujourd'hui rien de pareil : clients et patrons se détestent, se méprisent, et cherchent continuellement à se nuire les uns aux autres,

Selon l'instinct des races long-temps déchues, les affranchis aspirent aujourd'hui, non plus à légalité, mais à la domination ; et ce conflit perpétuel menace de tout perdre. :

L’ordonnance du 5 janvier 1840 sur le patronage a eu des conséquences graves.

Il ne faut pas se dissimuler qu'il y a ‘dans l'attribution donnée aux juges ordinaires de visiter les habitations une atteinte directe au pouvoir des maîtres, quelque chose qui ne peut se passer sans exciter des désordres. :

Concevez-vous un procureur du roi entrant dans une habitation , sommant le maître de faire comparaître l'atelier devant lui, et allant à chaque esclave lui demander s’il est content de son maître, si ce maître le nourrit bien, s’il le vêtit bien, s’il l’abrite convenablement, s'il ne le maltraite pas, s’il n’a pas excédé le droit qu’il possède de le châtier ?

Il y avait là, il faut le répéter, une violation ouverte du droit des maîtres.

La hiérarchie entre le maître et l’esclave a été brisée par l'ordonnance du 5 janvier 1840. ;

M. le comte Beugnot cite un grand nombre d'exemples

Page 1