ORGANISATION ADMINISTRATIVE
Le général Gallieni avait à son arrivée constitué en une a administration centrale » le 3e bureau de son état-major. L'importance de plus en plus grande des affaires civiles l'amena à constituer en novembre 1892 un « bureau des affaires civiles, politiques et commerciales» qui devint enfin par décision du 4 janvier 1899 1a
« direction des affaires civiles ». Elle est divisée en cinq bureaux : administration générale, personnel et archives, colonisation, comptabilité, affaires indigènes. La colonie possède un conseil d'administration créé par décret du 3 août 1896 et placé auprès du gouverneur à titre consultatif.
Des décrets et arrêtés ont successivement oi^ganisé les divers services delà colonie, la direction du contrôle financier, le service judiciaire et la justice indigène, le trésor, les postes et télégraphes, les travaux publics, les domaines, les douanes, etc.
L'organisation de l'administration provinciale s'inspirait de deux principes : \°\s. politique de races, c'est-à-dire la destruction de l'hégémonie hova et l'émancipation des peuplades autochtones, et 2° Ja décentralisation administrative et financière imposée par la difficulté des communications. Quant à la politique de races, les chefs de province devaient étudier de très près toutes les peuplades placées sous leur direction et procéder à l'organisation de chaque tribu : cette œuvre était accomplie dès 1897, les gouverneurs et les autorités hovas furent peu à peu renvoyés en Imérina et les Ho vas ne formèrent plus qu'une peuplade isolée au milieu des autres peuplades de l'île, administrées comme ces dernières par des chefs de leur race sous la direction et le contrôle des autorités françaises. Quant à la décentralisation, elle était rendue nécessaire par la difficulté des communications avec Tananarive : sous la direction du secrétariat général, les résidents et administrateurs étaient libres de s'arrêter aux moyens qui leur paraîtraient les meilleurs pour organiser leur circonscription; tout en se conformant aux idées générales qui leur étaient indiquées pour l'application de la politique de races et la continuation de la pénétration, ils avaient pour mission de préparer eux-mêmes les divers règlements à mettre en vigueur dans leurs provinces et notamment l'établissement d'un système d'impôts basé sur les anciennes coutumes locales, enfin la responsabilité personnelle était établie à tous les degrés de la hiérarchie.
Le régime municipal avait été accordé aux anciennes colonies de Diégo-Suarez, Nossi-Bé et Sainte-Marie-de-Madagascar par le décret même, du 28 janvier 1896, qui les avait rattachées à Madagascar : leur administration communale est composée d'un administrateur colonial investi des fonctions de maire, et d'une commission municipale consultative nommée par le gouverneur général. Ce régime»a été étendu en octobre 1897 à Tananarive et à Majunga. Les tendances
drs commissions municipales à sortir de leurs attributions consultatives el 1rs difficultés qui en résultent ont fait adopter pour Tananarive, Fianarantsoa et quelques autres centres un régime différent,
la création, non plus de communes, mais de centres autonomes devant recevoir une organisation municipale suffisamment étendue pour leur permettre de bénéficier de tous les avantages qui s'attachent à la personnalité civile, sous la direction exclusive d'un administrateur maire.