‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerce (volume 2)Chapitre 115 sur 163 · U LES VOIES DE COMMUNICATION · texte numérisé non relu

U LES VOIES DE COMMUNICATION

Le général Gallieni s'est préoccupé de l'établissement de voies de communication.

Deux grandes voies de pénétration iront de la côte vers l'imerina. L'une de Tamatave à Tananarive par Andevorante ; elle a été achevée en janvier 1901, grâce à l'emploi de 23.000 travailleurs : c'est

le dernier travail accompli sous le régime de la prestation. L'autre, construite par le capitaine Mauriès, va de Tananarive à Majung-a ; elle a été achevée à la même époque. Diverses autres routes seront tracées en territoires militaires.

Un chemin de fer va être établi de Tananarive à la mer. Après plusieurs années de missions et d'études le projet a été arrêté en, 1899-1900 et les travaux ont commencé en 1901 sous la direction du colonel du g-énie Roques. Il aura une longueur de 270 kil. et sera à voie d'un mètre. Il passera de l'Emyrne dans la plaine du Mangoro par la Sahanjonjona, franchira au col de Tangaina, près de Moramanga, la crête des Betsimisarakas, rejoindra la vallée de la Sahatandra et de la Vohitra dont elle suivra la rive droite jusqu'à Aniverano, terminus de la navigation de la Vohitra : les transports à partir de ce point seront assurés par une voie navigable empruntant la Vohitra et le canal percé à travers les lagunes dites Pangalanes jusqu'à Tamatave. Il est à présumer que la voie sera poussée plus tard d'Aniverano jusqu'à Tamatave sur une longueur de 106 kilom. afin d'éviter les ruptures de charg-e.

Le Parlement a autorisé la colonie de Madagascar à faire un emprunt pour construire ce chemin de fer et pour exécuter divers travaux publics, tels que la construction de la route de l'ouest, l'amélioration des ports de Tamatave et de Majunga, le développement du réseau télégraphique, l'établissement de phares et de balises, etc.

Malheureusement les travaux publics etla colonisation elle-même sont entravés à Madagascar par la difficulté de recrutement de la main-d'œuvre. Le Malgache n'est pas laborieux. Il a pu sous le régime des prestations construire les deux routes de l'est et de l'ouest. Mais depuis la suppression des prestations, au 1er janvier 1901, la question de la main-d'œuvre se pose à Madagascar avec une particulière gravité. Des négociations diplomatiques engagées avec le gouvernement anglais pour l'emploi de la main-d'œuvre hindoue n'ont pas abouti. Le g-ouvernement général a songé à la maind'œuvre javanaise, chinoise et japonaise et un premier convoi de travailleurs chinois a été amené dans la colonie en avril 1901. Lin des entrepreneurs du chemin de fer a fait une tentative avec la maind'œuvre italienne, mais les ouvriers qu'il avait amenés en 1901 se sont mis en grève et ont dû être rapatriés. Le général Gallieni a pris diverses mesures pour essayer de secouer l'apathie des Malgaches, Les Colonies, vol. I. 51

S( >l* QUATRIÈME PARTIE CHAPITRE VII

afin de trouver sur place la main-d'œuvre nécessaire aussi bien à l'administration qu'aux colons.

Un « Comité de Madagascar » s'est fondé à Paris en 1895 sous la présidence de M. J. Charles-Roux, ancien député, pour aider à la colonisation de la grande île en faisant connaître en France les ressources qu'elle offre et en provoquant un mouvement de colonisation française.

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