‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerce (volume 2)Chapitre 118 sur 163 · EXPÉDITION DE FRANCIS GARNIER ET TRAITE DE · texte numérisé non relu

EXPÉDITION DE FRANCIS GARNIER ET TRAITE DE

Au lendemain de la guerre franco-allemande, la France étak maîtresse de la Gochinchine et protectrice du Cambodge. La mission du Mé-Kong-, achevée sous la direction de Francis Garnier, avait prouvé que, dans l'état actuel du matériel de navigation fluviale, notre Gochinchine ne pouvait attendre du grand fleuve dont elle possédait les embouchures, le bienfait d'ouvrir une voie de commerce sûre et régulière vers la Chine. Déjà Garnier avait laissé entrevoir la valeur desdébouchés du Tonkin, pays peuplé, où le commerce de batellerie était déjàfort développé, dont le climat est beaucoup plus salubre que celui de la Gochinchine. Cette dernière considération, à laquelle on attachait une grande importance dans le monde des études maritimes, engageait les esprits à souhaiter l'extension de notre Indo-Chine vers le nord ; la mortalité de nos troupes d'infanterie de marine à Saïgon et dans les garnisons de l'intérieur était alors très considérable, faute de bonnes installations. Ne valait-il pas mieux se transporter vers un pays que les missionnaires et commerçants français vantaient beaucoup, dès cette époque, pour l'avantage de son hiver relativement sec et froid?

Parmi ces pionniers de la première heure de notre colonisation tonkinoise pétait un négociant habile et énergique, Jean Dupuis. Ayant eu l'occasion de nouer des relations, pour la vente d'armes et d'objets d'équipement avec les autorités militaires de la province du Yun-nan, il avait étudié la navigation du Song-Koï, souvent remonté par ses jonques, et s'était, dès lors, résolu à fonder, à Hanoï, un établissement de quelque valeur. C'était le contrôle expérimental des inductions deGar-

nier sur le rôle du Tonkin : c'était aussi la révélation de la richesse minière du Yun-nan, nouvel attrait, et nouvelle raison pour les Français de s'intéresser auxprovinces septentrionales de l'empire d'Annam. Occupation d'un pays plus salubre, d'un débouché el d'une \nie d'accès de l'empire chinois, d'un lleuve plus maniable que le Mé-Kong, tels se présentaient aux esprits les avantages d'une entreprise conseillée par Jean Dupuis et que l'amiral Dupré espérait mener à bonne lin, grâceà l'expérience particulière de Francis damier. L'empereur Tu-Duc était ou feignait d'être favorable à la mission dont le caractère pacifique et commercial tut nettement proclamé.

On sait l'hostilité de Nguyen-Tri-Phuong, la déclaration par i ramier de l'ouverture du fleuve Rouge aux navires de France et d'Espagne, la prise, de Hanoï par une poignée de Français, le massacre de damier dans une embuscade tendue par les « Pavillons noirs » chinois, complices des mandarins annamites. Ce dramatique incident eut en France un écho douloureux ; Oarnier était déjà populaire pour sa belle mission du Mé-Kong-, pour sa vaillance pendant la guerre franco-allemande. Mais l'opinion publique était encore mal éclairée sur les avantages vrais d'une occupation du Tonkin que l'on distinguait mal de la Cochinchine dont l'insalubrité était connue et même exagérée. Le ministère de Broglie, dont le chef était personnellement et dogmatiquement hostile aux oeuvres d'expansion coloniale, et que le souci d'une guerre européenne toujours imminente empêchait de détourner du territoire métropolitain une portion notable de notre armée à peine réorganisée, fit tout pour étouffer l'affaire et obtenir un règlement amiable. Ce règlement fut le traité du 15 mars 1874, dit traité Philastre, du nom de l'inspecteur des affaires indigènes qui eut la tâche désagréable et officiellement imposée de rétablir la paix atout prix, mais qu'on en a souvent rendu responsable sans aucune preuve de son initiative.

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Ce traité comprend en réalité deux conventions distinctes, l'une politique revêtue de la signature de l'amiral Dupré, l'autre commerciale que signa, quatre mois après, l'amiral Krantz. La convention politique avait pour principe évident la stricte limitation territoriale de nos anciens établissements de Gochinchine, ce qui, espérait-on, calmerait les susceptibilités de l'empire d'Annam, puis l'institution d'une sorte de protectorat qui ferait de ce même empire l'instrument de notre politique envers la Chine dont on voulait capter le commerce par le sud. Il v a, dans l'article 5, consacré à la fixation des frontières de notre colonie, une clause au moins faite pour surprendre, c'est celle qui mentionne le royaume de Cambodge comme état limitrophe au même titre souverain que le royaume d'Annam, sans aucune allusion à notre privilège de protectorat. Etait-ce pour montrer par prétention que l'Annam était aussi protégé que le Cambodge et dans la même condition de dépendance, ou pour cacher à Tu-Duc la portée rigoureuse de l'acte qu'il sigmait? Les deux hypothèses sont acceptables entre beaucoup que suscite la lecture de ce traité peu significatif et peut-être obscur à dessein. La promesse de protég-er l'empire d'Annam et celle de lui donner les moyens matériels de se défendre n'impliquaient point rigoureusement le « protectorat». Il y avait « paix, amitié et alliance », « perpétuelles », bien entendu. La France reconnaissait l'Annam a indépendant vis-à-vis de toute puissance étrangère » sans spécifier qu'il fût dépendant d'elle-même : les seuls termes qui ressemblent à une stipulation de ce g-enre, « En reconnaissance de cette protection », sont enchâssés dans un article (art. 3) où le roi d'Annam s'engage bien « à conformer sa politique extérieure à celle de la France », mais déclare « ne rien changer à ses relations diplomatiques actuelles », mots qui peuvent être interprétés en faveur d'une continuation des rapports de vassalité avec la Chine.

Si ce vagïie protectorat, qu'on pouvait reconnaître ou nier à

volonté en commentant les mêmes termes, était conclu dans le dessein d'éviter à la France la charge de l'occupation territoriale, il faut avouer qu'il lui évitait du moins, avec une netleté presque suffisante, les avantages commerciaux : car « cet engagement (est-il dit dans l'article 3) politique ne s'étend pas aux traités de commerce. » Le roi d'Annam promettait bien de ne faire avec aucune puissance étrangère, sans avertir la France, « un traité de commerce en désaccord » avec le traité franco-annamite, clause bizarre et qui ne dut pas grandement émouvoir les concurrents étrangers quand ils prirent connaissance de la convention spécialement commerciale du 31 août

Cette seconde convention diffère de la première en ce que celle-ci ne nous concédait rien en termes catégoriques, tandis que la pièce annexe nous refuse tout sans ambiguïté, vu qu'elle accorde autant à toute autre puissance étrangère. Ce n'est pas au commerce français, mais « au commerce étranger sans distinction de pavillon ou de nationalité » que le roi d'Annam ouvre ses ports ; et nos négociateurs ont stipulé là comme ils auraient fait en Chine dix ans auparavant. Il en va de même du transit destiné à la province du Yun-nan ou en provenant. Signalons toutefois une habileté politique mêlée à cette générosité commerciale que Garnier ne prévoyait certainement pas en se sacrifiant : le « pavillon chinois » est assimilé aux « autres pavillons étrangers » ; encore la ruse indirecte de cette clause pouvait-elle être retournée contre nous si l'on faisait observer que cette mention spéciale prouvait précisément la condition privilégiée de la Chine en matière politique. Une dernière « annexe » déclarait la ville de Hanoï ouverte au « commerce étranger », et spécifiait que « les commerçants européens » paieraient l'impôt foncier.

La lecture de cet ensemble de traités aux formes solennelles et obscures rappelle à bien des égards les actes diplomatiques

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qui, en 1868, nous évincèrent de Madagascar en supprimant tout un passé de privilèges précis. C'est encore un traité de commerce conclu dans l'intérêt de l'Europe et non de la France ; pourtant l'époque n'était pas encore bien éloignée où nous avions fait une décisive expérience de la solidarité européenne. Et l'on s'étonnera, dix ans après, des progrès du commerce étranger au détriment du nôtre dans nos propres colonies, en particulier dans l'Indo-Chine !

Du moins, l'initiative des particuliers ne se laissait point décourager : nos intérêts commerciaux s'accroissaient au Tonkin,en dépit de l'insécurité du pays et du manque de protection de la métropole. Pourtant le gouvernement préparait l'avenir en organisant des missions géographiques dont l'œuvre fut très fructueuse, notamment celles de MM. Gouin et de Kergaradec. Peu à peu, par la presse, par les conférences des sociétés de géographie, on commençait à connaître en France ce pays jusque-là mystérieux du Tonkin que la mort héroïque de Garnier avait signalé à l'attention de ses compatriotes; et ce pays arrosé du sang de nos soldats éveillait graduellement la curiosité sympathique qui est une des formes du culte des morts glorieuses et lointaines.

l'expédition du tonkin et le traité de 1885

Le traité franco-annamite de 1874 fut, dans l'histoire de notre expansion indo-chinoise, ce que fut le traité franco-malgache de 1885 dans le cours de nos querelles avec le gouvernement hova, une « paix boiteuse et mal assise », une « trêve », la transition vers un conflit définitif. Il porta promptement ses fruits de discorde. Trois ans après sa conclusion, le roi d'An-

nanti procédai! à L'envoi de son tribut de suzeraineté à l'empereur de Chine : et, sous prétexte de remédier aux maux de la piraterie qui désolait le Tonkin, il fit à la fois appel à la France en vertu d'une clause du traité, et à la Chine, soit comme suzeraine de l'Annam,soit comme responsable des brigandages des « Pavillons Noirs » ; et la Chine, pour ne point demeurer en reste de subtilité, chassa bien ses « irréguliers » du Tonkin, mais les remplaça par des réguliers qui tinrent garnison. Enfin, en 1880, une seconde mission annamite alla, ostensiblement cette fois, porter à Pékin le tribut triennal et l'hommage traditionnel.

Le gouvernement français, averti avec une précision parfaite par M. Patenôtre, chargé d'affaires en Chine, connaissait jusqu'au détail des lettres de Tu-Duc à l'empereur, lettres d'ailleurs insérées dans la « Gazette de Pékin ». La situation de notre représentant était d'autant plus gênante que le gouvernement chinois n'avait point protesté contre le traité de 1874 dont communication lui avait été donnée. Il est vrai que les diplomates impériaux pouvaient, sans excès de subtilité apparente, prétendre que le texte était obscur et avait besoin de commentaires nombreux. En revanche, lorsque le marquis Tseng, passé maître dans l'art des absences opportunes et des habiles « lacunes d'instructions », apprit notre intention d'envisager « l'éventualité des opérations que nous pourrions être amenés à entreprendre au Tonkin », il affecta une stupéfaction qui dépassait trop manifestement la mesure des doutes diplomatiques.

Ce fut pour lui une simple entrée en matière destinée à rendre plus courtoises les demandes d'explications auxquelles il en vint bientôt. M. Barthélémy Saint-Hilaire répliqua d'abord avec une netteté purement défensive et conciliante que le Tonkin était une dépendance de l'Annam... et que « les intérêts européens en Annam étaient sous la protection de la France. »

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C'était tirer le meilleur parti possible du traité de 1874 sans rien faire qui ressemblât à une provocation (décembre 1880).

L'ambassadeur chinois commit la faute de brusquer les pourparlers en déclarant bientôt que son gouvernement ne reconnaissait pas le traité de 1874, ce qui était heureusement pour nous en souligner la portée, et qu'il voulait obtenir la promesse formelle de la France de ne point conquérir le Tonkin. Une lettre merveilleusement nette et fière (1er janvier 1882) de Gambetta repoussa les prétentions chinoises, en réduisant à sa juste valeur « l'intérêt historique » des relations de vassalité de l'Annam avac l'empire de Chine. Rivière reçut l'ordre de faire au Tonkin une véritable opération de police, et l'expresse recommandation d'éviter tout conflit avec les troupes régulières chinoises : il devait ag"ir « politiquement, pacifiquement, administrativement ». En lui adressant ces instructions dont l'effet n'était que trop facile à mesurer, M. Le Myre de Vilers, gouverneur de la Cochinchine, avait soin de sous-entendre, avec beaucoup de délicatesse, le cas de complications que sa propre expérience lui faisait prévoir (1).

La mort de Rivière, survenant dans les mêmes conditions qui avaient déterminé celle de Garnier, et presque au même endroit, révolta l'opinion française contre la duplicité chinoise dont l'insidieuse conduite du marquis Tseng- donnait déjà le soupçon fondé. Les débats qui eurent lieu, en juillet 1883, à la Chambre des députés et au Sénat, prouvèrent combien la doctrine d'une action énergique avait fait de progrès. M. Challemel-Lacour avait montré les dangers de l'irrésolution et opposait à la politique de M. de Rroglie, défenseur habile du traité de 1874, celle des situations nettes et des stipulations précises.

Le gouvernement, conformant d'ailleurs sa conduite aux

(I) Cf. annexes, p. 853.

principes désormais définis de ce traité, déclarait son dessein de se contenter d'un solide établissement « dans le delta » du fleuve Rouge, et, laissant la Chine à ses récriminations, frappait à Hué, manifestant par là son intention de ne s'en prendre qu'à son protégé, Hiep-Hoa, successeur de Tu-Duc. Le 2"> août 1883, après la prise des forts de Thuan-an, le roi d'Annam signait, cette fois, un acte de « reconnaissance pleine et entière du protectorat », et d'annexion du Bin-Thuan à la colonie française de Cochinchine. Le commissaire général français M. Harmand réservait habilement, pour une étude ultérieure, les questions de régime douanier et de contrôle intérieur (1).

La Chine avait été catégoriquement invitée à ne se point immiscer dans un débat qui ne regardait que la France et l'Annam, le protecteur et le protégé. Le marquis Tseng répondit à cette sommation en exigeant l'évacuation du Tonkin où l'empire chinois assumerait les charg-es de pacification et d'ouverture du fleuve Rouge en notre lieu et place (août 1883). Notre ministre des affaires étrangères, qui avait refusé d'approuver un projet de M. Bourée beaucoup trop avantageux pour la Chine, poussa l'esprit de conciliation jusqu'à offrir la constitution d'une zone neutre, d'une sorte d'état-tampon sur la frontière sino-tonkinoise. L'ambassadeur chinois réitéra, en termes moins courtois encore, sa demande d'évacuation du Tonkin.

Devant ce parti pris de provocation les Chambres françaises votèrent les crédits nécessaires à l'occupation des villes du delta, « notamment Sontay, Hong--hoa, et Bac-Ninh » ; et pourtant Jules Ferry, ministre des affaires étrangères, essaya encore d'éviter la rupture avec la Chine en représentant au gouvernement de Pékin la portée exacte de ces mesures de précaution et en faisant valoir de multiples raisons de bon voisinage. A

(1) Cf. annexes, p. 857.

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une lettre comminatoire du marquis Tseng qui laissait entendre que les troupes chinoises du Tonkin opposeraient « la force à la force », il donnait l'excuse de quelque « faute de traduction » pour éviter un éclat : l'ambassadeur proposait alors d'établir une ligne de démarcation entre les armées des deux pays présentes au Tonkin, puis retirait cette offre et en revenait aux menaces (26 novembre et 5 décembre 1883).

La séance du 20 décembre delà Chambre des députés donna à Jules Ferry l'occasion de résumer avec éloquence l'histoire de la question tonkinoise et indo-chinoise dans sa généralité, et de mettre l'étranger, averti de la sorte, en présence d'une manifestation de la solidarité coloniale française à travers les siècles. Les succès de l'amiral Courbet, des généraux Millot, Brière de l'Isleet Négrier, firent le reste. Le 11 mai 1884, après rappel du turbulent marquis Tseng, Li-Hong-Chang et le commandant Fournier signaient le traité de Tien-Tsin. Il stipulait l'évacuation du Tonkin parles troupes chinoises, la reconnaissance des conventions franco-annamites présentes ou futures; la France s'engageait à traiter la Chine avec égard aux yeux de ses anciens vassaux de l'Annam et à respecter, à protéger au besoin la frontière sino-tonkinoise.

Ces engagements furent tenus, en ce qui concernait nos rapports avec l'Annam, dans le nouveau traité de Hué, du G juin 1884, forme définitive de l'œuvre de pacification qui avait été si heureusement ébauchée par M. Harmand. On note avec plaisir, dans cette convention complexe mais claire, un progrès de notre diplomatie commerciale ; nous ne stipulons plus qu'en vue de l'intérêt français (1). Ce progrès de notre expansion indo-chinoise prenait une valeur nouvelle du fait de la révision du régime de protectorat cambodgien qui devenait plus caté-

(1) Cf. annexes, article 18, annonçant une réglementation ultérieure, p. 87ij.

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gorique, étendait nos avantages de contrôle public et de colonisation privée, enfin était mis en accord avec la condition nouvelle de l'Annam, de telle sorte que notre expansion indochinoise pouvait être servie partout par des procédés méthodiques (17 juin 1884).

Le guet-apens de Bac-Lé (23 juin), qu'il soit le résultat d'un malentendu, de l'initiative personnelle d'un chef chinois, ou le commencement d'une série voulue d'actes destinés à rompre la paix, remit tout en question. Un ultimatum fut adressé au gouvernement chinois; et en vue de hâter les effets de la bonne volonté que la Chine affectait, sans procéder à l'évacuation du Tonkin où bien au contraire elle envoyait des renforts, l'amiral Courbet prenait des gages en menaçant Formose, en détruisant une flotte et un arsenal chinois, en occupant les Pescadores et enfin en établissant le blocus du riz. Au Tonkin, les armées ennemies étaient graduellement refoulées avec des pertes considérables. Sous la pression de ces mesures coercitives, la Chine allait céder; les négociations, menées par sir J. Duncan-Campbell, agent de sir Robert Hart, dans un esprit conciliant, allaient aboutir quand se produisit le déplorable incident de Lang-Son, l'envoi hâtif d'une dépêche pessimiste du général Brière de l'Isle, la panique parlementaire prodigieuse à laquelle l'esprit de parti ne fut peut-être pas étranger (30 mars 1885). Jules Ferry qui pouvait, d'un mot, tout calmer en montrant la paix prochaine, aima mieux tomber du pouvoir, subir le premier et cruel assaut de ces calomnies dont il ne devait triompher que tardivement, que manquer à la discrétion diplomatique. Il servit mieux sa patrie que son parti, dans cette circonstance comme toujours : et ce sera le suprême honneur de sa vie de fierté et d'abnégation. La première convention de paix fut en effet signée le 4 avril, avant que le président de la République eût investi un nouveau ministère; et la dépêche de sir Robert Hart, qui annonçait

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