‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerce (volume 2)Chapitre 127 sur 163 · III.— LES AFFAIRES DU MÉKONG, DU SIAM ET DU LAOS · texte numérisé non relu

III.— LES AFFAIRES DU MÉKONG, DU SIAM ET DU LAOS

C'est le Ie' janvier 1886 que furent proclamées la déchéance deThebaw, le roi de Mandalav, et l'annexion par l'Angleterre de la Haute- Birmanie. Le 3 septembre 1883, l'Angleterre et le Siam avaient conclu une convention pour la police des territoires de Xieng-Maï, Lakon et Lampoonchi et le développement du commerce entre la Birmanie britannique et ces territoires. Le 14 juillet 1884 l'Angleterre avait conclu avec la France une convention par laquelle elle reconnaissait n'avoir aucun droit sur les Etats Shans et s'engageait à considérer tout le bassin du Mékhong comme faisant partie de l'influence française.

L'action résolue de l'Angleterre en Birmanie eut pour effet de rejeter vers l'est les visées du Siam. Un conseil secret du 20 septembre 1885 avait décidé l'envoi d'une expédition siamoise à Luang- Prabang, sous le prétexte de chasser les rebelles chinois, les Hôs. Notre ministre à Bangkok, M. de Kergaradec, informé en avril 1886, adressa immédiatement au gouvernement français une lettre rappelant les droits de l'Annam sur les Etats laotiens où était envoyée l'expédition et il faisait remarquer que le départ de l'expédition du Phra Hawaï coïncidait avec le retour d'un ingénieur anglais qui était allé dresser au Laos la carte des territoires réclamés par le Siam. Conformément à sa demande, le gouvernement envoya les colonnes Pernot et Oudry dans la rivière Noire et fit occuper les Sip song Chu Thaï et le plateau de Sonia.

Quelque temps après, le 7 mai 1886, M. de Kergaradec signait avec le Siam la convention suivante qui était valable pour sept ans et qui fut suivie de l'installation d'un vice-consul à Louang-Prabang (1) :

(1) De Pouvourville, Y Affaire de Siam, Chamuel ; E. Picanon, le Laos français, Challamel.

Les Colonies, vol. I. 57

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