‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerce (volume 2)Chapitre 131 sur 163 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

On voit combien grande et complexe est l'œuvre coloniale de la troisième République. Elle a reconstitué, au prix de sacrifices que le pays a consentis en vue de son relèvement, un véritable empire d'outre-mer ; elle l'a fait parce que c'est une tradition issue de l'instinct même du peuple maritime que nous sommes, mais aussi parce qu'elle voyait dans l'expansion coloniale le remède à la crise de resserrement de nos exportations sur les marchés d'Europe. Toutefois, il serait injuste de donner à l'enthousiasme, que doit exciter le spectacle de cette renaissance, la forme d'une sorte de dédain de nos « vieilles colonies » ; car elles furent les gardiennes de nos droits, de nos traditions, et maintinrent dans la communauté française le g"OÛt des entreprises et des aventures lointaines, l'amour du métier maritime, enfin l'espoir de réparer les malheurs de 1763 et de 1815. Sans la Réunion aurions-nous entretenu avec la même vivacité la tradition de notre rôle à Madagascar? Le Sénégal n'a-t-il pas été la merveilleuse école d'application des officiers qui, par la force et par la science, nous ont donné l'Afrique occidentale? Que dire de Terre-Neuve où se forment tant d'admirables serviteurs de notre marine ! Ne devons-nous pas aux Français des Antilles, comme à ceux de la Réunion,

la sauvegarde d'une longue expérience des cultures coloniales les plus difficiles. Ce sont les aînées de la famille d'outre-mer: et en cette qualité, elles ont parfois souffert sans murmurer des faveurs que l'on prodiguait à leurs dernières sœurs d'adoption.

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