‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerce (volume 2)Chapitre 23 sur 163 · REPRISE DE LEXPANSION EN AFRIQUE OCCIDENTALE IK · texte numérisé non relu

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à des hypothèses, à des inductions, qui seront le ferment des grands voyages de la seconde moitié du siècle ; et, si modestes «[n'aient été leurs acquisitions, on doit les saluer comme des initiateurs de science et d'expansion coloniale en Afrique.

La période comprise entre 1830 et 1848 fut marquée au Sénégal par les efforts des gouverneurs qui se succédèrent à Saint-Louis en vue de la mise en valeur des anciens territoires de la colonie et aussi de son expansion le long du fleuve ou sur les côtes voisines : à cette œuvre se dévouèrent en particulier le capitaine de vaisseau Brou, le commandant Renault de Saint-Germain, les capitaines de vaisseau Pujol, Charmasson, IVTontagniès de la Roque, enfin et surtout Bouët-Willaumez el Baudin qui, après avoir commandé la station navale, occupèrent les fonctions de gouverneur, le premier de février 1843 à décembre 184"), le second de décembre 1847 à août 1850.

La mesure qui encouragea nos gouverneurs du Sénégal à entreprendre cette double œuvre d'expansion fut l'ordonnance de réorganisation du 7 septembre 1840 ; il est intéressant d'observer avec quelle insistance ce document officiel recommande aux gouverneurs, tous issus de l'armée ou de la marine, les intérêts du commerce. Régularisation du négoce dans les postes du haut-fleuve, limitation de la culture aux plantes donnant des produits d'ores et déjà recherchés par l'industrie métropolitaine, surveillance rigoureuse dans l'attribution des primes de culture, tels furent les résultats de l'ordonnance. Ce fut en particulier un avantage précieux de ces dispositions nouvelles que la répression des sévices exercés par les Maures Trarzas et Braknas sous prétexte de s'assurer le plein bénéfice des coutumes. Leur révolte de 1832 avait été énergiquement châtiée ; et le traité du 4 septembre 183S nous avait permis d'imposer un chef de notre choix au Oualo. Après un nouveau soulèvement des Trarzas en 1840, notre expansion commerciale vers l'intérieur fut assurée par une série de stipulations avanta-

lieuses, traités relatifs à la sécurité du commerce, spécialement de la traite des gommes, le 11 octobre 1841, avec l'almamy du Foula, le 20 avril 1812, avec le chef de Podor et le roi des Braknas, le 2'.') avril de la même année avec le roi des Trarzas et le chef des Damanhour, etc., etc..

Nous avons essayé de déterminer ci-dessus les causes du médiocre souci qu'on eul à celle époque, dans les conseils du gouvernement, de préparer par des explorations le développement de notre colonie sénégalaise et de nos postes guinéens vers l'intérieur. Il faut pourtant marquer l'importance des deux missions dont les résultats ont été consignés par le commissaire de la marine, Raffenel. Les instructions données, en 1843, par Bouët-Willaumez aux membres de la mission, portaient qu'elle « devait étudier les moyens de multiplier nos relations «. politiques et commerciales, examiner avec soin les mines du « Bambouk et les procédés d'exploitation des indigènes, enfin « déterminer la position astronomique de divers lieux, et éta- « blir la carte de la Falémé. » Cette mission nous valut un utile traité d'amitié et de commerce avec l'almamy du Bondou qui s'engageait à diriger de préférence vers nos ports et postes fluviaux les caravanes de Mandingues et des Sarracolets. Le second voyage de Raffenel, entrepris en 1846, dans le but d'aller jusqu'au Nil par le Sokoto et le Soudan central, nous fît du moins connaître la géographie générale du Kaarta et l'importance des peuples Bambaras. Ainsi l'horizon de notre colonie du Sénégal vers le Soudan commençait à s'élargir, et la tradition se fondait dont Faidherbe devait être le plus illustre représentant.

Beaucoup plus timides étaient les tentatives faites pour donner à nos comptoirs des rivières du Sud et de la Guinée la garantie d'une possession territoriale de quelque étendue : du moins le nombre des jalons d'une colonisation ultérieure, que surent planter là nos marins, fut assez considérable pour nous

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constituer une sorte de privilège. Au souvenir des fréquentes visites de nos navigateurs normands dans ces parages où ils rivalisèrent avec les Portugais, on substitua des droits bien régulièrement acquis par traités sur remplacement des meilleurs ports. C'est, en Gasamance, la convention commerciale signée dès 1837 par le commandant de Corée, Dagorne; il y avait cession de terrain en échange de cadeaux en argent ou en nature au roi et aux chefs. Ainsi fut fondé notre comptoir de Sedhiou. Dans les rivières du Sud, Fleuriot de Langle en 1842, Baudin en 1845 surent lier à notre intérêt par des conventions fort habilement rédigées les chefs du Rio-Nunez et des Xalous; à la promesse de seconder notre action contre les négriers étaient joints des engagements politiques et commerciaux de liante portée. La besogne était plus facile, mais d'autant plus urgente sur la Côte d'Ivoire, que nos négociants s'y trouvaient déjà nombreux et riches; après des pourparlers et des conventions préparatoires, Bouët-Willaumez put signer, au cours de sa croisière de 1842, des traités définitifs. Le 0 février, le roi Péter nous cède Grand-Bassam ; le 4 juillet de l'année suivante, Assinie devient française, sauf ratification des chefs qui fut obtenue en 1844. Nombre d'autres rois et chefs de tribus se mirent sous notre protection. Le chef de notre station navale faisait preuve d'une perspicacité moins aiguisée quand il présageait, en 1847, les avantages que nous étions appelés à retirer de la fondation de la République de Libéria.

C'est le même officier, infatigable hydrographe des estuaires de l'Ouest africain, qui obtint, en 1839, du roi Denis la cession d'un terrain à l'embouchure du Gabon ; peut-être une note significative de l'amiral Linois, remontant à 1805, avait-elle attiré sur cette côte la vigilance de nos marins. Quoi qu'il en soit, un second traité, signé en 1843, nous fit cession sur la rive droite, propriété du roi Louis, d'un emplacement tout aussi avantageux : nous tenions les deux rives. Là encore plu-

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sieurs conventions passées avec des chefs secondaires étendaient nos droits à l'intérieur. Par ce réseau de postes possédés en toute propriété, et de territoires soumis à notre protectorat, m mis étions prêts à l'expansion vers l'intérieur lorsque les grands voyages scientifiques en auraient démontré la valeur. Les Fleurit »t de Langle, les Bouët-Willaumez, les Baudin ont préparé la tâche des Binger el des Brazza.

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