MADAGASCAR ET LES POSTES DE L OCEAN INDIEN
malgaches, des droits que nous n'aurions jamais <lù laisser en discussion; par là se rouvrait insensiblement la question que Farquhar avait cru clore en suscitant la royauté liova,et s'engageait, en dépit de la mollesse du gouvernement, une série nouvelle de revendications qui devaient aboutir à la reprise de notre ancienne colonie. De Tannée 1833, date la croisière de « la Nièvre » dans la baie si merveilleusement ramifiée de Diégo-Suarez, croisière entreprise sur ordre formel du ministre de la marine avec le dessein avoué de trouver une station de ravitaillement. L'annexion de Nossi-Bé et de Nossi-Gomba, en 1841, fut faite dans le même but: non seulement nous devenions maîtres de positions importantes, mais eu traitant avec les princes sakalaves qui consentaient ces cessions, nous adoptions une politique de protestation, bien timide, il est vrai, contre les empiétements liovas et nous donnions l'occasion d'intervenir au nom de protégés indigènes. Mayotte, en 1843, puis Nossi-Mitsiou, complétèrent ce groupe de sentinelles vigilantes qui nous permettaient d'attendre l'occasion favorable de reconquérir la grande terre : on ornait, d'ailleurs, cet ensemble de colonies du nom nouveau d' « établissements français du canal de Mozambique ». Etait-ce pour éviter tout ombrage à nos concurrents de Maurice? Etait-ce à seule fin de procéder à la solide occupation du canal de Mozambique, nous détournant de la politique de revendications indiennes pour amorcer notre expansion en Afrique orientale. On serait porté à le croire en considérant une série de faits, dont chacun isolé ne paraît point entraîner d'importantes conséquences, mais qui réunis sont significatifs, la signature d'un traité d'amitié et de commerce en IN H, à Zanzibar, avec le sultan de Maseate, l'envoi d'ambassades amicales et de nombreux explorateurs vers l'Ethiopie. Et en vérité, une politique plus nette et plus clairvoyante en Egypte entrendu ces avantages précieux puisque les Khédives visaient à suivre, sur la nie]' Rouge, une poli- Les Colonies, vol. I. I '■'<
tique conforme à la noire. Quelques hommes politiques français eurent sans doute alors le dessein de compenser la perte de l'Inde par une action plus énergique sur la face indienne du continent africain: nous verrons comment, dans la suite, furent trompées ces espérances.
A l'autre extrémité du monde indien et indo-chinois, le commandant Rigault de Genouilly avait été contraint de couler, en rade de Tourane, une escadrille annamite de cinq bâtiments qui avaient fait une manœuvre hostile contre deux bâtiments français, la Gloire et la Victorieuse.