‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerce (volume 2)Chapitre 3 sur 163 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

consenties à nos voisins et émules en Afrique. L'étude de l'influence exercée par notre politique économique sur notre politique coloniale est donc infiniment complexe et délicate, bien qu'elle soit incontestable.

Il nous a été impossible de nous renfermer rigoureusement dans les limites chronologiques du XIX siècle. L'an tSOO ne saurait avoir une signification essentielle, ni même importante, dans Y histoire des vicissitudes de notre empire colonial: et il n'est point de pire injustice que d'accuser les hommes politiques de la Révolution d'avoir subordonné leur conduite au mot célèbre et d'ailleurs dépourvu d'authenticité: « Périssent les colonies plutôt qu'un principe! » La plupart surent respecter, dans les traditions coloniales de l'ancienne monarchie, ce qu'il y avait de conforme au génie et à Vintérêt français. Nous avons donc été contraints démarquer révolution si curieuse des idées à la fui du XVIIIe siècle, pour introduire le lecteur à l'étude des événements d'outre-mer qui ne prennent tournure décisive que vers la paix d'Amiens.

Nous avons dû, pour nous conformer a un principe essentiel <lc la méthode historique, résumer le récit des faits contemporains qui sont présents à toutes les mémoires, et porter notre plus grand effort de documentation et de critique sur les périodes lointaines ou mal connues. On nous reprocherait avec justice de raconter les explorations d'un Brazza, les campagnes d'un Faidherbe ou d'un Gallieni, dont les moindres détails sont populaires ; nous avons fait œuvre plus utile, semble-t-il, et assurément plus nouvelle en ajoutant quelques traits à l'histoire coloniale du Directoire, du Consulat, du premier Empire, en montrant le mérite de la célèbre croisière de Dupetit-Thouars sur l'Océan Pacifique, en essayant de mettre en lumière les tentatives coloniales de Clauzel et de Bugeaud.

Si nous avons pu faire mieux connaître et plus aimer quelques épisodes de cette histoire de lu plus grande France et

6 UN SIÈCLE D'EXPANSION COLONIALE

quelques-uns de ses meilleurs artisans, nous le devons beaucoup à ^obligeance ou au savoir des nombreux amis des études coloniales. Aux archives du ministère des colonies, M. Tantôt, nidre collaborateur, nous a guidés et renseignés par son ingénieuse érudition autant que par son amicale courtoisie. Au ministère de la marine. M. Durassier a sa abréger et inspirer nos recherches. Qu'ils acceptent tous deux V hommage de notre sincère gratitude.

Nous n'oublions pas que nos prédécesseur s ,les auteurs des « Notices coloniales illustrées», publiées à l'occasion de V Exposition de 1889, nous ont frayé le chemin ; nous remplissons un agréable devoir de solidarité en rappelant leur utile et intéressant labeur. En abrégeant l'histoire des explorations africaines les plus récentes nous rendons implicitement hommage aux nombreux collaborateurs du « Bulletin du comité de l'Afrique française » ; ces scrupuleuses annales d'une partie notable de notre expansion n'ont besoin ni de refonte, ni de compléments, ni de commentaires ; et nous savons que leurs lecteurs seront aussi les nôtres. Le « Bulletin de la Société de géographie de Paris », devenu désormais une excellente revue d'information et de science, la « Géographie », les publications de la « Bibliothèque de l'Ecole libre des sciences politiques » ont aussi hâté et facilité notre labeur d'enquête.

L'un des deux auteurs de cette étude serait particulièrement ingrat s'il ne rappelait ce qu'il doit à nombre de' ses élèves et anciens élèves du cours de géographie coloniale de la Sorbonne. S'il eut plaisir à susciter parmi la jeunesse le goût d'études historiques et géographiques consacrées à la France d'outremer, il a été grandement récompensé par l'éclosion d'an grand nombre d'œuvres originales de ce genre sous forme de thèses de doctorat de diplôme d'études supérieures, de licence; mention fréquente sera faite de ces travaux d'érudition si réconfortants par leur caractère et leur valeur.

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