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L'ALGÉRIE — FIN DE LA CONQUÊTE — DÉBUTS DE LA MISE EN VALEUR

Quelles que fussent les idées personnelles de l'empereur en matière de colonisation, (ruelle que fût sa prédilection poulies entreprises dont on pouvait surtout attendre une expansion commerciale, son gouvernement était engagé d'honneur et par l'enchaînement même des faits à achever la conquête algérienne. (Test, en effet, sous le second empire que fut consommée cette œuvre essentielle de notre politique coloniale ; la marche de nos troupes vers le sud mit notre nouvelle colonie en contact avec les nomades du désert et les sédentaires de ses oasis, et posa la question saharienne après la question algérienne. Ce développement naturel des conséquences de la pacification est d'autant plus digne d'intérêt qu'àla même époque notre colonie du Sénégal gagnait, d'étape en étape, vers le Niger et le Soudan ; par l'Algérie et le Sénégal nos explorateurs tentèrent d'atteindre ces pays encore mystérieux et de légendaire renommée que la hardie traversée de Caillié avait fait connaître en quelques-uhs de leurs traits essentiels, que le savant voyage de Barth venait de révéler avec une merveilleuse précision. L'attrait de ces perspectives lointaines dut encourager l'empereur à mettre l'Algérie eu valeur par les moyens les plus prompts

d'y développer le commerce; et, pour cette raison comme pour d'autres, il réagit contre les maximes des Clauzel et des l>ngeaud.

Il fallait d'abord briser deux obstacles redoutables que la résistance indigène opposait à notre expansion. L'Algérie ne pouvait aspirer à un élargissement de son influence en Afrique tant que sa tranquillité intérieure serait menacée par l'attitude agressive des montagnards de la Kabylie et de l'Aurès, tant que les incursions des tribus sahariennes, ravitaillées parles oasis du sud, menaceraient les confins du pays sédentaire. A ces deux œuvres difficiles se consacrèrent les chefs de notre armée d'Afrique, déjà exercée, accoutumée à des procédés tout nouveaux de guerre et capable, grâce à ses corps spéciaux, cîe faire désormais la police de l'Algérie au désert comme dans la montagne. De 1849 à 1852, les montagnards delà Kabvlie et de l'Aurès furent en insurrection à peu près perpétuelle; c'est seulement au cours de la campagne de 1853 que la petite Kabvlie, soulevée par Bou-Baghla, fut soumise et désarmée. Il fallut encore quatre ans de guerre, l'effort de chefs comme ftandon, Mac-Mahon et Bourbaki [tour réduire la grande Kabvlie : la construction du « fort Napoléon » assura le maintien de l'influence française parmi ces belliqueuses tribus qui, dans la suite, fourniront à nos armées coloniales leurs meilleurs soldais.

Pour pacifier la région des plus riches oasis, celles du sudest, il était nécessaire de réduire les populations remuantes «lu sud constantinois, denses et attachées à leur fertile terroir; on n'y réussit qu'après la laborieuse campagne du général Pélissier contre Mohammed-ben- Abdallah en 1851. Avant même le succès de cette opération décisive la lutte contre les maîtres des oasis avait commencé, en 1849, par le meurtrier assaut de Zaatcha, au sud de Biskra. Dès lors, on peut, sans imprudence, lancer contre les oasis les plus peuplées de nos confins

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sahariens des colonnes légères ; en 18o2, Pélissier soumet le Mzab et occupe Laghouat; en IS.'ii, Touggourt, Ouargla et la région de l'Oued-R'ir reçoivent nos garnisons, aidées par les « gmim » de notre fidèle allié Si-Hamza. Notre Algérie a conquis ses grands-gardes du désert et menace, par son expansion dans l'Oued-R'ir, la route la plus fréquentée des caravanes allant de Tripoli au Soudan central ; l'exploration et la diplomatie vont compléter, chez les populations nomades du Sahara, l'œuvre accomplie par nos soldats dans les oasis de la lisière désertique.

Après la conquête, et au cours même des dernières guerres, le gouvernement impérial s'efforçait de développer la richesse de l'Algérie pour en assurer l'expansion. On ne s'étonnera pas qu'il ait employé, pour obtenir ce résultat, des moyens dérivés de sa politique essentiellement commerciale. Faire affluer les capitaux plutôt que les colons, favoriser l'action de grandes compagnies plutôt que l'effort des familles attirées de France, susciter une circulation intense des marchandises indifféremment étrangères ou nationales, telles semblent, avoir été les maximes de lEtat français à cette époque.

C'est à la suite du célèbre voyage de 1862 que l'empereur Napoléon III montra, fort habilement d'ailleurs, en témoignant par sa lettre du 6 février 1863 sa sympathique prédilection pour les indigènes, que la colonisation de mœurs et de race françaises ne devait point espérer son appui. Il définissait l'Algérie un « royaume arabe » et se déclarait « l'empereur des Arabes » aussi bien et à même titre que « l'empereur des Français ». Il y avait assurément, dans cette brusque sortie qui condamnait la politique de ses prédécesseurs, quelque chose de la vague et vaine philanthropie dans laquelle il se plaisait à rêver, mais encore et surtout une conviction de doctrinaire persuadé que la fécondation d'une colonie par des entreprises de banque, de grands travaux publics, d'actif négoce, est plus

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rapide et plus sûre que l'afflux des colons nationaux. Aussi, loin d'encourager les Français à se fixer sur le sol conquis, il s'appliqua, même à l'aide d'erreurs de fait qui inspirèrent ses lois, à serrer les mailles de la propriété indigène, en renforçant cette propriété, en l'inventant même à l'occasion. Le sénatusconsulte du 8 mai 1863, consacrant l'inaliénabilité de la terre arcli, repose sur une série d'erreurs volontaires ou involontaires touchant la condition de la société indigène. Les instructions données, par lettre impériale du 20 juin 1863, au maréchal de Mac-Mahon sont encore plus nettement restrictives de toute expansion notable de la colonisation française ; et elles montrent avec évidence que l'empereur attendait la prospérité de l'Algérie du travail indigène galvanisé par l'afflux des capitaux, organise dans les cadres de grandes compagnies.

Si les concessions gratuites d'étendue moyenne étaient supprimées par décret (1864), on fit des exceptions à cette règle en faveur de deux puissantes sociétés, celle de PHebra et de la Hacta, puis la Société générale algérienne, qui recevaient des terres en échange de travaux publics à exécuter à leurs frais. On peut dire que les diverses mesures, prises dans un même esprit, par le gouvernement impérial avaient arrêté, vers 1864, l'expansion si désirable de notre race en Algérie; l'arrêt voulu s'était nettement marqué.

Avant même l'adoption de la politique du «royaume arabe» l'empereur n'avait guère compris que la colonisation de peuplement pratiquée par l'intermédiaire de grandes compagnies. C'est ainsi qu'avait étéconstituée, au début de 1853, la « Compagnie Genevoise » qui avait obtenu un domaine de 20.000 hectares autour de Sétif, à charge de fonder des villages. Il y aurait quelque naïveté à s'étonner qu'un tel mécanisme ait donné de médiocres résultats de peuplement, que les rares colons dont la compagnie fit le recrutement, aient souffert de sentir leur liberté limitée par des expropriations hâtives et

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rigoureuses ; une compagnie financière ne peut se paver de philanthropie. Ce que l'on a quelque peine à comprendre c'est la persistance de la faveur impériale qui récompensa des échecs au lieu de mettre fin à une expérience dont le résultat ne pouvait être douteux.

Le régime douanier de l'Algérie fut, sauf vers la fin de l'empire, calculé de manière à ouvrir largement la colonie, comme sa métropole, au commerce étranger. Certes la condition faite au pays conquis par la Restauration et par le gouvernement de Juillet n'avait point été favorable au développement de sa production ; de 1830 à 1843, l'établissement de droits desortie sur tous les produits algériens attesta que les recettes de douanes étaient considérées comme un moyen de compenser aussi rapidement que possible les frais de la conquête. Si. à partir de 1843, les marchandises franeaisesimporléesen Algérie eurent pleine franchise, la douane continua à percevoir des droits sur les produits algériens à leur entrée en France. Il semble donc que la tache la plus pressante et lapins féconde devait consister dans la libération des denrées d'Algérie destinéesàla métropole el, d'une manière plus générale, dans la conclusion d'un pacte de réciprocité, liant de plus en plusétroitement la France et l'Algérie. La loi du 11 janvier 1851 parut d'abord modifier dans ce sens les relations douanières des deux pays ; elle stipula que « certains produits naturels et produits d'industrie » seraient admis en franchise à leur entrée dans la métropole : sous l'influence di1 ce régime les ventes de l'Algérie en France s'accrurent du simple au triple en trois ans. Mais la même loi favorisait les importations.étrangères par l'artifice d'une disposition dont les termes sont singulièrement vagues et compréhensifs : étaient « admis francs de droits en Algérie les produits étrangers nécessaires « aux constructions urbaines et rurales ». En outre les « fontes brutes, fris en barre, fers blancs, cuivres d'origines étrangères payaient la moitié seulement des droits exigés dans la métro-

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pôle ». L'Algérie nouait donc des liens d'intérêt plus étroits avec la France, mais presque aussi étroits avec les puissances étrangères. Le même esprit anime la loi douanière du 17 juillet 18(17 qui consacre bien l'union douanière entre lacolonie etsa métropole en proclamant la franchise des produits naturels ou fabriqués que l'on échangerait, mais qui réserve encore au négoce étranger un traitement singulièrement favorable : si les tissus, boissons, conserves de poissons d'origine non française acquittent à l'entrée de l'Algérie les mêmes droits qu'en France, les fontes, les fers en barres, les aciers en bancs, les plombs laminés, rails, outils, machines, ne payaient qu'un tiers des droits métropolitains. Aussi, bien que la loi de 1807 soit relativement restrictive et marque en quelque mesure une exception au régime inauguré parles traités de 1860, son effet immédiat et notable fut, comme on pouvait s'y attendre, un accroissement des importations anglaises dans celte colonie que, certes, l'Angleterre ne nous avait pas encouragés à acquérir.

Mais le dogme de l'entente cordiale et la nonchalance à en constater les effets fort visibles dominent toute la politique de ce temps. Comme au xvin" siècle les disciples français d'Adam Smith avaient oblitéré le sens colonial français en l'obscurcissant de doctrines représentatives du seul intérêt anglais, au xix" siècle nos admirateurs de Gobden conduisirent la politique coloniale de leur pays vers les perspectives purement commerciales. La tendance pouvait être bonne pour des colonies tropicales ; elle ne pouvait (pie l'aire tort à l'Algérie où la condition première du commerce est la présence d'une main-d'œuvre agricole énergique et savante que la métropole était capable de fournir en abondance. Bugeaud s'était trompé dans le choix du moment et des moyens, mais avait eu l'intuition générale du genre d'expansion qui convenait à l'Algérie ; le gouvernement impérial commit l'erreur de croire que dans toute colonie semence d'argent lève en prospérité commerciale

et que la prospérité commerciale doit être recherchée de préférence à toute autre.

Et celle erreur, il ne la commit point sous la pression d'une opinion publique impérieuse, mais à l'encontre du sentiment national que Prévost-Paradol exprimait si merveilleusement dans les dernières années de l'empire : « L'Afrique... ne doit « pas être pour nous un comptoir comme l'Inde, ni seulement un « camp et un champ d'exercice pour notre armée ; encore moins « un champ d'expériences pour nos philanthropes : c'est une « terre française qui doit être, le plus tôt possible, peuplée, <( possédée et cultivée par des Français, si nous voulons qu'elle « puisse, un jour, peser de notre côté dans l'arrangement des « affaires humaines. »

Désirer, comme ce fut le cas du gouvernement impérial, l'expansion surtout commerciale de l'Algérie', c'était s'engager à étudier les moyens d'attirer sur nos marchés du sud les caravanes du Soudan et de nouer des relations suivies avec les pays d'outre-Sahara. L'occupation des oasis nous mettait enfin en mesure de faire à cet égard une enquête efficace. Au reste, le projet de déterminer un courant commercial transsaharien avait été déjà soumis à notre gouvernement, avant même la conquête de l'Algérie. En 1791, au moment où Golberry préparait pour le ministre de la Luzerne un projet d'association africaine française imitée de celle de Londres, des renseignements avaient été demandés à nos consuls résidant en Afrique; au nombre des agents particulièrement informés qui se dévouèrent à cette enquête fut le vice-consul de France à Tripoli, Froment de la Garde dont le labeur remarquable fut résumé ensuite dans un « mémoire sur les itinéraires des marchands arabes ou soudanais à travers le Sahara ». L'idée fit si bien son chemin qu'en 1802 on imprimait à Paris les règlements d'une « Société de l'Afrique intérieure et des découvertes » dont le comité devait tenir ses séances à Marseille ; la tentative

échoua on raison du caractère toul autre des desseins coloniaux du Consulat et de l'Empire, et de la prépondérance de la politique continentale. Sous la Restauration et sous le gouvernement de Juillet nous prîmes surtoul intérêt aux pays africains où donne accès la vallée du Nil et à l'Ethiopie ; on sait les encouragements donnés par Méhémet-Ali aux remarqua! des explorateurs que furent Linant de Bellefonds, Arnaud, Sabatier et tant d'autres. Mais dès la première année de la conquête algérienne, nos ingénieurs escomptèrent l'importance de la nouvelle colonie considérée comme hase d'opérations commerciales au Soudan ; alors paraît le mémoire d'Augier la Sauzaye « sur la possibilité de mettre les établissements de la côte « septentrionale de l'Afrique en rapport avec ceux de la côte « occidentale, en leur donnant pour point de raccord la ville « centrale et commerciale de Tombouctou. » Il s'agissait donc seulement de réunir deux groupes de colonies françaises et non d'aborder le Soudan. Puis, à mesure que la conquête d'Algérie se développe et s'assure, à mesure aussi que les indigènes nous renseignent mieux sur les coutumes des caravanes venues du sud, le dessein de trafiquer à travers le désert s'étend aussi. En 1840, Sutil, ingénieur français, établi à Tourzouk, propose à Louis-Philippe « de détourner vers Gonstantine les caravanes " à destination de Tripoli et de l'Egypte ». Le roi n'était pas liomme à suivre avec ténacité des projets d'allure aussi aventureuse; on laissa passer l'occasion qui, d'ailleurs, ne pouvait èlre utilement saisie qu'après la prise de possession des oasis algériennes. C'était le temps des hésitations sur les méthodes de mise en valeur ; et l'opinion du gouvernement, comme l'opinion publique, était portée, non sans raison, en faveur de la colonisation agricole par peuplement français. Il ne semble pas que les hommes d'Etat de la République de 1848 se soienl laissé séduire par la curieuse étude que consacra, en 1849, !<' docteur Bodichon au « projet d'une exploration politique, corn-

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« merciale et scientifique d'Alger à Tombouctou par le Sahara ». L'auteur, philanthrope et patriote, prêche la « liberté du désert » àl'égal de relie de la mer, propose l'établissement d'un « droit public saharien », aussi nécessaire, à son avis, qu'un droit public maritime, et présage les grandes destinées de la France dans Y « Afrique intérieure ».

Ces lointaines perspectives, cet espoir de détourner vers l'Algérie un « courant commercial » de grande importance, s'accordaient pleinement avec la politique économique de l'empereur et de ses conseillers. L'afflux des marchandises du Soudan aiderait, par l'effet bienfaisant du transit, l'Algérie dans sou essor commercial. Au reste, les progrès simultanés des colonies de l'Algérie et du Sénégal vers le Soudan n'encourageaient-ils pas une telle espérance? C'était le temps de la marche victorieuse de Faidherbe vers le Niger; et au sud de l'Algérie nos explorateurs, dignes émules de Barthqui venait de révéler le Soudan central, prenaient contact avec les Touareg qu'ils croyaient gagnés à notre cause. Sans parler de l'héroïque traversée de Panet entre Saint-Louis du Sénégal et le Maroc, de fessai d'Ismaïl-bou-Derba pour détourner vers l'Algérie les caravanes du Maroc et de la Tripolitaine, le généreux Duvevrier nous apportait l'inattendue et décevante révélation de l'esprit chevaleresque des Touareg Azdjer; et son optimisme gagnait rapidement l'opinion. Un ami d'Ikhenoukhen, chef des Azdjer, Cheikh Othman, nous avait d'ailleurs été recommandé par Si-Hamza, notre fidèle allié, et nous avait avertis des menées anglaises qui avaient amené la récente occupation de Ghadamès par les Turcs ; or, en 1856-1857, le capitaine de Bonnemains avait été très favorablement accueilli par les notables de cette ville. Tout paraissait confirmer l'heureuse impression de Duvevrier, et reléguer au rang des incidents secondaires les hostilités auxquelles le commandant Colonieu et le lieutenant Barin s'étaient heurtés dans le Gourara. Le traité

de Ghadamès, signé en 1802, par le chef d'escadrons Mircher el le capitaine de Polignac avec les mandataires, autorisés ou non des Azdjer, fut une consécration diplomatique des longs efforts de nos explorateurs sahariens ; mais on en attendit vainement les effets, ou plutôt on dut reconnaître, longtemps après, qu'on s'était mépris sur l;i portée d'une semblable négociation.

Au reste la rapidité et la facilité relative de l'expansion de notre colonie du Sénégal vers le Soudan déterminaient une préférence de mieux en mieux marquée en faveurdela voiede pénétration que préconisait Faidherbe. Toute avancée des pionniers de notre vieille colonie vers le Niger faisait torl aux projets de voie transsaharienne ; il faudra la reconnaissance du Soudan central et l'annexion d'une de ses parties les plus riches à la France pour susciter une nouvelle campagne des partisans d'un chemin de fer menant d'Algérie au Soudan.

Ainsi le gouvernement du second empire, rompant avec les traditions de colonisation algérienne déjàéprouvées par vingl ans d'expérience, semble avoir médiocrement compris les conditions de peuplement et de mise en valeur de notre belle colonie. Sa politique, qu'on ne saurai! accuser d'avoir été incohérente. s'inspira de principes généraux et d'idées préconçues, appliqua un système ; on ne connaît pas encore unsuccès d'œuvre coloniale obtenu par ces moyens. La politique coloniale est, plus que toute autre, exclusive des doctrinaires, ou du moins devrai I l'être.

L'historien équitable ne peut, toutefois, manquer d'enregistrer, à l'honneur du second empire, des actes qui, accroissant notre prestige dans le bassin oriental de la Méditerranée, préparaient à la fois l'expansion de nos idées et de notre commerce parmi les musulmans, et le développement des colonies acquises dans l'Extrême-Orient. A ce titre l'intervention de J8G0-180J en Syrie, pour protéger les Maronites contre les Druses accrut notre influence en pays turc et lit revivre les

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droits précieux, si l'on sait s'en servir, qui nous constituenl puissance privilégiée dans le Levant. De même l'ouverture du canal de Sue/, le crédit qui en résulta pour nous en Egypte el le discrédit parallèle qu'entraîna pour les Anglais leur opposition acharnée, donnaient à notre politique maritime et coloniale de notables chances de succès; de sorte que si les décrets et les lois du second empire ont arrêté l'essor de notre colonie algérienne, certains actes de sa politique méditerranéenne étaient de nature à favoriser plus tard notre expansion. Ce n'est que justice de le dire.

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