‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerce (volume 2)Chapitre 64 sur 163 · LA POPULATION · texte numérisé non relu

LA POPULATION

Le recensement de 1896 a accusé pour l'Algérie une population totale de 4, -429,4:21 habitants et celui de 1901 une nouvelle augmentation de plus de 410,000 habitants.

Dans le chiffre de 1890, les indigènes entrent pour 3,764,071» (Tunisiens et Marocains non compris). Ce chiffre accuse une augmentation croissante de la population indigène, dont voici la progression exprimée en chiffres approximatifs :

(1) La propriété foncière en Algérie, par M. Laynaud, directeur des domaines à Alger, 1900, y.. 121 et suiv.

Ces derniers chiffres offrent une assez grande précision par suite de l'application de la loi du 23 mars 1882 constituant l'état civil des indigènes.

D'après ce même recensement de 1896 la population européenne s'élevait au chiffre de 665,772 âmes, dont 366,902 Français. Voici d'ailleurs un tableau de la progression de la population européenne en Algérie exprimée en chiffres approximatifs :

Français et naturalisés y compris les Israélites

Etrangers y coin pus les Tunisiens et Marocains

Populaliou comptée à part

Total

Le chiffre total des Français, y compris les Israélites indigènes et la partie française de l'armée, est donc de 437,000 âmes en réalité.

Si l'on compare par nationalités les résultats du dénombrement de 18U0, l'on obtient le tableau suivant :

Français (civils) 345,300

Israélites indigènes 53,100

Musulmans sujets français . . . 3,757,000

Tunisiens et Marocains .... 17,800

Espagnols 158,000

Italiens 35,500

Anglo-Maltais- 12,800

Allemands 3,300

Autres nationalités 10.100

On remarque que tandis que le chiffre de la population française et indigène augmente, celui de la population espagnole et italienne tend à descendre depuis 1801 : nous renvoyons pour l'anavse détaillée de ces faits démographiques à l'intéressante étude de MM. Mandeville et Démontés, publiée dans les Questions diplomatiques et coloniales, 1000. Avec ces auteurs nous concluions sur ce point : « Les Européens, tant Français qu'étrangers, s'accroissent

désormais dans la colonie de plus en plus régulièrement, de plus en plus vite. Mais les résultats apparents du dénombrement de 1896ne doivent pas nous faire illusion et nous faire croire que les Français ont définitivement distancé les étrangers, étant donné surtout la manière dont ces derniers sont répartis et groupés. Pour permettre aux Français de garder leur avance et d'assumer, dans la formation du peuple franco-algérien, la part légitimement prépondérante qui leur revient, la colonisation officielle, malgré les défauts qu'on lui reproche à juste titre, a toujours été nécessaire et le demeure encore à l'heure actuelle. »

Les naturalisations se sont élevées dans la période comprise entre le sénatus-consulte du 14 juillet 1865 et le 31 décembre 1899 au chiffre de 27,858, dont environ 8,000 Italiens, 8,000 Allemands et Alsaciens-Lorrains, 4,800 Espagnols, 1 ,300 Anglais et Anglo-Maltais, 1,000 Belges, 1,000 Suisses, etc. La loi du 26 juin 1889 a été déclarée applicable à l'Algérie et a créé ainsi une « naturalisation automatique » en déclarant Français tout individu né en Algérie d'un étranger qui lui-môme y est né, et les jeunes gens nés d'étrangers et qui domiciliés en France (ou en Algérie) à leur majorité ne déclinent pas la qualité de Français dans l'année qui suit leur majorité.

Il nous suffira de rappeler qu'en vertu des décrets de 1870 appelés « décrets Crémieux », les Israélites indigènes sont déclarés Français.

Citons encore sur cette question de la naturalisation qui a donné lieu à tant de discussions, la convention consulaire franco-espagnole relative au service militaire, d'après laquelle les jeunes Espagnols d'Algérie doivent satisfaire au recrutement soit d'après la loi espagnole, soit d'après la loi française et, en cas d'option pour celle-ci, peuvent réclamer de plein droit la naturalisation.

Quant aux indigènes nous devons signaler les efforts accomplis par quelques gouverneurs et quelques hommes d'Etat en vue de leur donner une situation morale meilleure : la création des médersas et des hôpitaux indigènes, les honneurs attribués au clergé musulman et aux grands chefs du Sud ont été la conséquence de ces efforts.

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