‹ Les colonies françaises: géographie, histoire, productions, administration et commerce (volume 2)Chapitre 87 sur 163 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

à 50 millions en 1897, à plus de 62 millions en 181)8, et à 73 millions 1 /2 en 1899. On craignait pour l'année 1900 une baisse due à l'épidémie de fièvre jaune qui a désolé Dakar et Saint-Louis de juillet à octobre 1900 et fait, surtout dans le corps d'officiers, de nombreux ravages. Le chiffre des affaires s'est cependant élevé à 79, 737, 000 francs. Les importations entrent dans ce chiffre pour 46,805,000 francs, dont plus de 31 millions de France ou des colonies françaises : elles consistent surtout en guinées, monnaies, ouvrages en métaux, riz, sucres, etc. Les exportations qui se sont considérablement élevées de 1899 à 1900 ont atteint près de 33 millions, dont 27 pour la France : dans le chiffre total, les arachides représentent plus de 24 millions et la gomme et le caoutchouc chacun 2 millions.

La Guinée française, grâce à une sage administration, a pris un développement rapide. En 1892 le total des affaires n'était que de 7 millions 12. Il s'est élevé successivement à 10 millions en 1894, à 10 millions 1/2 en 1896, à plus de 14 millions en 1897, à 16,800,000 francs en 1898 et à 24,900,000 francs en 1899. L'année 1900 a été signalée en Guinée par une crisedu caoutchouc. Néanmoins le chiffre des exportations s'est maintenu et celui des importations a baissé. Le total est inférieur à celui de 1899. Il n'a été que de 24,122,000 francs, dont 14,273.000 francs d'importations et 9,847,000 d'exportations : la France entre dans le premier chiffre pour 4,282,000 fr. et dans le second pour 1,035,000 francs. Les importations principales sont les tissus, les monnaies et les ouvrages en métaux. Quant aux exportations, le caoutchouc à lui seul représente 7,321,703 fr., les autres produits sont les bœufs, les amandes de palme, la gomme copal, etc. En somme cette jeune colonie est en voie de prospérité et le port de Konakry prend dans l'ouest africain une importance croissante.

Le commerce de la Côte d'Ivoire a été stationnaire jusqu'en 1896 où il n'était que de 9 millions. Il s'est ensuite relevé au fur et à mesure que la colonie s'organisait et a dépassé 12 millions en 1899. En 1900, il a été de plus de 17 millions, dont 9 millions d'importations et 8 d'exportations. La France entre dans ces chiffres pour 2 millions 1/2 et pour 1,736,000 francs. Les importations sont surtout les tissus et les boissons, et les expoi'tations, le caoutchouc, l'huile de palme et l'acajou. L'égalité douanière instituée par les clauses commerciales de la convention franco-angdaise de 1898 maintient

la supériorité du commerce allemand et anglais à la Cote d'Ivoire.

Le Dahomey se trouve par rapport à la convention de 1898 dans une situation identique. Son commerce qui était de 1 i millions en 1897 a atteint 25 millions en 1899 et près de 28 millions en 1900. Les importations représentent 15 millions, dont 3,280,000 de France et les exportations 13 millions, dont 8 millions pour la France. Les importations sont les boissons, les tissus, les monnaies et les tabacs, et les exportations, les amandes de palme, l'huile de palme, le caoutchouc et les colas.

Quant au Soudan français, une intéressante expérience de colonisation agricole et commerciale y avait été entreprise par le général de Trentinian, lieutenant- gouverneur, qui a fait établir par ses officiers, de 1898 à 1899, une série de notices qui constituent un véritable inventaire du Soudan (1). L'essor commercial du Soudan, cependant considérablement entravé par l'œuvre politique et militaire que devait accomplir le gouvernement du Soudan, s'accusait par la progression des statistiques commerciales qui donnaient pour total du commerce en 1896, 12 millions 1/2, dont plus de 10 millions d'importations (2) et en 1898, 11 millions 1/2, dont plus de 8 millions d'importations. En 1899 le chiffre total a approché de 15 millions, dont 10 millions 1 2 d'importations. Cet écart entre l'importation et l'exportation s'explique par l'impossibilité de contrôler l'exportation saharienne et nigérienne. L'exportation d'ailleurs suit une marche ascendante. Le morcellement du Soudan a fait entrer les territoires soudanais dans le mouvement commercial des colonies cùtières et l'expérience du général de Trentinian n'a pas été continuée.

Ce développement commercial de l'Ouest africain, déjà si rapide, sera encore accentué quand sera achevé le réseau de chemins de fer français de l'Afrique occidentale. Six lignes sont en exploitation, en construction ou en projet.

Au Sénégal, le chemin de fer de Dakar à Saint-Louis a été construit de 1882 à 1885 et est en pleine exploitation ; il a une longueur de 264 kilom. Un second projet, encore à l'étude, est celui du che-

(1) Publiées dans le Bulletin du Comité <h> l'Afrique française, 1896- 18!)!».

(2) Déduction l'aile des importations de l'Etat.

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min de fer du lïaol qui raccorderait le Sénégal au chemin de fer du Soudan.

Le chemin de fer du Soudan doit relier Kaycs, ancien chef-lieu de colonie el point d'atterrissage aux hautes eaux des bateaux du Sénégal, à Bammakoou plutôt à Toulimandio, point de départde la navigation du Niger. Voté en 1880, ses débuts furent assez difficiles. On n'atteignit Bafoulabé qu'en 1888, mais le tracé était si défectueux que l'artillerie de marine reçut la mission de le refaire. Les travaux ne reprirent une marche normale et rapide qu'à l'arrivée du génie qui reçut charge du chemin de fer en 1891. Les missions Marmier et Joffre étudièrent le tracé, conclurent -à l'adoption delà voie d'un mètre et les travaux furent activement poussés. Un emprunt autorisé en 1899 a permis de faire entrer les travaux dans la période active, et en 1900, sur les 470 kil. de la ligne totale, 2o0 environ étaient construits et exploités. Le programme d'avancement prévoit la fin des travaux pour 1904.

Le chemin de fer de la Guinée française (de Konakry au Niger) est en construction. Etudié par la mission Salesses en 1896-97-98, il est construit aux frais de la colonie de la Guinée qui a été autorisée par un décret en date du 14 août 1899 à emprunter à la Caisse des dépôts et consignations une somme de 8 millions. La ligne, actuellement construite sous la direction du capitaine du génie Salesses, aura G80 kil. et aboutira sur le Niger, à Kouroussa, par le Badi, le haut Koukouré et Banko ; un embranchement la reliera à Timbo. Elle a sur ses lignes concurrentes l'avantage de traverser des pays riches, de drainer le commerce du Fouta Diallon et d'amener directement au port de Konakry les produits du Soudan nigérien.

Le chemin de fer de la Côte d'Ivoire, qui doit aller du port à créer de Bingerville, le nouveau chef-lieu de la colonie, à la rivière Nzi par l'Attié et le Morénou a été étudié en 1898 et 1899 par la mission Houdaille et celui du Dahomey, qui ira de Kotonou à Atchéribé avec possibilité de prolongation vers Parakou, a été étudié en 1899 par la mission Guyon et concédé en août 1901 à une compagnie de construction et d'exploitation.

Ces projets sont d'autant plus intéressants que plusieurs voies ferrées anglaises sont en projet ou en cours d'exécution en Afrique occidentale : chemin de fer de Sierra-Leone vers le nord, avec enbranchement vers le Libéria, déjà construit jusqu'à Botofunk, chemin de fer de la Côte-d'Or vers les Achantis en construction,

chemin de fer en construction de Lagos vers Abéokuta et Ibadan. Les Allemands projettent également un chemin de fer dans l'arrière-pays du Togoland.

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