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CHAPITRE PREMIER

Historique et éphémérides.

L’île Sainte-Marie de Madagascar, appelée Nossi-Ibrahim par les Malgaches, est située par 17® latitude S. , et 47° 34' 30" longitude E. Un canal, large de 5 kilomètres dans sa partie la plus étroite, et de 8 kilomètres dans sa partie la plus large, la sépare de la côte orientale de Madagascar.

Les Notices du ministère de la marine et des colonies donnent les détails qui suivent sur l’origine de cette colonie.

Les premiers établissements français sur la côte orientale de Madagascar remontent à l’année 1644. Nous y avons possédé successivement : Port-Dauphin, Tamatave, Foulpointe, Tintingue, Sainte-Luce et Sainte-Marie.

La cession de Sainte-Marie a été faite à la Compagnie des Indes, en 1760, par Béti, fille de Ratzimilaho, souverain de l’île.

De 1667 à 1670, Port-Dauphin a été chef-lieu des possessions orientales de la Compagnie des Indes; mais, à la fin de 1671, presque tous les blancs ayant été massacrés par les naturels de Madagascar, ce poste fut abandonné.

Plus tard, vers 1786, nos possessions de la baie d’Antongil, Tintingue et Port-Choiseul entre autres, furent également délaissées, et, lorsque éclatèrent les guerres maritimes de l’empire, nous n’occupions plus à Madagascar que Tamatave et Foulpointe.

En 1811, ces derniers points tombèrent au pouvoir des Anglais, qui détruisirent les forts et abandonnèrent ensuite le pays aux indigènes.

En 1814, le traité de Paris rendit à la France ses anciens droits

ILE SAINTE-MARIE DE MADAGASCAR

sur Madagascar, et, en 1818 et 1819, le gouvernement français fit reprendre solennellement possession de Sainte-Marie, de Tintingue, de Fort-Dauphin, de Sainte-Luce, et plaça ces établissements sous l’autorité du gouverneur de l’île Bourbon (la Réunion).

La France, on le sait, n’avait à cette époque aucun port au delà du cap de Bonne-Espérance.

L’île Sainte -Marie fut présentée alors comme réunissant, par sa situation et la beauté de sa rade, les conditions voulues pour un établissement militaire et maritime. En conséquence, une expédition fut envoyée de France pour commencer cet élablissement et débarqua à Sainte-Marie au mois d’octobre 1821. Elle se composait de 79 personnes, comprenant, outre le personnel civil, une compagnie de 60 officiers et ouvriers militaires.

En 1822, Radama I, chef des Hovas, fit occuper Foulpointe par 3,000 de ses soldats ; en 1823, il s’empara de Pointe-à-Larrée, située vis-à-vis de Sainte-Marie, incendia et pilla les villages de Fondaraze et de Tintingue ; il menaça Sainte-Marie elle-même.

En 182o, un corps de 4,000 soldats, envoyé par Radama, s’empara de Fort-Dauphin, occupé par un officier et cinq soldats français. — Les vexations exercées par les Hovas contre les traitants français de la côte orientale de Madagascar, et particulièrement contre ceux de Sainte-Marie, devinrent intolérables. — On se décida enfin à sortir du système de temporisation adopté jusquelà, et l’on organisa une expédition militaire contre le chef des Hovas.

En 1828, mourut Radama 1. Une de ses femmes, Ranavalo-Manjaka, lui succéda et continua sa politique contre les Français. Force fut d’intervenir en 1829. Une expédition, composée d’une division navale de 6 bâtiments et de 500 à 600 hommes de débarquement, mouilla sur la rade de Tamatave. Tintingue fut repris et reçut une garnison de 400 hommes. — Les troupes hovas furent battues' à Tamatave, à Ambatoumanoui, à Foulpointe, à la Pointe-à-Larrée. — La reine Ranavalo capitula, consentit un traité, mais en éluda les conditions. — Une nouvelle expédition dut être projetée.

Les événements de 1830 firent oublier un moment les affaires de Madagascar.

En 1831, la France évacua Tintingue, mais en faisant réserve de ses droits. — L’occupation de Sainte-Marie fut maintenue.

pour assurer des moyens de protection au commerce français sur la côte orientale de Madagascar.

En 1861, mort de la reine Ranavalo. — Rakoto, son fils, lui succéda sous le nom de Radama IL Depuis lors, la situation a changé.

Les rapports politiques qui, sous le règne de Ranavalo, avaient presque complètement cessé entre la France et Madagascar, quoique les hostilités n’eussent pas été reprises entre les Hovas depuis 1829, ces rapports ont été rétablis, à la demande du nouveau souverain, en 1862, et un traité d’amitié et de commerce a été conclu.

Commandants particuliers.

(Sous l’autorité du gouverneur de Bourbon- Réunion.)

1819. Carayon, officier d’artillerie.

1821. Roux (S.).

1825. Blevec, capitaine du génie.

1829. Carayon, officier d’artillerie.

De 1830 à 1841, aucun officier ne figure comme commandant particulier de Sainte-Marie.

1841. Yergès (R.), capitaine d’infanterie de marine.

Commandants particuliers.

(Sous l’autorité du gouverneur de Mayotte et dépendances. Ordonn. 27 août

1843. Lamy (H.), intérimaire.

1844. Yergès (R.), chef de bataillon.

1849. Mermier (P. B.), capitaine d’infanterie de marine.

1850. Brisset (A.), capitaine d’infanterie de marine, intéri-

maire (nommé par le gouverneur delà Réunion).

1851. Mermier (P. B.), chef de bataillon, intérimaire.

1853. Brisset (A.), capitaine d’infanterie de marine, intérimaire.

1853. Guébert (S.-F.), sous-lieutenant d’infanterie de marine, intérimaire.

1853. Durand,, capitaine d’infanterie de marine, intérimaire.

Commandants particuliers de Sainte-Marie (J)é,cv.^ 18 oct. 1853).

1854. Durand, capitaine d’infanterie de marine.

1855. Raffenel (A. -J. -B.), sous-commissaire de la marine.

ILE SAINTE-MARIE DE MADAGASCAR

1858. Grange (de la), lieutenant de vaisseau.

En raison de son éloignement des îles de la Réunion et de Mayotte, c’est sous les ordres d’un commandant spécial que se trouve actuellement Sainte-Marie de Madagascar (Décr., 18 oct. 1853).

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