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CHAPITRE II

Situation. — Saint-Pierre: — Sol, étangs, côtes^ rade et port; le bourg de Saint

Pierre ; îlots voisins. — Miquelon : — Sol, rivière, étangs, baie; le bourg de

Miquelon. — Routes. — Canaux. Quai. — Abattoir, etc. — Température

— Climat. — Saisons. — Pluies. — Vents. — Marée. — Aurores boréales. —

Phares. — Population.

Saint-Pierre, situé par 46° 46' de lat. N. et 68° 30' de longitude O., au sud-est de Miquelon, a 7 kilomètres et demi dans sa plus grande largeur. — Sa superficie est de 2,600 hectares.

Le sol est presque entièrement granitique, inculte et stérile. On y rencontre du minerai de fer et de cuivre.

Les étangs sont poissonneux. Ils sont au nombre de douze et communiquent avec la mer. Les plus grands ont de 600 à 700 mètres. — Pas de rivières, mais de simples* ruisseaux.

Les côtes, depuis le cap à l’Aigle jusqu’à la pointe à Savoyard, sont escarpées et pour ainsi dire inabordables. Elle est plus basse depuis cette pointe, et quelques anses abordables s’y rencontrent.

La rade de Saint-Pierre a trois passes par lesquelles elle communique avec la pleine mer. Celle du N.-E. a 900 mètres de largeur et 10 à 27 mètres de fond. Cette rade est très-sûre d’avril à septembre et peut contenir 150 bâtiments.

Le port, à Textrémité O. -S. -O. de la rade, est vaste et pourrait recevoir 100 navires de commerce, mais ils ne doivent avoir qu’un faible tirant d’eau.

Autour du port sont les sécheries établies sur des grèves.

Saint-Pierre, chef-lieu des deux îles, seul centre de population dans l’île du même nom, a un kilomètre dans sa plus grande longueur. Il est assis au pied d’une colline et s’étend jusqu’au bord de la mer.

Sept îlots entourent Saint-Pierre et en dépendent : le Grand et le Petit-Colombier, au N.-E.; l’île aux Chiens, l’île aux Vainqueurs, l’île aux Pigeons, A l’E. ; enfin, l’île Verte, à 65 kilom. au N.-E.

Miquelon est située par 47° 8' lat. N.; 46° 47' et 58° 40' long. O.

Autrefois, l’île était coupée en deux pap une passe qui, depuis 1783, a été comblée par les sables. — Longueur : 36 kilomètres ;

ILES SAINT-PIERRE ET MIQUELON

largeur : 24 kilomètres ; superficie : 18,423 hectares. — Sise à 5 kilom. au N.-O. de Saint-Pierre.

Le sol de Miquelon est également granitique. On y rencontre du minerai de fer, quelques sources minérales (ferrugineuses).

La Belle-Rivière, large ruisseau, sillonne l’ancienne petite Miquelon ou Langlade ; mais les deux plus grands étangs appartiennent à la grande Miquelon.

Une grande baie, un étang considérable se trouvent à l’extrémité septentrionale de l’île, mais ils ne communiquent pas entre eux. — Le bourg est assis au fond du port.

Saint-Pierre possède plusieurs belles routes : l’une, la route Iphigénie, a 2,200 mètres ; l’autre, la route de Gueydon, a été, depuis 1839, prolongée de 430 mètres.

Il a été construit des canaux de dessèchement, un quai de 134 mètres de longueur (dans le port de Saint-Pierre); les rues de la ville ont été nivelées, des égouts établis.

Deux salles d’asile, une maison de commandement, etc., une caserne pour les gendarmes , deux nouveaux phares , une église, etc., tel est l’ensemble des travaux publics qu’on a menés à bien depuis quelques années.

Le climat des îles Saint-Pierre et Miquelon se distingue de celui des autres îles du golfe Saint-Laurent par une salubrité plus grande. La température, en juillet et août, les mois les plus chauds de l’année, s’élève peu au-dessus de 25° centig. ; en janvier et février, elle descend à 15° au-dessous de 0, et quelquefois jusqu’à 24°. La moyenne de température est de 9° cent, au-dessus de 0.

L’hiver dure cinq à six mois. La neige est abondante du milieu de novembre à la fin de mars ; en mai et juin, les brumes dominent ; à la fin d’avril, la belle saison commence pour ne finir qu’en octobre.

Peu de pluies en été; au début de l’automne et du printemps, elles sont abondantes.

Les vents qui régnent pendant la belle saison sont ceux du N.-O.; ceux de S.-E., de S. et de S. -O. amènent du mauvais temps. Les vents du N.-E. {anordies) et ceux du S.-E. {assuéiies) sont les plus impétueux.

Aux nouvelles et aux pleines lunes, la hauteur de la pleine mer, à Saint-Pierre, est de 2“,60 ; rétablissement a lieu à 9 heures.

La hauteur moyenne annuelle du baromètre est de 752 millimètres. Son maximum est de 765““ et son minimum de 738““.

Au mois d’avril, les aurores boréales ne sont pas rares. Toute l’atmosphère en paraît quelquefois comme embrasée.

L’un des deux phares est établi sur la pointe à Galantry; l’autre est élevé à la pointe aux Canons. Le premier, dans la saison des pêches, tire deux coups de canon toutes les deux heures, quand il y a brume. La nuit, il répond, coup pour coup, aux navires qui tirent en mer.

La population sédentaire de Saint-Pierre se compose de Normands, de Bretons, de Basques et d’anciens pêcheurs ; celle de Miquelon se compose surtout d’anciens Acadiens.

On compte 2,385 individus de population sédentaire, et 689 de population flottante. En outre, il vient de France, chaque année, environ 3,500 pêcheurs et marins. — Presque tout le monde se livre à la pêche de la morue.

En 1861, on a constaté une naissance par 26 individus et un décès sur 34.

Dans la population sédentaire, le nombre des femmes, sur 2,385 individus^ était de 1,217 et celui des hommes de 1,168. Dans la population flottante, sur 689 individus, il y avait 153 femmes et 526 hommes,

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