‹ Les colonies françaisesChapitre 228 sur 315 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Superficie. — Cours d’eau. — Sol. — Forêts. — Les trois provinces de la Cochincliine française. — Saigon, Mitho, etc. — Ile de Poulo-Condor.

Les trois provinces cochinchinoises possédées par la France ont une superficie totale de 22,380 kilomètres carrés. La province de Saigon seule en a une de 5,700.

Le grand fleuve du Cambodge, ou Meï-cong, divise la Basse- Cochinchine en deux parties presque égales. Après sa sortie des montagnes du Thibet, il traverse l’extrémité sud-ouest de la Chine, longe toute la partie occidentale du royaume d’Annam ; passe dans le Cambodge et se partage en trois branches à Namvan.

Les provinces septentrionales de la Cochinchine, qui appartiennent à la France, sont séparées des trois provinces méridionales par la rive gauche de la troisième branche (dit fleuve Antérieur) ; celui-ci, parvenu à Hing-Long, se divise en quatre bras qui conduisent ses eaux à la mer par six embouchures.

D’après les Notices, le système hydrographique des trois provinces de la Cochinchine française est admirable. Il se compose de quatre fleuves profonds, quoique de peu d’étendue, parallèles entre eux pendant la plus grande partie de leur cours supérieur, et qui se relient deux à deux pour se jeter à la mer par les deux embouchures du Soirap et du cap Saint-Jacques.

Ces cours d’eau sont, de Test à l’ouest :

1° Le Donnai, ou rivière de Bien-Hoa;

2° La rivière de Saigon ;

3° Le YaïCo oriental ou grand Yaïco ;

4® Le Yaïco occidental ou petit Yaïco.

Ces quatre cours d’eau, praticables pour les plus grands navires jusqu’à 70 et 80 milles de leur embouchure, ne sont que les artèresprincipales. Une multitude de petites rivières ouarroyos relient

COCHINCHINE

ces artères entre elles et remplacent avec avantage les voies de transport terrestres.

Le sol peut se diviser en terres basses et en terres élevées.

Les premières embrassent la partie inférieure des bassins fluviaux et se divisent en trois catégories :

1° En rizières, d’une superficie d’environ 105,000 hectares, réparties dans les trois provinces ;

2° En forêts de palétuviers d’une hauteur de 1 à 3 mètres sur le bord des fleuves;

3® En plaines immenses, où croissent, à perte de vue, des herbes et des joncs, et qui sont susceptibles d’une culture facile.

Partout, au voisinage des fleuves, le sol est d’une fécondité très-remarquable.

Les terres élevées commencent au-dessus de Saigon ; elles vont s’étendant jusqu’aux limites septentrionales de la province de Bien-Hoa, et se partagent aussi en trois catégories :

1° En terres cultivées, d’une superficie de 10 à 15,000 hectares;

2° En terres non cultivées, mais pouvant l’être aisément;

3° En forêts.

Les forêts sont d’une exploitation facile; elles présentent une variété d’essencés très-propres aux constructions navales, au charpentage, à l’ébénisterie. Commençant dans le nord de ïa province de Saigon, elles s’étendent dans le nord et le nord-est, sur une vaste superficie.

Quelques groupes de montagnes, dernières ramifications de la chaîne du Thibet, se voient sur la rive gauche de la rivière de Bien-Hoa. — On remarque, plus au sud, le pâté des montagnesde Dinh et de Baria, immenses blocs granitiques hauts de 300 à 400 mètres, séparant les terrains d’alluvion, bas et noyés, des terrains élevés de la province de Bien-Hoa. Le groupe des monts du cap Saint-Jacques, entre la mer et ces montagnes; les hauteurs ■du cap Tiwane, plus à l’est; enfin, au nord-ouest de Saigon, le pic verdoyant de Ba-Dinh (ou Dien-Bau), haut de 500 à 600 mètres complètent cet ensemble.

La Gochinchine française comprend trois provinces, avons-nous vu : 1° La province de Gia-Dinh, chef-lieu Saigon; 2^" la province de Bien-Hoa; 3° la province de Mitho.

La province de Gia-Dinh est située entre celles de Bien-Hoa et de Mitho, et se divise en 7 arrondissements ou inspections.

Saigon, son chef-lieu et siège du gouvernement colonial, se

trouve à 55 milles de la mer, sur la rive droite de la rivière de ce nom. Elle a plus de 7 kilomètres de longueur sur 5 kilomètres de largeur et renferme plus de 20,000 Asiatiques, dont les trois quarts sont indigènes. — Elle formait autrefois une agglomération de plus de 40 villages, représentant une population d’au moins 50,000 âmes. Dès le début de notre expédition, tous ces villages, sauf un seul, celui de Choquan, ont été détruits par l’ennemi, qui ne voulait nous laisser que des ruines. Depuis cette époque, onze autres villages se sont formés autour de nous et sous notre protection. Ces douze villages comptent 830 hommes inscrits^ ce qui représente approximativement 8,000 âmes. (V. Notices, etc.)

La partie européenne de la ville renferme la citadelle, la demeure du gouverneur, les bureaux de l’administration, les casernes, l’hôpital militaire, l’église, l’arsenal, etc. A la fin de 1864, on y comptait 557 Européens, 600 Malabars, 1,200 Chinois, non compris les troupes de la garnison ni les équipages des navires et bateaux sur rade.

De nombreux travaux ont déjà été exécutés : rues, canaux, quais, ponts, bassin de radoub, dock flottant, église, hôpital, etc.

Saïgon appartient à l’arrondissement de Binh-duong-huyen. Cet arrondissement renferme 75 villages, 6 marchés et postes militaires, 2 trams; il a 3,302 inscrits et 1,200 Chinois.

L’arrondissement de Binh-long-huyen, au nord de Saïgon, comprend 75 communes, 4 marchés et postes militaires, 4 trams et 2,984 inscrits. Son chef-lieu est Hoc-mou.

L’arrondissement de Tay-ninh, qui s’étend jusqu’à la limite septentrionale de la province, a 43 villages, 6 marchés et postes militaires, 3 trams et 841 inscrits. Son chef-lieu est Tayninh. — Belles forêts, sol propre à une grande variété de cultures.

L’arrondissement de Tân-long-huyen, au sud-ouest de Saigon, comprend 96 villages, 8 marchés et postes militaires, 1 tram, 2,586 inscrits et 5,000 Chinois. Yille principale : Cholon ou Cholen. — Sol très-fertile.

L’arrondissement de Phuoc-loc-huyen, au sud du précédent, renferme 109 villages, marchés, et 3,740 inscrits. Yille principale : Can-gïoc. — Sol très-fertile.

L’arrondissement de ïân-an, entre les deux Yaïcos, renferme 78 villages, 6 marchés, 1 tram et 3,638 inscrits. — Riz abondant.

Enfin, l’arrondissement de Tan-hoa-huyen, entre le Soirap, au nord, et le bras méridional du Meï-Gong, au sud, comprend

COCHINCHINE

33 communes, 6 marchés et 3,239 inscrits. Chef-lieu : Go-Gong. — Rizières des plus riches.

La province de Bien-Hoa a quatre arrondissements.

L’arrondissement de Phuoc-chanh-huyen renferme 109 villages, 4 marchés et 3,168 inscrits. Chef-lieu : Bien-Hoa. — La ville n’est qu’une place forte, ^

L’arrondissement de Binh-an-huyen renferme 78 villages et 3,873 inscrits. — Marchés très-prospères : Thu-daù-mot, résidence de l’inspecteur ; Bung, où se trouve une nombreuse chrétienté; Tu-Duc, où sont les tombeaux de la famille royale.

L’arrondissement de Long-thanh-huyen compte 58 villages, 4 marchés et postes, 4 trams, et 1,112 inscrits. — Tabac excellent.

L’arrondissement de Phuoc-an-huyen comprend 36 villages, 4 grands marchés, 936 inscrits. Ville principale : Baria. — Sites pittoresques. Salines importantes.

lidi province de Mitho possède 4 arrondissements (huyens).

L’arrondissement de Kieng-hung-huyen comprend 78 villages, 8 marchés et postes militaires. Chef-lieu : Mitho.

Mitho est, après Saigon, la ville la plus importante de la Basse- Gochinchine. Elle renferme une citadelle, elle est bâtie sur la rive gauche du bras septentrional du Cambodge, au point où débouche l’arroyo de la Poste. C’est l’entrepôt naturel de tout le commerce du Cambodge. Mitho est à 23 milles de la mer.

L’arrondissement de Kien-hoa-huyen comprend 84 villages et

7 marchés. Chef-lieu : Tan-hoa-thon.

L’arrondissement de Kien-dang-huyen comprend 48 villages et

8 marchés, Chef-lieu : Gaï-bé.

Enfin, l’arrondissement de Kieng-phong-huyen comprend 38 villages, 3 marchés et 1 fort.

Vers la fin de 1864, les trois provinces étaient reliées entre elles par un réseau de lignes télégraphiques ayant un développement de 394 kilomètres ; dix câbles traversaient lesarroyos, quinze stations étaient ouvertes à la correspondance.

Saïgon était relié par cinq routes principales à Mitho, Tayninh, Bien-Hoa, Baria et Go-Gong. Des travaux considérables étaient en voie d’exécution.

A nos possessions cochinchinoises se rattache l’île de Poulo- Condor (par 8° 38' et 8° 46' lat. N.; 104« 10' et i04<^ 18' long. E.).

Cette île, au sol volcanique, a une superficie totale de 6,013

hectares environ. Elle se divise en grande Condor ou Gon-non, et en petite Condor ou Bae-vioumg. Un isthme étroit réunit les deux parties de i’île.

La culture du riz, la fabrication de la chaux, l’exploitation des forêts, occupent les habitants et les prisonniers du pénitencier qui y a été établi en 1863.

Page 1