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IX. Matières textiles

La plupart de nos colonies produisent une quantité de plantes textiles qui pourraient devenir l’objet d’une exportation considérable. L’attention du commerce doit être vivement appelée sur les ressources de ce genre que présente chacun de nos établissements, surtout la Réunion et la Guadeloupe où l’agave croît en abondance. Jusqu’à présent, l’Inde seule tire parti des fibres

que produit spontanément son territoire où l’industrie des toiles de jute a pris une certaine importance ; mais aux Antilles, à la Guyane, sur la côte occidentale d’Afrique, on laisse perdre une foule de richesses.

On peut considérer les Antilles comme la terre natale du coton longue soie. Cependant, la Martinique n’a jamais cultivé soigneusement le coton; elle n’en a exporté en ^865 que 46,283 kilogr. A la Guadeloupe, il y a progrès ; en 1865, l’exportation a été de 248,801 kilogr.

La Guyane n’a exporté en 1883, que 4,873 kil. Les cotons de cette provenance tiennent le milieu entre les longues et les courtes soies, s’allient parfaitement à la laine et donnent plus de main aux étoffes que les autres sortes.

Le Sénégal est très-propre à la culture du coton ; partout il croît à rétatsauvage.Laproductiondel865aétéde 100, 000 kilogr.

Quoique son sol soit très-favorable à la culture du coton, la Réunion a vu ce produit diminuer depuis 1815. En 1865, l’exportation s’est réduite à 16,793 kilogr.

Les cotons des établissements français dans l’Inde sont généralement de bonne qualité et préparés avec soin, mais ils sont presque entièrement consommés dans le pays par les nombreux métiers qui constituent sa principale industrie.

En Cochincbine (partie française), la production du coton est évaluée à 8,500 tonneaux d’une valeur de 3,000,000 de francs ; elle est susceptible d’un immense développement, sans compter ce que pourrait fournir le Cambodge.. La production de 1866 est évaluée à 1,200 balles environ.

La Nouvelle-Calédonie se prête admirablement à la culture du coton; mais jusqu’ici, aucune plantation sérieuse n’a encore été faite.

Les matières oléagineuses abondent dans nos colonies ; beaucoup sont encore inexploitées (ainsi les noix de Carapa de la Guyane, les amandes de palme sur la côte occidentale d’Afrique, les noix de bancoule aux îles de la Société, etc.). Celles qui fournissent le plus de fret à notre marine marchande sont, à la côte occidentale d’Afrique : les arachides, le sésame et le béraf du Sénégal, les amandes, huiles de palme et pourgueires de la Casamance et des comptoirs de la Côte-d’Or; — dans nos établissements de l’Inde : le sésame et l’huile de coco, etc.

La production du tabac a été, pendant longtemps, une des

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principales ressources de nos colonies : la réputation du Macouba est encore proverbiale ; mais la canne à sucre a fini par absorber presque toutes les bonnes terres. Il est à espérer que les encouragements donnés par la régie à de récents envois faits par la Guyane, la Gochinchine et la Réunion, détermineront les habitants de ces colonies à renouer avec la manufacture impériale des tabacs, des relations malheureusement abandonnées depuis longtemps. Parmi les envois faits à l’Exposition, on a remarqué ceux de la Martinique et de la Guadeloupe, de la Guyane, du Sénégal, de Mayotte et Nossi-Bé, de la Réunion, de la Gocbinchine.

Les matières tinctoriales et tannantes, croissant en quelque sorte sans culture, constituent une richesse pour nos colonies : bois de campêche (Antilles), rocou (Guyane), henné, indigo, (Sénégal), santal rouge (Gabon), curcuma (Réunion), indigo (Pondichéry), etc. — En 1865, la Martinique a exporté 410,185 kilogr. de campêche, et la Guadeloupe 156,010 kilogr.

La collection de l’Exposition compte près de 700 spécimens de substances médicinales. Sous les tropiques, l’emploi des végétaux en médecine est beaucoup plus répandu que dans les régions tempérées. La Gochinchine est de nos colonies celle qui tire le meilleur parti de ses matières médicinales; en 1865, elle en a exporté 750 piculs (le picul = 60 kilogr.), valant 2,081,250 fr. La Martinique a exporté 369,828 kil. de casse et la Guadeloupe 709 kil. En 1866, la Guyane a exporté 4,082 kil. d’écorce de simarouba.

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