LES COMPTOIRS COMMERCIAUX
La grande erreur dans laquelle tombent les esprits qui se croient méthodiques parce qu'ils sont trop absolus, c'est de vouloir enfermer lôs phénomènes sociaux dans des classifications infranchissables et irréductibles.
Ainsi les phénomènes d'essaimage sont loin d'être limités à l'origine des sociétés, ou au peuplement primitif du globe, puisque nous les voyons se poursuivre tous les jours, sous nos yeux, dans les pays de misère — comme l'Irlande, — dans les pays de trop plein, — comme l'Allemagne et l'Italie.
Seulement, les circonstances ayant changé, les mômes fphénomènes sont loin de produire les mômes effets, et nous venons de voir que les dernières'" colonies d'essaimage autonomes " dont l'histoire ait enregistré la
formation , sont les républiques boers d'Orange et de Transvaal.
Si ressaimage des individus est provoqué par le trop plein ti'honimes, — le trop plein de marchandises provoque Vessaimage commercial.
Qu'est-ce, en effet, que la recherche des débouchés pour les marchandises, sinon un phénomène absolument analogue h celui de la recherche des débouchés pour les surcroîts de population?
Ces phénomènes ne résultent pas, d'ailleurs, des mêmes causes.
L'un est un phénomène social.
L'autre est un phénomène économique.
Les excédents de population se produisent surtout pendant les phases de l'évolution sociale où l'homme vit principalement de la chasse ou du produit de ses troupeaux.
Ces deux modes d'existence, en effet, mais surtout le premier, exigent d'immenses territoires, et ne permettent que des agglomérations de population peu denses.
Au contraire, dès que l'agriculture intervient, et à plus forte raison lorsque les pre-
mièrcs industries prennent naissance, c'est le phénomène inverse qui se pr^^sente. Les produits obtenus par l'activité humaine deviennent surabondants, et ce ne sont plus les individus qui sont en excès, ce sont les marchandises.
D'où la nécessité du commerce d'exportation.
Comme, qui dit commerce dit échange, les produits exportés sont payés en produits d'importation, et il en résulte immédiatement un mouvement économique entre le pays producteur et les pays qui lui servent de débouchés. Bien plus, les produits étrangers deviennent parfois très recherchés, par conséquent d'un grand prix, et des expéditions s'organisent à seule fin de les importer. Mais comme il faut les payer, il résulte de ce fait un nouvel élément d'exportation et par suite de commerce.
Que certains peuples aient été, par la position géographique qu'ils occupaient, plus favorisés que d'autres dans leurs entreprises commercialrs, c'est ce qui est absolument incontestable.
Mais le génie propre de la race y est, non moins incontestablement, pour quelque chose. Les Grecs occupaient une position non moins favorable au commerce maritime, sinon plus, que celle des Phéniciens. Et cependant, bien que le commerce maritime
des Grecs ait eu plus d'importance qu'on ne le suppose généralement, il était certainement notablement inférieur à celui des Phéniciens.-
Dans tous les cas, les colonies grecques ont eu un caractère bien différent de celui des colonies phéniciennes.
Les premières étaient le résultat d'émigrations humaines.
Les secondes avaient pour objet principal l'exportation et l'importation des marchandises.
Et c'est ici qu'apparaît immédiatement la différence essentielle qui existe entre deux types d'établissements auxquels on a donné cependant la dénomination identique de " colonies. "
Alors que les colonies grect|ues constituaient, sur tous les rivages de la mer Médi-
terranéc, de nouvelles cités autonomes, qu'étaient les colonies phéniciennes?
Jusqu'alors, les contacts entre populations d'origines diverses avaient été hostiles.
Les Phéniciens furent certainement les premiers qui se mirent pîicifiquement en rapport avec les autres peuples, tant pour placer leurs produits que pour ncquérir les riches marchandises des pays étrangers.
Aussi les établissements que Ton^a appelé des " colonies phéniciennes, " n'étaient-ils en réalité que de simples *^ comptoirs commerciaux. "
Et il ne pouvait en être autrement. La Phénicie était loin d'être une terre surpeuplée pouvant se permettre de grands essaimages d'hommes*. Ce qu'il lui fallait, c'étaient des débouchés pour ses produits, et pour les marchandises que transportaient ses navires depuis les mers de Chine jusqu'à VCllima Thxde,
Pour cela, sur les points favorables, elle créait des comptoirs, et, sans le moindre esprit de domination, se mettait dx rapports avec les populations du pays, par l'in terme-
diaire de simples agents commerciaux, tout au plus avec le contrôle de fonctionnaires analogues à nos consuls.
Ces relations économiques amenèrent parfois cependant une certaine suprématie politique, mais sans modifier grand chose à l'attitude réservée de la métropole. Les Phéniciens, de sens extrêmement pratique, avaient fort bien compris qu ils n'étaient pas de forccà surveiller, à contenir et à défendre un vaste empire colonial. Leur administration se limitait à une sorte de sollicitude particulière pour les colonies, qui n'étaient retenues à la mère-patrie que par un simple lien d'intérêt commercial.
Tyr était, à l'égard de ses colonies, comme une grande sœur qui prend soin de ses puînés, tout autant que cela peut être utile à ses propres intérêts.
Chypre, Rhodes, les Sporades, la Crète,
une partie des Cyclades ; Pronettos et Bithy-
nium en Asie mineure ; Tartessus, Tarteja,
Gadès, Ilispalis, Malacca en Espagne; Adruméte, Thysdrus, Utique, les deux Sèptis et
Carthagc, en Afrique ; — Thèbes, en Grèce,
participèrent, dans celle mesure^ à ses bienfaits.
Presque jamais, d'ailleurs, elle ne chercha à les défendre contre un envahisseur quelconque.
Comme toutes les naliuns pacifiques, elle devançait son siècle, et re|)n''scnlait un ordre de choses contraire aux sentiments et aux coutumes de ce temps.
Alexandre, brute^ macédonienne, détruisit ce magnifique centre de civilisation, comme un sanglier ravage une superbe moisson de froment.
Carlhage, quoique fille de la Phénicie, avait un esprit tout différent.
Ceux qui ont assimilé les colonies carthaginoises aux colonies phéniciennes ontdonné une éclatante démonstration de leur ignorance dos choses de lantiquité.
Si nous en parlons dans ce chapitre, c'est justement pour faire mieux ressortir leur contraste avec les comptoirs purement commerciaux des Phéniciens.
4^ P'dlLflry^jPUlE
CjL::Li^e, p-ir sa i:N>siî:«>n gOoeraphique au c-er-tre «ie se- possessions, était admirablener.: pI^o»'e pour les couverner avec raul4>r!>'- q ;e lui d rinaler/. sa puissance et une h aL». >.-:*} que Ion ne rencontre pas toujours chez îes nitii-ns m«»dernes.
C'e-t f ir voie de c«»nqu»Me qu'elle a créé des »?t.iblissenîents d'où elle chassait parfois CMn^.pl^y.emenî les indigènes.
Aussi, bien que fort nombreuses, les colonies caiîh.i^i noises ne furent-elles jamais bien [►rospî'ies. Elles servaient surtout à 1 édification de la fortune des sulTètes, qui y emm.'iir.isinait^nt les buis et les étoiTes prérieuses, les aromates estimés et les fines épices. Soumises au despotisme militaire et reliirieux, elh^s étaient dans un état de dépendance complète vis-à-vis de la métropole.
Ce furent cependant ces colonies qui permirent aux Carthaginois de supporter le poids des guerres punique?, en leur fournissant non seulement une partie des troupes mercenaires qu'ils envoyaient contre Rome, mais encore les grains et Tor qu'il fallait pour les alimenter.
Comment se recrutaient les colons carthaginois?
Quand on parle de Tantiquité, il est toujours téméraire de tirer d'un exemple isolé, une règle ou un principe absolus. Cependant, lorsqu'on se trouve en présence d'un monument de celte époque, il y a intérêt, tout en faisant la part d'exagérations possibles, à tenir compte des indications qu'il procure et qu'il suffit d'interpréter avec prudence pour pouvoir en tirer parli au point de vue historique.
Or, voici un fait entouré de garanties suffisantes d'authenticité pour présenter une certaine valeur.
Hannon, ravigalcur carthaginois, envoyé par la République pour fonder des colonies sur les pliigcs de l'Océan, longea l'Afrique à l'Ouest et, après avoir rempli sa lâche, revint à Carthage. Sur le temple de Kronos, il fit placer une inscription, fort incomplète, malheureusement, mais qui nous permet de constater les sacrifices que faisait la République pour agrandir et pour administrer ses possessions.
On y voit qu'Hannon partit avec une flotte de soixante vaisseaux, portant 30,000 colons et qu'il les distribua entre six villes.
Ce système avait l'immense avantage d'empêcher l'absorption des nouveaux venus par l'élément indigène, et, en tous cas, leur permettait de repousser ou même de réprimer toute tentative de soulèvement.
Les Carthaginois s'établirent dans les îles de la Méditerranée occidentale, en Sicile, en Sardaignc, en Corse, puis sur les côtes d'Espagne et d'Afrique jusqu'aux colonnes d'Hercule, qu'ils dépassèrent bientôt pour affronter les périls de l'Océan.
Le long des rives de l'Atlantique, ils allèrent jusqu'aux îles Sorlingues et jusqu'à la Grande-Bretagne au nord,— et au-delà des limites du Maroc, au sud.
Quelques auteurs leur attribuent un premier voyage au Nouveau-Monde. Mais aucun document ou monument sérieux ne nous permet de l'admettre.
Quoi qu'il en soit, on voit, par ce qui précède, combien les colonies carthaginoises différaient des colonies phéniciennes, et
quelle erreur on commel en les assimilant les unes aux autres.
Elles ressemblaient beaucoup plus, — les unes aux colonies d'exploitation, les autres, aux colonies de peuplement dont nous parlerons ci-après.
Quant au régime général de domination de Cartilage, il présentait de nombreuses analogies avec celui qui est de plus en plus en faveur dans le gouvernement britannique, sans toutefois qu'on puisse comparer les deux organisations d'une manière absolue.
Ce qu'il y a de certain, comme renseigne ment sur la valeur des méthodes mises en vigueur et sur renseignement à en tirer, c'est que Cartilage s'effondra rapidement sous les coups de la puissance romaine, sans même laisser de traces de son ancienne splendeur.
Etiam penere ruinœ !
Il y aurait peut-être là un utile sujet de méditations pour les hommes d'Etat britanniques.
Le seul fait qui permette de rattacher les colonies carthaginoises à ce chapitre, c'est que, bien que fondées sur la conquête et non
sur les relations pacifiques, comme les colonies phéniciennes, elles servaient cependant, comme ces dernières, de comptoirs commerciaux, et contribuaient ainsi à la richesse et h la prospérité de la République.
Ce sont aussi des comptoirs que la republique de Venise avait échelonnés dans le Levant et jusque dans rExtrôme-Orient, pour les besoins de l'immense commerce qui la rendait si florissante et si puissante.
Elle emprunta souvent h Carthage sa méthode de conquête, et beaucoup de ses comptoirs devinrent en même temps des possessions politiques. Tant il est vrai que, dans rhisloire des colonies, les classifications irréductibles ne sont pas de mise. Nous y voyons les diverses formes coloniales passer de Tune à Tautre par des transitions insensibles.
Il n'en est pas moins vrai qu'à proprement parler, l'île de Crète, par exemple, était bel et bien une '' colonie " vénitienne, exactement au même titre que le fut plus tard Tile de Ceyian pour les Hollandais.
Une forme coloniale qui se rapproche beau-
coup pliisdc celle des comptoirs commerciaux dos Phéniciens, ce sont les établissements que les marins dicppois d'abord, les navigateurs portugais ensuite, fondèrent du xiv^au x\T siècle tout le long de la côte occidentale d'Afrique.
C'est sous le règne de Charles V que les marins dieppois armèrent deux navires de cent tonneaux chacun et firent voile pour les Canaries. De là, ils se dirigèrent sur le cap Vert, où ils abordèrent à la Noël de l'an 1304, et s'arrêtèrent sur le rivage de la future colonie, de Sierra-Leone, à un endroit qu'ils appelèrent le Petit-Dieppe, et que nous connaissons aujourd'hui sous le nom de Rio- Sestro.
Le but de l'expédition était d'échanger, avec les indigènes, des produits de fabrication française, peu nombreux alors et d'un travail fort rudimen taire, contre de l'or, de l'ivoire, du poivre et des épiccs qu'ils comptaient revendre fort cher à leur retour en Normandie.
Le succès dépassa leurs prévisions, bien que les épices, très appréciées en France, ne
fussent consommées à cette époque que par les seigneurs et les grands personnagres du royaume.
Un an après, des marchands de Rouen, s'associant à des commerçants dieppois, armèrent quatre vaisseaux qui abordèrent à la Côte-de-rOr. Quelques comptoirs y furent fondés par ces hardis voyageurs sous le nom de " Loges. ''
Le but était toujours le même : faire des échanges avec les indigènes. Mais il n'était nullement question de colonisation, telle du moins que nous la comprenons aujourd'hui.
Sous Charles VI, le pavillon français disparaît des mers et les " Loges '' sont abandonnées.
Il faut attendre la fin du xv** siècle pour voir Tcsprit d'initiative reparaître en France, avec le capitaine Cousin, qui renoua des relations commerciales avec le Sénégal et avec la Guinée.
Au début du xvi^ siècle, des marins normands, bretons et gascons, reprennent les voyages d'aventures et leurs vaisseaux sil-
lonnent les mers inconnues où ils espèrent trouver des pays nouveaux.
Il est à remarquer que tous ces voyages sont dus à l'initiative privée, et qu'ils ont lieu aux risques et périls des aventuriers qui les entreprennent.
Chez les Portugais, au contraire, ce fut l'initiative royale qui donna, à l'un des plus petits pays de l'Europe, la gloire d'avoir précédé toutes les autres nations dans les entreprises véritablement coloniales, au sens moderne du mot.
Toutefois, le but initial était absolument identique à celui des Phéniciens, c'est-à-dire qu'il visait l'établissement de relations purement commerciales, ainsi que nous allons le démontrer.
D'ailleurs, on remarquera le frappant parallélisme que présenlcnt les côtes du pelit pays de Portugal, sur l'Atlantique, avec celles du petit pays de Phénicie sur la Méditerranée.
Ce fut Henri le Navigateur, fils du roi Jean, qui donna à la navigation loinUiine le premier encouragement.
découverte, et comme elle était plus commode et plus rapide que les routes de terre précédemment suivies, elle allait apporter de profondes modifications dans les courants commerciaux.
Et, en effet, le monopole du commerce avec les pays d'Orient et d'Extrême-Orient, dont la république de Venise avait la possession presque exclusive depuis plusieurs siècles, subit dès lors une rude atteinte et ne fit que décroître d'année en année, pour passer presque en entier aux mains des Portugais.
Les produits de ces régions lointaines, si appréciés des pays occidentaux, allaient se trouver désormais concentrés dans les comptoirs portugais. Ceux-ci étaient devenus , aussi bien en Asie qu'en Afrique, les intermédiaires obligés entre les producteurs indigènes et les consommateurs européens.
Lorsque nous disons « producteurs », ce n'est qu'une manière de parler, car les produits du sol n'occupaient qu'une bien faible place dans le trafic qui s'opérait à cette époque. Les chargements d'ivoire, d'or et de
bois précieux étaient beaucoup plus considérables que ceux de denrées.
Les Portugais procédèrent à la fois par voie d'établissement de comptoirs et par conquête, suivant les circonstances.
Toujours est-il qu'en 1511, ils étaient en possession d'un empire colonial dont la puissance et l'étendue faisaient un objet d'admiration pour leurs contemporains. Il comprenait, en effet, les côtes de Guinée, de Mozambique, de Sofala, de Melinda, des deux presqu'îles de l'Inde, le Malabar, Ormuz, Ceylan, Malacca, les Moluques, Ternale, Timor et quelques-unes des îles de la Sonde.
Aces possessions immenses, il faut ajouter le Brésil, découvert en 1500 par Alvarez Cabrai, — et Macao, en Chine (1507).
Le Portugal n'avait pas besoin de colonies agricoles, la production nationale suffisant amplement à la consommation du royaume.
Aussi les Portugais ne tentèrent-ils pas, tout d'abord, de faire de la Colonisation agricole.
Très habilement, ils établirent des centres
d'opérations commerciales, d'où rayonnaient leurs vaisseaux marchands :
A Malacca, pour la partie des Indes située au-delà de la presqu'île.
A Aden, pour TArabie et TEgypte.
A Ormuz, pour la Perse et le continent de rAsie.
Leurs comptoirs d'Afrique leur fournissaient Tor nécessaire aux acquisitions de denrées qu'ils trouvaient dans Tlnde.
Ils rapportaient en Egypte des épices, des étoffes de coton et de soie, des perles, et d'autres marchandises de peu de volume.
Ils trafiquaient avec Java, Bornéo, Sumatra, Célébes, le Japon et la Chine.
La bulle de Sixte IV leur avait donné la force morale et effective nécessaire pour accomplir tous ces exploits. La bulle d'Alexandre VI, qui leur enleva une partie de leurs privilèges, bien loin d'avoir une fâcheuse influence sur leurs entreprises, eut pour effet de mettre fin aux hostilités qui avaientéclaté entre eux et les Espagnols.
Nous aurons, d'ailleurs, Toccasion de revenir sur une autre forme de la Colonisation
portugaise, dans une autre partie de ce volume.
L'installation de comptoirs commerciaux, conséquence naturelle des échanges entre nations, n'a jamais cessé de se produire, depuis les origines du commerce, sous les aspects les plus variés.
Nous avons vu les caractères très divers qu'ont affecté successivement les comptoirs commerciaux des Phéniciens, des Carthaginois, des Vénitiens, des Dieppois, des Portugais.
Les sociétés de commerce et de colonisation que virent éclore en si grand nombre les siècles suivants, chez toutes les nations maritimes de TEurope, eurent également, pour objet principal, TtHablisscmont de comptoirs dans les pays lointains qui présentaient l'apparence de pouvoir offrir au trafic un aliment fructueux.
On vit des factoreries s'ouvrir dans les contrées les plus diverses, depuis les rives glacées de la baie d'Hudson, pour lo commerce des fourrures, jusqu'aux bords brûlants du Sénégal pour le commerce de la
gomme, et au Cap de Bonne-Espérance, pour Tapprovisionnement des navires de la Compagnie Hollandaise des Indes orientales.
A cette époque, ces factoreries s abritaient de préférence sous la protection de leur pavillon national, et entraînaient avec elles des tentatives de souveraineté de la métropole qui les avait créées.
Depuis que les traités entre nations ont assuré aux trafiquants de tous les pays, sur tous les rivages, des avantages égaux, les factoreries s'établissent partout où elles trouvent la protection d'un pavillon européen, san.s se préoccuper de sa nationalité, uniquement guidées par les intérêts de leurs opérations commerciales.