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NATURE DU SOL

Le terrain sur lequel a été édifiée l’Exposition coloniale avait été autrefois exploité comme carrières soit au moyen de puits d’extraction, soit à ciel ouvert. Il importait donc , au début des travaux, d’étudier les systèmes de fondation à employer et de voir quelles seraient les mesures à prendre pour assurer la solidité des constructions.

Le Service des carrières possédait peu de documents, et sa carte indiquait seulement, sans en déterminer exactement l’emplacement, entre le pavillon du Ministère des colonies et la pagode du Cambodge, les traces d’une ancienne exploitation souterraine, avec puits et galeries d’accès. Après recherches préliminaires et plusieurs tentatives infructueuses, il fut enfin possible de déterminer d’une façon précise la situation de cette ancienne exploitation : elle s’étendait sous la partie Est de la pagode du Cambodge et se prolongeait par une galerie dans la direction du palais du Trocadéro.

Plusieurs des piliers destinés à supporter la terrasse de la pagode étaient précisément situés au-dessus de cette exploitation. En raison de la charge considérable qu’ils

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avaient à supporter, et aussi du peu d’épaisseur du ciel de carrière, il fallut procéder à des consolidations souterraines difficiles el délicates au moyen d’un puits de service. Tous ces travaux furent exécutés sous la direction et sous le contrôle des ingénieurs du Service des carrières.

Tous les autres pavillons constituant l’ensemble de l’Exposition coloniale ont été édifiés sur des terrains de remblai.

Examinons maintenant, et par bâtiment, quels ont été les différents modes de construction.

1° MADAGASCAR

L’exposition de Madagascar occupait l’emplacement du bassin situé sur la place du Trocadéro. En cet endroit, la carte du Service des carrières n’indiquait aucune ancienne exploitation et le calcaire était près du sol. Aussi les architectes cle la colonie, MM. Jully et Francastel, avaientils sagement prévu comme fondations, sous les poteaux de charpente, une fouille de 1 mètre remplie de béton. Cette combinaison fut modifiée par la construction du chemin de fer Métropolitain traversant le bassin avec une largeur de i o mètres. Les travaux déjà commencés furent suspendus après constatation d'affaissement sérieux dans le sol. Les ingénieurs du service du chemin de fer furent avisés de suite, et il lut constaté que l’affaissement correspondait à une déformation de la voûte du tunnel. Il devenait impossible dans ces conditions d’asseoir un poteau sur la partie traversée par le souterrain.

Pour résoudre la difficulté, il fallut employer les poutres en béton armé, du système Hennebique, pouvant

permettre de reporter loute la charge quelles recevaient sur des puits de fondations creusés en dehors des piedsdroits de la voûte du Métropolitain et descendant jusqu’au niveau du radier de la voie. C’était le seul moyen de décharger complètement cette voûte, et il fut adopté après entente avec les ingénieurs du chemin de fer.

Les poutres employées , au nombre de six , eurent une longueur de 1 o mètres, avec une section de î m. oo x îm.oo, et voici la fonction qu’elles remplissaient :

La ire reçut 4 poteaux de La 2 e reçut 2 poteaux de La 3e reçut 3 poteaux de La 4e reçut 3 poteaux de La 5e reçut 2 poteaux de La 6° reçut 4 poteaux de

8,5oo kilogr. chacun.

8,5oo

Les poutres î et 6 furent composées de î o fers de 2 4 millimètres de diamètre, dont 5 barres droites et 5 barres pliées, et de 5 barres droites de 12 millimètres de diamètre. Etriers en fer plats de o 111. o3o x o m. 002.

Les poutres 2 , 3,4 et 5 furent composées de 1 o fers de 2 5 millimètres de diamètre pour 5 barres droites et 5 barres pliées, et de 5 barres droites de 1 2 millimètres de diamètre. Etriers en fers plats de o m. o3o X 0111. 002.

Pour assurer la résistance dans les meilleures conditions, les poutres, aux points d’appui ries colonnes, furent renforcées dans le sens de la largeur, près des fers plats placés tous les 1 o centimè tres ; de même dans le sens de la longueur. Ces ceintures emprisonnaient le béton et en empêchaient l’écrasement pour certains points d’appui ayant à supporter une charge supérieure à celle de 2 5 ki-

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logrammes par centimètre carré, le béton ne devant travailler à l’écrasement qu’à raison de ce chiffre de 2 5 kilogrammes comme charge de sécurité.

L’ensemble de ces travaux de consolidation, non prévus aux devis qui avaient été établis avant la construction du Métropolitain, fut nécessairement dispendieux; le prix s’en éleva à la somme de 3 5,9 35 francs.

Je crus devoir protester contre la mise au compte de la colonie de Madagascar de toutes ces dépenses qui f en définitive, n’avaient été nécessitées que par des affaissements de terrain provoqués par les fouilles du Métropolitain, après la prise de possession de la surface et le commencement des travaux de construction par la colonie. Il me semblait naturel que les conséquences immédiates de travaux exécutés par des tiers fussent mis à la charge de ceux-ci. Je soumis donc la question au Commissariat général et au Département des colonies pour sauvegarder, si possible, les intérêts que je représentais.

Après examen de la question par les ingénieurs de la Ville, l’Inspection générale des travaux publics des colonies et le Commissariat général, il fut arrêté, à ma grande surprise, que les travaux ci-dessus décrits resteraient à la charge de l’Exposition de Madagascar, mais que la réfection du bassin, au point de vue de son étanchéité, serait faite aux frais du Métropolitain, soit 2,735 francs seulement sur les 3 5,9 3 5 mentionnés plus haut. Je dus m’incliner et demander à la colonie de pourvoir à cette dépense supplémentaire.

Quoi qu’il en soit, le résultat obtenu fut satisfaisant, et il ne fut pas constaté de déformation dans la construction

du panorama placé au centre de l’Exposition de Madagascar, grâce aux soins donnés à cette importante partie de l’édifice, et aussi à la précaution prise de construire les poutres sur un encaissement en planches, enlevé ensuite, ce qui empêcha de s’appuyer sur l’extrados de la voûte du Métropolitain construite, en cet endroit, au bouclier.

Pour les parties en élévation, l’ossature du pavillon, de forme circulaire, fut constituée par des poteaux de charpente espacés avec pans de bois de remplissages intermédiaires. Il en fut de même pour la construction du panorama placé au centre de l’édifice. Pour le hourdis et le revêtement extérieur de ces bois et charpentes, on employa différents systèmes : remplissages en plâtras et plâtre, applications de lentillons et de métal déployé avec enduit général au plâtre.

Le panorama a été couvert en zinc, la tuile mécanique ordinaire fut employée pour le surplus de la construction. L’ensemble du pavillon était d’une architecture se rattachant au style malgache. Les façades étaient décorées de boiseries sculptées et de nombreuses applications de staffs, reproduction de sculptures indigènes. La partie supérieure du pavillon était décorée de clochettes argentines suspendues au-dessous de la toiture , décoration empruntée à un célèbre édifice de Madagascar, connu sous le nom de Palais d’argent.

Enfin, tout autour du pavillon principal, de nombreuses paillottes indigènes, construites en bois naturel et couvertes en roseaux, complétaient l’ensemble de la décoration.

L’Exposition de Madagascar était reliée aux jardins du Trocadéro par une passerelle en ciment armé de i 5 mè-

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1res de largeur sur 36 m. 80 de longueur, terminée du côté du Palais par deux escaliers en charpente en bois

et un tapis roulant. (Ar-

Plan

Côté Palais du Trocadéro

chitectes : MM. Jully et Francastel. )

Le projet primitif comportait l’emploi exclusif du bois, mais il ne put être nus à exécution pour les raisons suivantes : la surcharge libre imposée étant de 1,000 kilogrammes par mètre carré, et J a travée devant avoir un minimum de portée de 1 o mètres , de façon à laisser libre de points d’appui le passage des tramways qui ne pouvaient être déplacés, la hauteur minima à donner aux poutres du centre était de 1 m. 20.

Or, avec l’emploi de ces poutres, la cote de hauteur de 5 m. 5o fixée pour le passage des tramways ne se trouvant pas observée , l’Administration municipale refusa d’accepter ce premier projet. Il n’était pas possible de songer à l’exécuter par les procédés or-

Cote Pavillon de Madagascar.

d inaires, le fer devenait rare et le temps pressait. On se décida alors à prendre le système déjà employé pour les fondations du pavillon, et à construire cette passerelle en ciment armé.

Elle fut constituée longitudinalement par deux travées centrales de 10 mètres de portée et deux travées latérales avant l une 8 m. 70 et l’autre 5 m. 5o de portée se continuant par un encorbellement de 2 mètres.

Transversalement, elle se composait de trois travées de 4 m. 4 o d’axe en axe, avec encorbellement de om. po de chaque côté.

Le tablier était porté par ig poteaux de o,4oxo,4o de section et 5 m. 80 de hauteur sans poutres; ces poteaux étaient armés chacun de 4 barres en fer rond, de 3o millimètres de diamètre, reliées tous les o m. 5o de hauteur au moyen de séries d’ontretoises en fer plat.

La résistance de chaque poteau était de :

Béton, o,4o X o,4o= i,6oocm2 X 25k'lo°r . 40,000 kilogr.

Fer, 4 barres de 3o“™= 2,800™'" X 8 kllogr. 22,4oo

Ensemble . 62,400

Ces poteaux transmettaient la charge qu’ils avaient à supporter, sur les puits de fondations, au moyen de semelles armées de 0,80x0,80 pour les poteaux du milieu qui étaient les plus chargés, et ces semelles répar tissaient la charge de la colonne sur la maçonnerie du puits de fondation à raison de 1 o kilogrammes par centimètre carré.

Les semelles de poteaux de rives avaient 0,70X0,70.

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Le tablier était constitué par des poutres principales ayant une section de o,4oXo,6o, courant longitudinalement sur les points d’appui. Elles étaient armées de 1 2 fers de 35 millimétrés de diamètre, et étaient reliées transversalement au moyen de poutrelles de 0,20X0,20 de section armées chacune par 6 fers de 20 millimètres de diamètre.

Le hourdis général, formant plancher, avait une épaisseur de o m. i 2 et était armé dans les deux sens au moyen de fers ronds de i 1 millimètres de diamètre. La passerelle ainsi construite pouvait résister à une charge d’épreuve de 1,000 kilogrammes par mètre carré. Voici, d’ailleurs, un extrait du procès-verbal des expériences de résistance de la passerelle faites sur les deux travées consécutives d’une poutre principale.

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